Ibid», 7 novembre
Voilà ceux qu'il vous plaît de nommer les patriciens, et que vous aimez à frapper. Vous êtes habile, et je vous recouaais. Vous visez à hauteur d'homme.
Voilà, indépendamment de tant d'autres, dignes aussi de vos coups, quels sont ceux que vous traitez de la façon que nous venons de voir ;
Ceux que vous accusez d'avoir « ourdi une intrigue conlre
le Pape et le Concile * » ;
Ceux qui rêvent, selon vous, « la réconciliation de l'Église avec le mystère de Babel ^ qu'on nomme l'esprit moderne * » ;
Ceux qui « poussent sans cesse dans la voie des concessions et des affaiblissements ' » ;
Ceux qui « parlent de l'Église comme d'une institution
humaine * » ;
Ceux que vous rangez parmi les hérétiques, et que vous placez ensuite sur la même ligne que les pires révolutionnaires : « les journaux des partis appelés catholiques libéraux, aussi bien que ceux de la révolution avancée * » , dites-vous sans cesse ;
Ceux que, confondant à dessein deux choses très distinctes, vous affectez de ranger parmi « les organes du gallicanisme et du catholicisme libéral ^ » .
C'est à un de ces organes que le Monde, d'ordinaire moins violent que vous, mais cependant votre compagnon d'armes, disait, il y a quelques jours :
« Le Concile parlera et sera votre juge. »
Votre juge! Et vous tous donc, Messieurs? — Mais non, vous, vous êtes le bon grain, et les autres catholiques, Yivrme, qui va être, selon vous, mise en bottes et brûlée.
« Il laisse croître Fivraie et le bon grain; mais déjà les moissonneurs préparent leur faucille^ et alors le froment sera dégage de l'ivraie, et Ftpraie mise en bottes. »