LIVRE III, DOCUMENT GCXCI
font aucun bien. Sachez donc que le silence grandit souvent les hommes, surtout les hommes éloquents^ quand il ne se prolonge pas trop. Laissez-moi vous le dire avec ma liberté ordinaire : vous êtes très enfant. Vous ne connaissez pas assez les hommes, ni ce qu'ils sont, ni le peu qu'ils valent. Quand on vous voit écrire à des gens tels que..., cela fait sourire vos ennemis, et cela attriste une fois de plus vos amis. Je parle de vos vrais amis catholiques : vous verrez que ce seront eux encore dont vous aurez le moins à souffrir ici-bas.
L'Évoque d'Orléans est venu passer deux jours ici en se rendant à Rome; il vous aime toujours. Je ne lui ai pas caché que vous étiez très mécontent de la publicité donnée à la lettre qu'il vous a écrite. H m'a répondu : « Je le conçois parfaitement, mais je ne pouvais pas faire autrement. » 11 ne désespère pas du tout de votre avenir; seulement il vous supplie, comme moi, de vous enfoncer, pendant quelque temps au moins, dans le silence et l'oubli.
Lui-même vient de donner un bien grand exemple de ce qu'il est encore possible de faire, au sein de l'Église actuelle, pour servir la vérité et la liberté. H a parlé beaucoup trop tard, mais ses deux coups de tonnerre n'en ont pas moins eu un retentissement prodigieux. Il est parti calme et plein de confiance, pour entrer dans la lutte qui va couronner sa glorieuse vie. En rapprochant ses deux lettres contre l'infaillibilité et contre VUnivers des mandements de l'Archevêque de Paris, du manifeste des Évèques de Fulda, vous avez reconnu que tout n'était pas perdu, et que si vous aviez seulement su attendre un peu, vous auriez été à même de combattre plus que jamais le le bon combat. Ne dites pas que je ne comprends pas vos souffrances : je ne les comprends et ne les partage que trop. Mais je suis un plus vieux malade que vous, et quand j'ai des crises de douleur intense, je ne vais pas me jeter par la fenêtre pour me soulager ou pour protester contre mes médecins
Ch. de Montalimbert.
(26 juin 1868)
La Secréfcairerie d'État fait savoir au doyen du collège des protonotaires apostoliques participants que Sa Sainteté le charge de publier la bulle convoquant le Concile. Elle lui communique les instructions néôessaires.
Sa Sainteté a daigné charger le collège des protonotaires apostoliques de la publication de la bulle convoquant le Concile œcuménique. Elle devra se faire le jour de la prochaine solennité des saints Apôtres Pierre et Paul, à 8 heures dumalio, sous le portique de la basilique du Vatican. Mgr le doyen, ou Fan do ses collègues désignés par lui, montera dans la chaire préparée à cet effet et, en présence des Prélats composant ce collège, et des curseurs apostoliques, au signal d'usage donné par les trompettes, lira à haute voix les Lettres apostoliques. Cela fait, acte en sera pris sur Texemplaire même de la balle, puis signé par les protonotaires présents et aussitôt remis à Mgr le substitut de la Secrétairerie d*État.
 Mgr Luc Pasifici, doyen du collège des pronotaires
apostoliques participants.
(26 juin 1868)
Lettre de la Secrétairerie d*État au msyordome de Sa Sainteté au sujet des préparatifs à faire sous le portique de la basilique du Vatican, pour le jour de la promulgation solennelle de la bulle.
Suivant la volonté du Saint-Père, le collège des prolonolaires apostoliques est chargé de promulguer, le jour de la prochaine solennité des saints Apôtres Pierre et Paul, à 8 heures du malin, la bulle convoquant le Concile œcuménique.