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LIVRE III, DOCUMENT GCXC

se scandalisent, ont oublié Thistoire. lis prennent un concile pour une confrérie qui chante des hymnes, et non pour une assemblée d'hommes qui vont juger, revêtus d'un caractère sacré et d'une responsabilité redoutable. Ils n'ont pas moins oublié la foi. Ils croient que la vérité va descendre par miracle, comme une langue de feu, sur le front des Évèques, et ils ignorent que l'assistance divine n'est pas une inspiration, qu'elle ne dispense pas les Évèques du travail, de la discussion et de la libre détermination de leurs consciences, dans Tœuvre de vérité, de réforme et de sanctification à laquelle ils vont participer.

La part que nous avons prise aux discussions qui ont précédé le Concile, nous ne la regrettons pas. Nous l'avons dit déjà. Nous ne pouvions laisser passer sans protestation cette invention d'autres écrivains catholiques, déterminés à. faire croire qu'en France la société civile est menacée par les opinions libérales, et la société religieuse par les opinions gallicanes, lorsqu'il est certain, au contraire, que la France souffre de l'absence de la vraie liberté, et que l'Église de France est la plus romaine qui soit au monde.

Quoi qu'on puisse penser de nos paroles, on ne nous accusera pas du moins d'avoir manqué de respect aux Évèques, peu nombreux, dont nous n'avons pas obtenu l'approbation. Lorsque Mgr de Poitiers, dans l'abondance d'une improvisation, nous a traités avec si peu d^indulgence; lorsque Mgr de Versailles, dans une circulaire lue devant les paysans dans les églises, nous a châtiés de la même main dont il châtiait peu de jours après Bossuet, en écrivant : « La lumière achèvera de se faire sur Vhomme dont il s'agit^ » nous n'avons pas réclamé ; nous n'avons pas excité une pieuse émeute parmi nos abonnés ; nous n'avons pas rempli nos colonnes S'ex-voto injurieux contre des Évèques. Laïques, nous avons soutenu notre avis contre d'autres laïques, prenant le public pour juge, et lui mettant gratuitement sous les yeux les pièces d'une discussion transformée jour par jour par nos adversaires, inutilement exaspérés, en une intrigue gallicmie^ césarienne, libérale, josé-

phistCj mots pénibles entre chrétiens, scandaleux qaand ils s'adressent à des Evèques, et surtout à celui de tous les ÉvAques français qui a le plus hautement témoigné de son zèle ardent, infatigable et efBcace, pour les droits du Saint-Siège.

Maintenant tout ce bruit est fini. Le respect, le devoir, la confiance nous imposent à Fenvi le silence et la paix : c'est la trêve de Dieu. Nous nous inclinons de loin avec ferveur devant les Évèques qui montent les degrés du Vatican ; nos cœurs émus les accompagnent, et nous remercions Dieu de nous avoir fait vivre au moment où l'antique Église de Jésus-Christ donne au monde troublé le sublime spectacle d'une étemelle jeunesse et d'une indissoluble unité.

(14 décembre 1869)

Lettre du comte de Montalembert dans laquelle celni-c! parle à son ami Loyaon des controverses du temps présent et lui conseille de « s'enfoncer, pendant quelque temps au moins, dans le silence et l'oubli ».

La Roche-en-Breny, 14 décembre 1869.

Bon et cher ami,

Je veux vous écrire de ma propre main, ce qui veut dire que je ne vous écrirai pas longuement, car mon état est toujours le même et m'interdit tout effort prolongé. Hais je veux surtout vous remercier de votre lettre, écrite chez les B.«. à qui je vous prie de présenter mes hommages, si vous les revoyez. J'ai retrouvé avec bonheur Texpansion affectueuse de votre cœur. Sans entrer dans aucune discussion, jusqu'à ce que nous nous revoyions, je veux vous redire de compter sur ma fidèle amitié et de ne pas manquer d'avoir recours à moi, quand il vous le faudra. D'ici à votre retour parmi nous, je vous conjure encore une fois de garder un silence aussi profond que possible, et de ne pas écrire des lettres qui sont toujours publiées et ne voos

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