LIVRE III, DOCUMENT CCXCVII
(27 juin 1868)
Lettre de la Secrétairerie d'État au sénateur de Rome relative à d'autres formalités à remplir pour la cérémonie en question.
Le jour de la fête des saints Apôtres Pierre et Paul aura lieu la promulgatioa de la bulle convoquant le Concile œcuménique. Au signal des trompettes, on donnera lecture de l'acte apostolique sous le portique des trois basiliques patriarcales. Nous nous empressons d'en prévenir Son Excellence Monsieur le sénateur de Rome, afin qu'il veuille bien envoyer quatre trompettes du sénat, le 29 courant, à 7 heures et demie, à la basilique patriarcale du Vatican. La cérémonie terminée, ceux-ci se rendront avec les curseurs apostoliques, dans des voitures du palais pontifical, aux deux autres basiliques patriarcales de Latran et Libérienne.
A M. le sénateur de Rome.
CCXCVII *
(Septembre 1868)
Quelques catholiques anglais signent une pétition afin de demander au Saint-Siège et au Concile d'user de leur haute autorité pour déclarer quel est le fondement du droit des gens et en particulier « les principes qui distinguent la guerre légitime de la guerre illégitime ». Les signataires sont désolés de voir que l'effusion du sang des peuples ne dépende que de € Tarbitraire >. Ils sollicitent la création ou le rétablissement d'un droit international et la fondation à Rome d'un tribunal suprême. — Les principes exposés dans cette pétition sont développés dans un court mémoire qui l'accompagne.
Les soussignés implorent la protection du Saint-Siège : il s'agit de questions qui touchent de près à leur conscience de catholiques, à leurs devoirs et à leurs droits de citoyens, aux intérêts de toute la chrétienté.
Ils demandent que les bases du droit des gens soient déclarées par le Saint-Siège et le Concile, et en particulier les principes qui distinguent la guerre légitime delà guerre illégitime; les principes qui garantissent au citoyen armé qu'il ne sera pas appelé à échanger son caractère de défenseur du droit contre celui d'agresseur et d'assassin.
Ce n'est pas une vaine théorie qui les a poussés à pétitionner; c'est l'anxiété de leur conscience en présence de devoirs mal définis, ce sont les appréhensions pour eux-mêmes et pour leurs enfants, en prévision des calamités qui menacent l'Europe.
Ils s'appuient sur des faits incontestables pour démontrer qu'à notre époque le droit des gens a été mis de côté dans les circonstances les plus graves, et que les nations, livrées à la politique spéculative et à Tesprit révolutionnaire, ont anéanti les anciennes garanties qui protégeaient les États et qui empêchaient de prodiguer le sang et les ressources des citoyens.
Dans l'opinion des soussignés, la guerre ne peut s^appeler de ce nom que si elle est imposée par une nécessité impérieuse : repousser une attaque ou venger un droit; et, dans ces deux cas, les justes motifs de la guerre doivent être régulièrement dénoncés aux citoyens aussi bien qu'aux étrangers. De nos jours, au contraire, on s'est engagé sans causes dans des guerres gigantesques, aussi sanglantes que ruineuses, sans autre formule qu'un ordre du ministre aux chefs des armées.
Les trente dernières années de l'histoire de notre pays montrent trop clairement que les institutions les plus généreuses et les lois les plus prévoyantes sont impuissantes, lorsque les hommes ont dégénéré et que les traditions morales sont oubliées ou méprisées.
Les soussignés demandent que les rapports réciproques tant de l'État et des citoyens que des États entre eux soient définis et réglés de telle sorte que ceux qui écoutent la voix de l'Église ne donnent pas un l&che et coupable assentiment à 1 effusion du sang.
Us demandent de plus que les princes et les nations soient