LIVRE III, DOCUMENT CGXCVII
invités à fonder ou à restaurer, avec le concours des citoyens les plus éminents, des institutions et des lois qui maintiennent la justice dans les hautes régions de la politique : des institutions telles que les païens en ont possédé, telles qu'en possèdent encore, en les entourant de respect, des hommes étrangers au Christianisme; des lois de procédure qui enlèvent à Tarbitraire Finitiative du sang versé ; aussi bien à l'arbitraire d'un seul qu'à l'arbitraire de plusieurs, qu'ils soient fonctionnaires publics ou légistes. La paix ou la guerre ne dépendra plus du débat des factions, mais d'une enquête juridiqve ; il ne sera plus au pouvoir de la passion ou du despotisme d'entreprendre la guerre et de disposer de la vie humaine.
Reportons-nous à des institutions antiques, à ce collège des féciaux qui contribua puissamment à la grandeur de Rome, aux vieilles institutions anglaises et aux lois des musulmans eux-mêmes. Des lois analogues nous paraissent nécessaires dans une société d'hommes vertueux.
Et pourtant, si l'Église catholique n'élève la voix, ces traditions vont disparaître en Europe, étouffées par les intérêts matériels, par les inspirations de la vaine gloire, par un scepticisme qui croit avec l'immoralité. La conséquence serait une confusion générale que châtierait bientôt une servitude universelle.
C'est pour les pétitionnaires un continuel sujet de douleur d'avoir à contribuer à Fentrelien de ces armées, qui peuvent devenir, comme des instruments passifs, l'appui constant de cet état de choses.
Il leur est plus pénible encore de voir leurs fils s'enrôler sous une tyrannie qui violentera leur conscience et la soumettra à ses ordres iniques. Mais ce qu'ils redoutent le plus, leurs fils, entraînés par des maximes corrompues, en viendront peutêtre, comme tant d'autres, à justifier une obéissance aveugle et criminelle et à la déguiser sous le nom de devoir.
Le mal s'aggrave là où les armées se recrutent à l'aide d'une conscription forcée; la Grande-Bretagne et l'Irlande ont échappé jusqu'ici à ce fléau qui désole presque toute l'Europe ;
mais les événements marchent, les armements prennent de plus vastes proportions, et le Royaume-Uni n'évitera pas le sort commun.
Les pétitionnaires déclarent qu'il y a là pour eux un cas de conscience : ils ont besoin d*ètre éclairés. La vie des nations dépend de cette question capitale. Le SainUSiège et le pouvoir temporel y sont profondément intéressés, aussi bien que lintégrité et Thonneur de la religion.
Ainsi les pétitionnaires demandent des déclarations obligatoires pour les chrétiens ; ils désirent qu'un appel soit adressé à tous les législateurs chrétiens, afin qu'ils élèvent leurs institutions nationales au moins au niveau atteint depuis longtemps sous la loi naturelle. Us réclament en outre avec instance la création à Rome, sous la protection du trône apostolique, d'un collège dont la mission sera renseignement du droit des gens, et qui sera en ces matières un foyer de science et un arbitre suprême. Les questions les plus hautes et les plus complexes viendront ainsi se vivifier au contact des vérités inunuables de la foi, devant le tribunal auguste de l'autorité chrétienne.
U œuvre apostolique est destinée à faire cesser les guerres non justes
et non nécessaires.
Depuis longtemps la société est languissante, parce que depuis longtemps elle est atrophiée et même empoisonnée par les fausses doctrines dogmatiques, politiques et morales.
De là, le malaise dans les consciences honnêtes, Tinsubordination dans les familles, l'antagonisme et l'injustice dans les relations sociales, le meurtre entre les nations.
Les prétendus médecins de cette société malade, c'est-à-dire les civilisateurs, les progressistes, les libéraux, les libres-penseurs, comme ils s'appellent, sans savoir ce que signifient les noms qu'ils se donnent et qui, en effet, ne signifient rien, ne connaissent pas les causes de la maladie dont ils constatent