UVRE III, DOCUMENT CCXCVIL
pourtant aveo nous les symptômes ; ils en connaissent encore moins les remèdes.
Cependant, pleins d'une confiance téméraire et aveugle, ils crient bien haut :
« Nous avons découvert les causes de la souffrance sociale, nous avons entre les mains la guérison de Thumanité malade !
<f C'est la religion révélée qui, par ses dogmes insondables, par ses lois d'étemelle et immuable justice, et par l'action du Pontife de Rome, a empêché l'épanouissement du progrès social. C'est la politique des nations, c'est l'action purement civile, affranchie de toutes croyances, de toutes lois, comme de toute autorité religieuse, qui doit assurer cet épanouissement si heureux du progrès. »
Or, les prétendus médecins, qui s'appellent pompeusement philosophes, prennent évidemment le poison pour le remède, et le remède pour le poison ; car la société n'est si malade que parce qu'elle s'est émancipée des croyances et des lois révélées. En niant les dogmes révélés, les libres-penseurs sont arrivés à la négation de Dieu et de l'&me, par conséquent à la ruine de la conscience et de la responsabilité des actes humains ; en repoussant les lois et la justice de Dieu, ils ont subi les lois de l'or-^ gueil, de l'avarice et delà convoitise sensuelle, ouvert la porte, par conséquent, à la tyrannie, à l'esclavage, au paupérisme, à l'injustice, à la mollesse, à l'oisiveté, aux appétits de la chair, à la vie animale. En détrônant l'autorité du Pape, gardien du droit des gens aussi bien que de la morale privée, ils ont placé sur le trône la trahison, la révolte, l'assassinat du champ de bataille, car c'est ainsi qu'il faut appeler les guerres faites sans motifs justes ou sans formalités préalables.
Que l'humanité se lève donc tout entière, qu'elle repousse avec ^clat les prétendus civilisateurs qui, depuis si longtemps, l'endoctrinent et la perdent, qu'elle appelle le Pape à son secours, qu'elle lui redemande les vérités saintes, objet de sa croyance, les immuables lois de Dieu, règle de sa conduite, l'action de son autorité paternelle et puissante, seule garantie efficace de ses droits. Qu'elle lui redemande le droit des gens,
qui n'est autre que les commandements de Dieu et le code révélé de la morale privée, ou, pour parler proprement, de la morale, car il n'y en a pas deux. Qui ne comprendra^ en effets que c'est une abomination et une insigne folie tout à la fois, que la prétention qui affranchit la politique des lois de la morale et de la justice ordinaire? Comment ce qui était un assassinat, un fratricide pour Gaïn, pourrait-il être autre chose dans une guerre injuste? Comment ce qui est une injustice, on parjure, un brigandage entre les particuliers, pourrait-il être un acte indifférent et licite entre leâ gouvernements?
Que le Pape, sollicité par l'humanité tout entière, se lève donc! Qu'il réédicte le véritable droit des gens, comme il a formulé les vérités dogmatiques, qu'il interprète ce code divin des nations, et qu'avec une autorité sans appel il en applique les oracles dans les cas particuliers. Qu'il délivre ainsi les nations de la menace incessante des convoitises inassouvies, des lois égoïstes, des majorités corrompues et de la satanique autorité du crime.
Répandons cette doctrine. Que tout véritable catholique, dans la limite de ses efforts prudents et possibles, la fasse adopter par les nations et par les particuliers, par les princes, les diplomates et les hommes vulgaires ; et alors il n'y aura plus de guerres injustes^ parce qu'elles seront motivées par le droit, sanctifiées par les déclarations préalables, la modération des vainqueurs, et la justice aussi bien que la bonne foi des traités. Alors le mal ne s'appellera plus le bien, puisque la loi de la sagesse éternelle sera proclamée partout ; alors le mensonge ne sera plus la vérité pour les peuples trompés, puisque l'enseignement de Jésus-Christ sera Tobjet des croyances et sa loi la règle des actions.
Pour réussir dans cette sainte entreprise : i) associons* nous; 2) récitons, chaque jour et à cet effet, là prière que Jésus- Christ nous a enseignée ; 3) engageons-nous, pour la propagation de cette doctrine, à un versement annuel.
En lisant les lignes qui précèdent, plusieurs croiront que la penséç et l'entreprise de cette régénération sociale par la justice