Concil. Chalc,, Act. vi
2t Epist, Nicol. I ad Michelan,
plus ni convenable ni possible de réunir même tous les clercs, à plus forte raison tous les laïques. Il résulta de cette impossibilité matérielle que la prérogative des clercs d'intervenir au Concile fut transportée aux Évoques et aux théologiens, et celle des laïques au représentant de la puissance civile. Toute rhistoire ecclésiastique est la confirmation de cette double délégation. Il ne s'est jamais tenu de Concile œcuménique où Tordre laïque n'ait été représenté par un délégué de la puissance civile^ ainsi que nous le verrons bientôt.
Tout canon de l'Église ayant un caractère de loi et d'institution permanente, ou affectant à la fois la société religieuse et la société civile, ou introduisant des doctrines et des disciplines nouvelles, ou touchant aux droits et à la constitution de l'État, ne peut ni ne doit être établi sans le concours et la participation de la puissance civile, qui a le droit de l'examiner, de le discuter et de l'écarter même avant qu'il soit porté par devant le Concile. La présence de l'État au Concile dérive de sa mission de veiller à ce que rien ne porte atteinte à la paix et à Tordre de la société civile dont il est le représentant naturel.
Pour la même raison, une grande assemblée comme celle d'un Concile œcuménique ne peut se réunir au dehors d'un État sans Tassentiment du pouvoir politique et civil, quand ceux qui doivent y prendre part représentent, comme c'est le cas des Évoques, la grande majorité des citoyens, et quand ils vont y prendre des mesures qui doivent s'exécuter dans TÉtat. Alors celui-ci n'a pas seulement le droit, mais il a le devoir de connaître d'avance, de permettre ou de défendre tout ce qui lui paraîtrait de nature à affecter les conditions de sûreté et de paix de la société civile, et il est obligé d'entrer de compte à demi dans tout ce que fait un autre pouvoir qui vit à ses côtés et qui s'exerce sur le même territoire et sur les mêmes sujets. S'il laisse ébranler ce droit, la société est atteinte dans ses bases juridiques, et n'est plus une société autonome et complète.
L'histoire nous fournit sur l'exercice de ce droit d'interven-