‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 463 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCCVI · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCCVI

fut de même au Concile de Nicée. Un grand nombre de laïques versés dans les lettres et dans les sciences divines y intervinrent, dit l'historien Sozomène.

Le droit de Tordre laïque d'intervenir au Concile est fondé sur la nature même et sur le but de ces assemblées. La foi est le patrimoine commun des laïques et des clercs, et bien que les premiers n'y interviennent pas pour définir et décréter, puisque la mission d'enseigner a été confiée à un ministère spécial, ils peuvent néanmoins discuter sur des points de foi et rendre témoignage à la foi commune. C'est à ce titre que l'empereur Marcien, le représentant de l'ordre laïque, intervint au Concile de Chalcédoine, à l'exemple de son prédécesseur Constantin le Grand. Nos ad fidem confirmandamy non ad potentiam aliquam exercendam, dit-il lui-même*. Et Ton voit dans une lettre du pape Nicolas P' qu'il appartient à tous les chrétiens, non solum adclericossedetiam ad laicos, d'intervenir au Concile pour des questions de foi générale et commune à tous, nisi in quitus de fide tractatum est, qusd universalis esty quse omnium communis est ' .

Dans les premiers temps du Christianisme, le nombre des croyants étant encore très restreint, ils pouvaient facilement se réunir en un même lieu pour délibérer sur la foi et la discipline, comme ils firent au Concile de Jérusalem ; mais la religion chrétienne s'étant répandue dans tout l'empire, il ne fut

de ces versions. On voit quelle importance il y aurait à être ^xé sur ce texte, car il contient le critérium historique de tous les Conciles passés, présents et futurs. Ces « frères > du Concile de Jérusalem seraient, en effet, les chrétiens laïques. La seconde variante leur donne voix au chapitre, nous voulons dire au Concile, tandis que la première les passe sous silence. En tout cas, on peut, par le texte sacré, constater que dans ce premier Concile toute la discussion fut publique, et tout Tordre laïque de Jérusalem y participa plus ou moins, et fut présent à la délibération. Les ApOtres ne furent pas seuls à parler, puisque le texte sacré dit qu*i] y eut une grande discussion, et le texte ajoute qu'après le discours de Paul et de Barnabas le peuple se tut, d'où il apparaît clairement que le peuple avait parlé. Celui qui veut en savoir davantage sur ce sujet important, doit consulter le Codex du Vatican, publié par Philippe Bottmann, et les variantes de Lachmann et de Greisbach.

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