PRÉPARATOIRES
« La réunion d'un Concile exigeant la sortie de presque tous les Évoques d'un royaume, il y a là un événement d'une haute gravité qui intéresse directement l'Etat et peut avoir des contre-coups funestes pour l'ordre et la tranquillité publiques. .. De là le droit pour la puissance civile, d'intervenir, de permettre ou d'empêcher, de fixer le temps et de déterminer le lieu de la réunion. »
Voilà le raisonnement, arrivons aux preuves historiques.
« Lorsqu'on Tan 270, les Évèques voulurent se réunir en Concile pour juger la cause de Paul de Samosate, ils s'adressèrent à l'empereur Aurélien, qui prescrivit que l'assemblée aurait lieu à Rome. »
Mais il est insensé de se moquer ainsi du lecteur. Trois Conciles^ ni plus ni moins, se sont tenus à Ântioche de 264 à 269 pour s'occuper de l'affaire de Paul de Samosate qui fut jugé, condamné et déposé sans l'intervention d'aucun empereur, roi, ou représentant du pouvoir séculier*. Mais copime ce triste Évoque, cet hérétique corrompu et superbe, ne voulait pas quitter la résidence épiscopale, soutenu qu'il était par un certain nombre de partisans parmi lesquels il faut peut-être compter Zénobie, alors les Évêques fidèles, pour obtenir sou renvoi, s'adressèrent à Aurélien. L'empereur païen prit cette décision : « Ceux qui sont en communion avec le Siège de Rome et les Évêques de l'Italie doivent être mis en possession de la résidence d' Antioche. » Certain roi ou empereur chrétien ne rendrait peut-être pas un jugement aussi équitable! Et Paul dut s'en aller honteusement. (Eus., Hist. eccl., lib. VII, 30 in fine.) Après cela, vous, Monsieur N. ou M..., après ce fait
i. Hbfble, Concilien-Geschichief I Buch, ii cap.» n. 9.
mémorable, qui nous fournit une preuve irréfragable de la reconnaissance de la primauté romaine, dès le m^ siëde, même par TOrient, même par un empereur païen, ne venez plus nous parler, par exemple, du comte Henabrea et de ses droits de provoquer, de permettre, d'empêcher la réunion du Concile, de lui fixer, à votre gré, le lieu où il s'assemblera ! Vous osez citer un fait pareil à l'appui de votre thèse ! Continuez plutôt à confisquer, à exiler, à emprisonner. C'est assez! faitesnous grâce de vos livres, n'écrivez plus.
Léon P^ lui fournit un second exemple. « Il voulait, toujours d'après l'auteur, le quatrième Concile œcuménique en Italie, tandis que Marcien le voulait à Nicée, puis à Chalcédoine. » Allons ! lisez mieux les lettres de saint Léon, Monsieur N..., et vous y verrez que le Pape indique plusieurs villes, mais laisse le choix à l'empereur, d'abord à Théodose puis ensuite à Marcien. Ah ! Monsieur le comte, donnez-nous donc un Tbéodose ou un Marcien, et, je puis vous l'assurer, nous serons bien vite d'accord avec ce prince. Il s'agissait alors d'une hérésie née à Constantinople ; Marcien était sur les lieux, connaissait les hommes, les faits, les circonstances ; pourquoi ne pas s'appuyer sur le souverain du pays, surtout sur un Marcien?
« Après le vni® siècle, les césars d'Orient maintinrent la plénitude du droit de déterminer le temps et le lieu des Conciles œcuméniques » (p. 20.) de quels Conciles œcuméniques? vite, de grâce, apprenez-le-nous, car depuis le vin> siècle aucun Concile général ne s'est plus tenu, que nous sachions!
<x Mais voici venir les Papes du moyen âge, qui, pour fonder leur domination théocratique, s'élèvent contre le droit des princes » (p. 21). Laissons ici le texte pour copier une note précieuse, que voici : « Tous les Conciles œcuméniques tenus à Rome ont été funestes aux États. L'influence omnipotente des Curies (voilà encore ce pluriel), les flatteries et les menaces des Papes, la présence de la puissante Compagnie des jésuites, tout enfin, jusqu'à l'air qu'on y respire, nous fait présager que le futur Concile sera désastreux^ s'il se tient à Rome. »
Et dire qu'en dépit de tout ce fatras, le prochain Concile se