LIVRE m, DOCUMENT GCGVIII
haut placé. Et Ton peut en conclure avec quelque fondement que si du côté de Rome — soit du Saint-Père, soit de son conseil ou de la commission organisatrice — notre clergé devait rencontrer de l'opposition pour défendre devant le Concile les droits de la Clerezie^ alors il trouverait, avec plus de probabilité qu'autrefois, aide et assistance auprès d'autres Prélats catholiques, surtout si l'on n'épargne aucune peine pour les instruire convenablement de notrp cause et de nos prétentions légitimes.
Daignez nous pardonner, très vjnérés et révérends Messieurs, si par ces paroles nous semblons baser notre confiance sur des combinaisons humaines; nous savons qu'elles doivent inévitablement avorter, si la volonté de Dieu n'en assure le succès! Mais ces pensées nous sont venues à Tesprit en nous rappelant un fait semblable dans l'histoire du premier peuple de Dieu; et nous prions ardemment le Seigneur, afin que ce fait soit une figure de nos espérances, dans les circonstances que nous traversons ; afin aussi que notre clergé, dans l'accomplissement de sa rude tâche, puisse constater que Dieu s'est réservé d'autres serviteurs encore, des serviteurs nombreux et disposés à s'unir au sacerdoce pour défendre la bonne cause et l'aider à triompher.
Elle est grande et sublime, mais également lourde et sérieuse, très vénérés et révérends Messieurs, la mission que votre dignité vous oblige en ce moment d'accepter ; mais soyez fortifiés par la pensée que la toute-puissance de Dieu n'a pas besoin d'un grand nombre de bras pour défendre sa cause, et qu'elle peut la faire triompher même par des moyens qui paraissent petits aux yeux de l'homme.
Aussi vous estimerez-vous heureux de vivre à une époque qu'un si grand nombre de vos prédécesseurs ont espéré de voir, à une époque dont ils ont tant de fois cherché, mais en vain, à accélérer la venue ; — vous vous estimerez heureux d'entendre les paroles qui nous arrivent en ce moment de Rome et qui, si nos pères avaient pu les entendre, auraient été considérées par eux comme la réponse à leurs vœux réitérés ; des paroles dont IV. 50
nos pères auraient pris occasion pour obtenir par tous les moyens le renversement de ce mur élevé qui se dresse comme un mur de séparation entre les enfants d'une même Église.
Puissiez-vous d'ailleurs, très vénérés et révéreuds Messieurs, trouver un joyeux et puissant encouragement dans ce fait que les Icuques confiés à vos soins ne sont pas indifférents aux intérêts de leur Eglise et qu'ils ont en ce moment les yeux fixés sur vous, avec la certitude qu'ils trouveront dans vos actes une confirmation de vos paroles et de celles de vos vénérables prédécesseurs, et persuadés que leur confiance dans le bon droit de leur Église et dans leur clergé ne sera pas trompée. Quant à vous, révérend Monsieur, qui, placé à la tète de notre paroisse, êtes plus spécialement chargé de nos intérêts, nous ne doutons pas que la démarche, conforme aux sentimenU de vos paroissiens, que nous faisons en ce moment auprès du clergé, n'obtienne votre approbation. Soyez-en bien persuadé, vous serez le fidèle organe de nos sentiments lorsque, de votre côté, vous appuierez auprès de nos autorités ecclésiastiques supérieures l'adoption de mesures qui correspondent à nos vœux. En terminant, très vénérés et révérends Messieurs, nous regardons comme un devoir étroit de vous réitérer l'expression du profond intérêt que nous prenons à cette affaire. Nous joignons à la présente quelques exemplaires de cette lettre, et nous vous prions respectueusement de vouloir bien l'adresser à tous les membres de vos administrations paroissiales respectives. Nous espérons que tous — et de la manière que chacun jugera la plus opportune — feront connaître au clergé l'importance qu'ils y attachent. Soyez-en convaincus, très vénérés et révérends Messieurs, les laïques, pénétrés de la grandeur de la tâche qui vous incombe et qu'ils voient avec confiance reposer entre vos mains, vous suivront et vous soutiendront devant le trône de Dieu de leurs ardentes prières; ils imploreront sur vous Tesprit de sagesse, de force et de persévérance dont vous aurez besoin pour conduire cette grave affaire à une solution favorable ; ils prieront afin de prévenir * que le Concile, se rén-