LIVRE III, DOCUMENT CCXVIL
<t Voilà, il faut Favouer, ua singulier hérétique'. »
Mais, dira-t-on, le sixième Concile œcuménique n'a-t-il pas condamné Honorius, même comme hérétique ?
Il est certain qu*il ne Ta pas condamné comme personnellement coupable d'hérésie. La lettre du Pape Léon II à l'empereur Constantin le prouve, car le Pape, en confirmant par cette lettre le sixième synode, reproche uniquement à Honorius à' ayoir permis que la Tradition sacrée et immaculée fût souillée par la profane. Le même Pape, dans sa lettre aux Évoques d'Espagne, dit encore qu'Honorius a été condamné, pa.rce qu'il n'éteignit pas, de son autorité apostolique et dés le commencement*^ la flamme du monothélisme, mais la fomenta ainsi par sa négligence. Non seulement donc il n^est pas vrai que le Pape Honorius ait proposé une erreur à la foi de l'Église universelle, mais il est faux aussi que ses lettres à Sergius contiennent quoi que ce soit d'erroné; si le nom d'Honorius se trouva réellement mêlé à ceux des hérétiques dans les actes du sixième Concile, ce ne fut que dans le sens déclaré par les lettres de Léon II ; mais ces lettres elles-mêmes rendent infiniment plus probable le sentiment des historiens qui affirment sans hésiter la falsification, par les Grecs, des actes de ce Concile.
Les Grecs se rendirent si souvent coupables de semblables altérations, qu'on a le droit d'affirmer celle-ci en présence de deux grands faits : le premier, c'est qu'au huitième Concile œcuménique, les Pères, c'est-à-dire l'Orienttout entier, présidés par le patriarche de Constantinople, professent solennellement « qu'il n'était pas permis d'oublier les promesses faites à Pierre par le Sauveur, et dont la vérité était confirmée par r expérience^ puisque la foi catholique avait toujours subsisté, sans tache, et que la pure doctrine avait été invariablement enseignée sur le Siège apostolique*. » Le second fait, c'est que, depuis TalTaire d'Honorius et dans toutes les occasions possibles, jamais les
dimnus Honorius? » (S. Maxlmus, epist. ad Petram illustrera [Syrmond. loc. cU,y col. 308]).