JOAN., X
i3(i LE CONCILE DU VATICAN.
résidence, il ne put y transférer son Siège. « Toutes les raisons, dit Bérault-Bercastel lui-même, faisaient du séjour habituel de Rome un devoir indispensable pour le Pape, en qualité tant de Chef de TËglise, que d*Évêque de cette capitale du monde. C^était là que le Prince des Apôtres avait transféré de TOrieni la primauté de Tapostolat, et, en quittant le séjour d'Ântioche, il avait quitté en même temps le litre de cette Église, à laquelle il avait eu soin de préposer un nouvel Evoque. Par un enchaînement de révolutions et de conjonctures, où les plus hardis penseurs n'ont pu méconnaître la conduite de la Providence, la souveraineté de Rome, en passant à ses Pontifes, les y a mis sur un pied aussi digne de la suréminence de leur rang, que favorable à la sainte liberté de leur ministère. Les factions passagères des romains, les troubles et les dangers de rUalie, de l'aveu même des apologistes de Clément Y, n'en eussent point banni un saint Léon, un saint Grégoire, tant d^autres Pontifes d*une héroïque vertu ; et que doivent donc être tous les Souverains Pontifes, sinon des hommes supérieurs aux faiblesses ordinaires de l'humanité ! »
Les romains appellent encore aujourd'hui la translalioa du Saint-Siège en Provence la captivité de Babylone. L'histoire ratifia ce mot des romains, car Avignon touchait à la France, et les Papes n'y étaient pas chez eux comme à Rome. Les noms de Clément V et de Philippe le Bel parfois confondus étaient de plus mauvais augure encore que les graves accidents du couronnement du Pape, considérés dès lors comme de tristes présages. On sait ce que fil plus tard une grande &me vraiment éclairée de Dieu, sainte Catherine de Sienne, pour ramener à Rome le sixième successeur de Clément Y, le Pape Grégoire XI ; mais la captivité de Babylone n'en fut pas moins châtiée par le grand schisme d'Occident, qui commença après la double élection d'Urbain YI et de Clément YII, en 1378, et qui ne fut terminé qu'en 1417, par l'élection de Martin Y au Concile de Constance.
Le Concile de Constance fut donc réuni pour mettre fin au grand schisme pendant lequel la coexistence de plusieurs Papes