‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 2)Chapitre 26 sur 108 · LE (C CAS DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

LE (C CAS DE CONSCIENCE

le style de la brochure qui était écrite en latin, ou croyait pouvoir conclure que l'auteur était français. , Trois questions étaient posées dans la brochure. La première était ainsi conçue : « Un évêque peut-il, sans péché grave, concourir par un suffrage au décret par lequel serait définie l'infaillibilité personnelle et indépendante du pontife romain, avant d'avoir, devant Dieu et dans la sincérité de sa conscience, acquis la pleine certitude que cette doctrine a été révélée, et qu'elle a toujours et partout été enseignée et admise comme telle dans l'Eglise? » Sur quoi Friedrich observe : « On devait penser que cela se comprenait de soi-même ; mais la minorité, par le fait qu'elle tint pour nécessaire de poser ce cas de conscience, atteste clairement quelle sorte de gens devait se trouver du côté de la majorité (i).» Si la Minorité est vraiment responsable de cet écrit, elle témoigne par là de la crainte que lui inspirait le grand nombre d'évêques favorables à la définition, et, en exagérant leurs devoirs, elle montre son dessein d'inquiéter leur conscience et de les ■détourner de ce qu'ils avaient résolu

A cette question, il était naturellenient répondu par la négative. Un évêque, y disait-on, pèche d'abord contre la uéra- <:ité, lorsque, en dépit des doutes qu'il a conservés, il dit par son Placet, qu'il est certain que cette doctrine a été révélée et qu'elle a toujours et partout été enseignée comme telle. C'est le plus grave des mensonges. — En second lieu, il pèche contre la foi,en prétendant qu'une doctrine est contenue dans le dépôt -de la foi, quand il ne le sait pas d'une façon certaine, péché ■d'autant plus grave qu'il est un acte public. — Troisièmement c'est un péché contre Injustice. Un juge ne se rendrait-il pas gravement coupable contre la justice, s'il condamnait à mort on accusé sans être certain de son crime ou de la validité du droit?/ Combien plus grande serait la faute d'un juge spirituel

<1) Geschichte des Vatikanitchen Aonsf/»'. III, 998.

qui condamnerait, ne disons pas un homme, mais un nombre incalculable d'hommes, à la mort non du corps mais de l'âmeji et brandirait l'épée de l'anathème en faveur d'une doctrine^ sans avoir la pleine certitude qu'elle est de foi? — Enfin,, cet évêque pécherait contre son devoir, qui est de veiller à la paix et à l'unité de l'Eglise; car, autant qu'il dépend de lui, par son imprudence et sa légèreté, il diviserait la Sainte Eglise de Dieu et la jetterait dans le trouble. L'auteur, en effet, doune à entendre que beaucoup de catholiques pourraient bien déserter l'Eglise si l'infaillibilité pontificale venait à être définie.

La seconde question est celle ci : Comment les évêques peuvent-ils. en sûreté de conscience, donner leur Placet à la définition de l'Infaillibilité? — La réponse indique aux évêques de quelle manière ils doivent se former un jugement sûr. Il leur faut d'abord examiner la question personnellement. Car dans toute espèce d'assemblée judiciaire, c'est un devoir qui. incombe gravement à chacun des juges d'examiner personnellement les choses; il ne peut se soustraire à cette enquête^ pour suivre aveuglément l'opinion d'un autre. De même au concile, un évêque ne peut souscrire à l'avis du Pape ou de» autres évêques sans avoir étudié lui-même la question. Cet examen doit être judicieux. Il faut déposer tout préjugéd'école, et considérer attentivement les motifs pour et contre, ces derniers surtout, et en peser l'importance. — L'auteurcherclie en passant à éveiller la défiance contre l'école à laquelle les évêques ont puisé la doctrine de llnfaillibilité; il est nécessaire, non seulement d'étudier les preuves en faveur de l'Infaillibilité, mais aussi « de recueillir et d'examiner mûrement les preuves contraires à cette doctrine, soit qu'elles nient l'infaillibilité, soit qu'elles la rendent douteuse, et impropre à être définie. » — Enfin, il faut se faire une conviction par l'étude de preuves proprement dogmatiques : c'est de la doctrine réyélée, comme telle, qu'il s'agit. Les-

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