‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 2)Chapitre 33 sur 108 · RVPPORT DE LA COMMISSION US · texte numérisé non relu

RVPPORT DE LA COMMISSION US

iait ressortir les difficultés du projet : seul un petit nombre d'entre nous, dit-il, une douzaine d'évêques choisis par nous, pourrait assumer cette tâche. Mais pourquoi serait-ce nous qui devrions les choisir ? Le Saint-Père désignerait quelques personnes, d'une compétence reconnue, puis quelques autres, -d'une valeur non moins sûre, pour examiner le travail des premières, et le catéchisme ne serait officiellement accepté qu'après leur approbation. Imitons le concile de Trente, ^ui abandonna au Saint-Siège, sans restriction, le choix des mesures à prendre. A procéder autrement on donnerait à •croire que les Pères du concile du Vatican n'ont osé confier au Saint-Siège la rédaction du catéchisme qu'après garanties prises : notre honneur et celui du Saint-Siège en souffriraient. /

La commission est toute disposée à supprimer les mots doininicis saltein et aliis festis diebiis en raison surtout des remarques de M^"" de Ketteler.

D'autres propositions trahissaient la crainte de voir rééditer le petit cathéchisme de Bellarmin en guise de caté- «hisme universel. Or ce catéchisme est insuffisant pour notre époque. M^'' Zwerger assure qu'il n'est pas question de cela. Le schéma se borne à proposer, comme modèle de catéchisme à composer, celui de Bellarmin et autres bons maniiels de religion.

Plusieurs orateurs avaient redit leur crainte qu'un catéchisme universel fût impossible, à raison des degrés si divers de capacité et d'instruction des différents peuples. Le rapporteur s'efforce de les rassurer, en précisant les termes : par petit catéchisme, le schéma entend seulement l'ensemble des doctrines élémentaires qu'on enseigne aux enfants des classes inférieures, durant les deux premières années de fréquentation scolaire. A cet âge, il n'y a x>as de si grandes différences de talent et d'instruction. Ainsi entendu, le petit catéchisme n'est pas irréalisable.

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La commission ne se rallie pas au vœu de recommandei seulement et non d'imposer le catéchisme. Pour plaire à quelques uns, il faudrait désobliger la grande majorité des Pères. D'ailleurs il i^eut se trouver, par exception, des circonstances où le maintien du cathécliisme en vigueur dans un diocèse soit préférable; et il est toujours loisible de recourir alors au Saint-Père, pour obtenir la permission de le conserver.

On verra par les observations suivantes que les Pèree avaient songé aux moindres obstacles capables d'entravei l'exécution du schéma. / Quelques-uns pourront objecter, dit M^'' Zwerger, que le petit catéchisme une fois expliqué] dans les classes inférieures, un plus grand devient nécessaire pour les cours suivants, d'où une nouvelle dépense imposée aux parents Mais, remarque t-il, n'arrive-t-il pas aui enfants, durant les six ou sept ans qu'ils gardent leur catéchisme, de le perdre, et plus souvent, de le déchirer? Ei>1 toute hypothèse, les parents ont donc à en acheter un nouveau, ^lais il y a raison plus grave. Il est à souhaiter, pour des raisons pédagogiques, que les enfants ne trouvent, dans le petit catéchisme, que ce qu'ils ont à retenir dans les classes inférieures. Voyez comment l'Autriche a organisé l'instruction religieuse : trois catéchismes passent successivement dans les mains des enfants ; le premier ne contient que les matières nécessaires aux enfants des plus basses classes, le second répète mot pour- mot la lettre du premier, mais il y ajoute des explications. Le dernier renferme, lui aussi, les chapitres du second, mais il les développe en un exposé complet de la doctrine que les enfants ont à savoir.

Les observations présentées dans les congrégations générales ii) une fois examinées, restait le vote sur les propo-

(1) A la fin de son rapport. M''Z\verger examine en quelques mots les observations envoyées par des membres du concile qui ne voulurent pas demander la parole, à caii^e du grand nombre d'orateurs inscrits, ou qui, pour raison de

VOTE SUR LE SCHEMA iH

sitions d'amendements. La discussion ayant porté sur le schéma pris en bloc et non sur les détails, le Premier Président avant de mettre aux voix, déclara qu'on voterait sur l'ensemble du schéma. Un vote immédiat s'imposait si l'on voulait épargner aux Pères de se réunir le lendemain dans cet unique but. De plus, les quelques modifications proposées au schéma étaient sans imj)ortance et pourraient facilement s'insérer dans le schéma : / Si, par suite, il arrive qu'un Père dépose un Placet juxta modiiin sans pouvoir écrire sur l'heure la condition qu'il spécifie : il n'aura qu'à l'adresser, dans les deux jours, au secrétaire du concile.

Le principe du vote pour l'ensemble du schéma fut agréé ; il est vrai que le jour même vingt-quatre évêques français adressèrent une protestation (i) au concile, dans laquelle ils se plaignaient que les Pères n'aient pas été préalablement informés du vote, et n'aient donc pu faire suivre le Placet juxta modum des observations qu'ils avaient à formuler. Le secrétaire du concile répondit (2) que rien dans les procédés du président n'était en opposition avec le règlement; le motif unique, auquel il avait obéi, était, comme il l'avait dit à la congrégation générale, de rendre service aux Pères du concile. Le vote des Sgi Pères présents donna 491 p/aceA^ 56 non placet et 44 placet juxta modum. Ces derniers foi^mulèrent de nouveau leurs observations par écrit (3) ; elles furent distribuées aux Pères et mises en délibération dans la Députation de la Discipline (4).

M^-- Marilley, évêque de Genève et de Lausanne, rappor-

sante et autres motifs, ne purent parler. Ces observations se ramènent toutes à celles que nous avons vues, ou sont d'importance minime. On les trouvera imprimées clans les Acta, ttc, II, appendix altéra, p. 615 sqq.

(1) Archives.

(2)Ibid.

(3) i4da, etc., II, 520 sqq C. V., 1744 a sqq.

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teur, les discuta dans la 5oe congrégation générale le i3 mai (i), il divisa les objections en trois classes. |

Dans la première, le but et la substance du schéma sonti approuvés; on se borne à demander que le petit catéchisme soit recommandé, et non imposé,

La commission a décidé à l'unanimité de rejeter ce postulatum, puisqu'il a été écarté par la grande majorité des Pères à la dernière congrégation générale

Les objections groupées dans la seconde classe s'accordent à ne pas confier sans conditions au Saint-Siège la rédaction du catéchisme. On demande que le concile lui-même se charge du travail, ou du moins que le Pape présente le caté^ chisme à l'approbation des évoques, et ne le publie pas auparavant. / D'autres font des demandes analogues, m^ Marilley croit pouvoir passer ces propositions sous silence, après ce qu'ont dit les précédents rapporteurs.

Il signale toutefois la défiance qu'elles révèlent à l'égard du Saint-Père, et l'occasion fournie par là aux journaux hostiles à l'Eglise de parler de scission entre le Pape et les -évêques. L'histoire du concile de Trente montre d'ailleurs combien un concile est peu à même d'entreprendre un pareil travail : au début de l'année i562 des députés avaient ete élus pour rédiger V index des livres prohibés; en dépit d'un travail assidu, Yindex n'était pas achevé au bout de deux ans; les livres â censurer étaient si nombreux et si différents que le concile se reconnut incapable de les examiner tous ; ce travail dut être abandonné au Pape! Le concile pria encore le Pape de se charger du catéchisme à l'usage des cures, du xnissel et du bréviaire Le rapporteur prie les éveques d imiter les Pères de Trente, et de s'en rapporter pleinement au Saint-Siège du succès de l'œuvre qu'ils lui confieront.

Les objections de la dernière classe concernent la difficulté

(l) Acta, etc., II, 545 sqq.

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