‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 2)Chapitre 32 sur 108 · DISCUSSION SUR LE PETIT CATECHISME · texte numérisé non relu

DISCUSSION SUR LE PETIT CATECHISME

le concile doit opposer à toutes les opinions un précepte faisant autorité. Remettons-nous-en avec confiance au Saint- Siège; son zèle s'emploiera à nous donner un bon ouvrage. Suivant l'exemple du concile de Trenle, que le concile du Vatican abandonne au Saint-Siège, la rédaction du catéchisme, il n'en sera pas moins l'œuvre du concile du Vatican tout comme le catéchisme romain porte aussi le nom du concile de Trente. /

M^r Cantimorri étant le df'rnier orateur inscrit, la clôture du débat général fut prononcée, et l'on passa de suite à la discussion des détails.

M^"" Marguerye, évêque d'Autun (i), se leva le premier. Le projet de catéchisme universel, bien qu'appuyé par beaucoup dePères, lui semblait irréalisable, étant donnée la diversité des notions. Aussi proposait41 : i° que le concile désignât les rédacteurs du catéchisme, et 2° que les évèques ne fussent pas obligés de l'introduire avant son approbation par le concile. Ces deux points seraient à insérer dans le schéma. L'évèque signala ensuite la décadence regrettable de l'instruction religieuse de la jeunesse et marqua une de ses causes principales dans l'indifférence des parents à l'égard des progrès religieux de leurs enfants. Les parents avaient jadis l'habitude de faire réciter le catéchisme à leurs enfants les dimanches et jours de fête. Le concile pourrait exhorter les parents à s'occuper avec zèle de l'instruction religieuse de leurs enfants,

M«'' de Ketteler (2) prit ensuite la parole : Il serait bon, dit-il, d'effacer la citation du concile de Trente qui prescrit d'enseigner le catéchisme aux enfants les dimanches et jours de fête ; car, 1° le projet n'a pas à s'occuper du temps à donner au catéchisme, et 2'^ le temps assigné est vraiment

(l)Ada,etc.,II, 482sq.

(2)Ibid.,II,483sqq.

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no HISTOIRE DU CONCILE DU VATICAN

trop court. Ce qui pouvait suffire a l'époque du concile d Trente, ne suffit plus aujourd'hui. L'enseignement religieux; doit suivre les progrès de l'enseignement profane ; en outre, ne faut-il pas prémunir les enfants contre les objections

qu'ils entendent, beaucoup plus nombreuses qu'autrefois?^ La fréquentation scolaire, en Allemagne et ailleurs, dure desix à huit années et dans les écoles catholiques l'usageprescrit une heure d'instruction religieuse par jour. / Les-I ennemis de l'Eglise qui voudraient ramener à deux heurespar semaine l'enseignement religieux, s'appuieraient, sansnul doute, sur le concile, si les mots du concile de Trente^ étaient laissés dans le schéma.

M^r de Ketteler fait sien un vœu plusieurs fois exprimé : le schéma devrait mentionner que le catéchisme, avant d'être publié, serait soumis à l'approbation des évêques. Composer) un catéchisme, est très difficile ; l'auteur d'un catéchisme célèbre disait un jour au prélat : il est plus facile de compo- | ser une « Sumnia Theologiœ « qu'un petit catéchisme ! II serait bon que le catéchisme fut l'œuvre d'une seule personne, afin qu'il y régnât un seul esprit. Quant à celui qui devrait mettre au jour un catéchisme pareil, — le modèle des^ catéchismes! — Il faudrait qu'il fût tout ensemble théologien sur, et pédagogue excellent ; qu'il joignît à une grande expérience dans la catéchèse, cette onction qui donne aux mots je ne sais quelle puissance céleste : cela fait bien des qualités et qui se rencontrent rarement dans la même personne. Canisiu& les possédait.

Il existe d'ailleurs, dit le Prélat, de bons catéchismes, maintes fois corrigés, consacrés par un long usage, et d'autant plus chers aux prêtres et aux fidèles. Que les évêques comparent donc, avec ces livres qui ont fait leurs preuves, le catéchisme nouveau ; s'il n'est pas, pour le moins, aussi parfait que les anciens, le plus grand préjudice résulterait de son adoption. Enfin le nouveau catéchisme risque d'arrêter

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tout progrès, en coupant court aux désirs qu'on pouvait avoir d en composer de plus parfaits ; plus d'émulation ; si le schéma se réalise, un seul et même catéchisme régnera partout, des siècles durant, peut-être et ce sera tant pis, s'il ne réalise pas tous les perfectionnements souhaitables. /

Voilà pourquoi les évêques doivent collaborer à sa composition. Il y faudra du temps ; mais peu importe, si l'on songe à l'intérêt qui s'attache à une telle entreprise,

M^''" Vanghan, se lève ensuite, et critique (i) le catéchisme de Bcllarmin, pi-oposé par le schéma comme modèle du catéchisme nouveau. Il est, par endroits trop diffus, incomplet sur des points essentiels. Questions et réponses sont trop longues, et compliquent le travail des enfants. L'orateur insiste pour que le catéchisme soit rédigé durant le concile, et d'après les conseils des Pères de tous les pays; c'est de la fusion des meilleurs catéchismes de tous les pays que sortira le vrai catéchisme catholique et universel.

Les paroles de M^'' Clifford (2) n'apportèrent pas d'élément nouveau au débat.

M*''"" Eberhard, évêque de Trêves, (3) demanda entre autres choses, ce qu'on entendait par cet enseignement élémentaire auquel devait servir exclusivenent le catéchisme en question ; M^'' Zwerger, évêque de Seckau (4) lui répondit — comme membre de la Députation de la Discipline, — qu'on devait comprendre par là non l'enseignement élémentaire complet, mais les deux ou trois premières années seulement.

La liste des orateurs étant épuisée, le débat fut clos. (5) Les observations (6) que les Père avaient communiquées par

d) Acta, etc., II, 486 sq.

(2)Ibid.,lI, 487 sq.

(3)vlc/a, etc., 11,489 sq.

(4)Ibid.,lI, 491.

(6)Ibid.,1743b. sqq.

écrit fureat imprimées, et adressées peu après à tous les membres du concile (i) ; la commission en fit l'objet de ses délibérations,

Dès le 4 mai, à la 49* Congrégation générale, M^"" Zwerger en rendit compte dans son rapport (2). On avait demandé que le concile se chargeât de rédiger le catéchisme : la commission se montre nettement opposée au projet. Lors même que le Pape eut pensé à confier cette tâche au concile, dit le rapporteur, le Concile devrait prier le Saint Père de l'en décharger et de prendre la responsabilité du travail. / Au concile de Trente, les Pères crurent aussi qu'ils pourraient rédiger le catéchisme romain et d'autres ouvrages ; l'expérience les convainquit bientôt que ce leur serait impossible, et il ne leur resta plus qu'à remettre ce soin au Saint-Siège. Qu'on se souvienne du travail qu'a exigé pour être menée à terme, la première constitution de Fide.

Si, pour satisfaire à certains désirs, il fallait confier à une commission la rédaction du catéchisme, et le soumettre ensuite à l'approbation de l'assemblée, des milliers d'amendements seraient certainement déposés, et un ou deux ans se passeraient en corrections! Comment pouvons-nous rester si longtemps loin de notre patrie, au détriment de nos diocésains, pour nous donner à un travail que d'autres peuvent aussi bien faire, et au risque de négliger des travaux dont il faut absolument que le concile s'occupe ? Le catéchisme peut être rédigé sans nous, et nous devons remercier le Saint-Père qui, dès le début, a eu l'intention de se charger de ce soin.

Plusieurs Pères avaient proposé de soumettre le catéchisme à l'examen de tous les évêques de l'Eglise, ou à un certain nombre d'entre eux, pris dans toutes les nations. M^'' Zwerger

(l)Ibid.,741 d.

(2) Acla, etc., Il, 497 sqq.

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