‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 2)Chapitre 9 sur 108 · INTERVENTION DE M-"" DE KETTELER · texte numérisé non relu

INTERVENTION DE M-"" DE KETTELER

M^*" de Ketteler demandait une réponse pour le jour même.

Mais ne pouvant attendre la fin de la journée l'évèque se rendit de nouveau chez le cardinal, qu'il trouva cette fois. « Celui-ci affirma qu'il n'était pas informé de l'incident, lui promit d'éclaircir aussitôt cette affaire et de lui donner une réponse au plus tard pour le 9 avril w. /

Le ro, n'ayant rien reçu, M^"" de Ketteler dictait une liouvelle lettre au cardinal, quand M-' Fessier, secrétaire du concile, se présenta pour arranger l'affaire. Les brochures furent remises àl'évêque qui les fit distribuer aux Pères (i).

M-'' de Ketteler a maintes fois déclaré qu'il ne faisait pas siennes les idées contenues dans cette brochure, mais qu'il avait voulu, en la remettant aux Pères, leur permettre de mieux connaître, afin de les mieux réfuter, les objections contre l'Infaillibilité. /

Il écrivit bien au doyen de son chapitre que la brochure avait été écrite par un théologien éminent, et qu'il l'avait patronnée comme étant le meilleur organe pour communiquer ses vues, [celles de M-' de Ketteler sans doute] aux Pères du concile (2).

Mais le P. de Buck, dans unelettredui2 novembre 1872, à M^^ de Ketteler écrit: « Lorsque Votre Grandeur m'a envoyé, sur mon désir formel, un exemplaire de cette brochure, elle me disait textuellement : « Cet écrit n'exprime pas mes idées personnelles. Je l'ai fait imprimer pour que l'on étudie la question (3). »

(1) VoirPFULF, Op.C!7.,III, p. 81-

Le Pape était mécontent de voir rééditer les thèses des Gallicans adversaires de la papauté.. A quelque temps de là, il dit à M^ Senestrey : « La brochure a été écrite contre moi; je lis donc demander à Tévêque de Mayence s'il croyait que dans ma maison je livrerais à mes ennemis des armes contre moi. D'ailleurs je lui ai lait remettre la caisse de brochures, lui demandant seulement de s'agenouiller devant son Crucifix et de méditer sur la décision à prendre au sujet de ces brochures. » — M^' Senestrey avait noté ces paroles très fidèlement sur la première page de son exemplaire. C'est lui-même qui a bien voulu nous communiquer ces détails.

(2) Pfulf, p. 80.

(3) Ibid.

L'évêque écrivait en 1878 : a Cette brocliiire avait un double but : provoquer de la part du concile un examen approfondi de la question en lui faisant connaître toutes les difficultés qu'on pouvait inventer; 2'- réagir contre une certaine faron de comprendre l'Iufaillibilité. Mais elle était loin d'être opposée à la vraie doctrine de l'infaillibilité pontificale; la preuve en est que l'auteur, ainsi que le propagateur, votre serviteur, étaient dès avant le concile bien convaincus de la vérité de cette doctrine (i). » /

De nouveau attaqué, M-' de Ketteler dut renouveler ses déclarations le 4 août 1875. Après avoir redit que cette brochure était uniquement un travail d'information scientifique, destiné à servir de base aux discussions du concile, l'évoque ajoutait : « Aujourd'hui encore je crois avoir rempli mon devoir envers le concile et j'agirais de même si je devais prendre part à un nouveau concile où se discuteraient de semblables questions... Mais je n'aurais jamais cru que plus tard on m'opposerait cet écrit, comme étant l'expression de ma pensée personnelle (2). » /

Il est vrai que M^ de Ketteler pouvait faire distribuer cette brochure à titre de simple document, sans en accepter les idées; mais, quand il ajoute qu'il a voulu réagir contre une certaine façon de comprendre V Infaillibilité, il faut reconnaître entre lui et l'auteur de la brochure une certaine communauté de vues. Cette « façon de comprendre l'Infaillibilité « contre laquelle il veut réagir, celle-là même que combat la brochure, c'est celle de la majorité, celle qui sera définie.

11 faut donc croire que l'évêque de Mayence, partisan autre-

(1) Lettre écrite à l'occasion des discours de Friedrich et de Michelis, à Constance, le 9 lévrier 1873. — Voir Pfulf, Op. cit., j,. 83.

(2) Pfulf, p. 84. — M" Senestrey rapporte ces mêmes déclarations de M" de Ketteler dans les notes que nous avons déjà citées. Mais il ajoute cette remarque finale: A la congrégation générale, le R°" Evèque de Mayence a défendu avec véhémence, comme exprimant ses propres convictions, les principes (et les hérésies) de cette brothure, et il ne voulut pas entendre raison.

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