‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 2)Chapitre 92 sur 108 · L AFFAIRE DU GALLICANISME 39S · texte numérisé non relu

L AFFAIRE DU GALLICANISME 39S

peine à trouver des rapprochements, / Il finissait en invitant le Concile à définir explicitement cette Infaillibilité que le Concile de Florence avait implicitement proclamée, tout comme les Pères du VP Concile œcuménique avait explicitement défini la dualité des volontés dans le Christ contenue implicitement dans la définition du IV^ Concile sur la dualité de nature.

M^'^" Valerga avait évité toute parole blessante pour les évoques français et n'avait dit, en somme, que ce qu'il était nécessaire de dire pour obtenir la condamnation du gallicanisme et la définition de l'Infaillibilité. Cependant quelques évêques français se sentirent blessés dans leurs sentiments patriotiques. Déjà lors du débat sur le troisième chapitre, nous avons vu M='' Dupanloup manifester son mécontentement (i). Après avoir exalté l'Eglise de France, il s'était plaint très vivement que cette Eglise eût été, tout récemment insultée en pleine Congrégation générale. M*''' Eravard (2) s'était, lui aussi, complu à célébrer l'Eglise de France, si bien que le président avait dû le prier de revenir au sujet, attendu qu'aucun des Pères ne méconnaissait les mérites et les vertus de cette Eglise. A quoi M^'' Bravard avait répondu qu'il ne faisait que répondre aux affronts que l'on avait faits à la France.

C'est cette querelle que M°'" Mathieu crut devoir ressusciter en y consacrant un discours entier (3) : « Dans la Congrégation générale du 3i mai, le vénérable Patriarche de Jérusalem a infligé la plus grave injure à notre Eglise, dans la personne de nos nombreux évêques des temps passés et d'aujourd'hui, en les assimilant aux monothélites. Il a requis contre eux la même sentence de condamnation que contre ces hérétiques. /

(1) Acta, etc. IV a, 108. Voir plus haut, p. fGl sq.

(2) Acla, etc., IV a, 249. Voir plus haut, p. 363 Eq([.

(3) Acta, etc., IV a, 303 sq.

Je n'ai pas l'intention de traiter la question du point de vue historique ou théologique; je me permettrai seulement quelques observations : i° Le vénérable Patriarche n'a rien apporté d'original à cette tribune ; il a fait sien, a traduit en latin et a développé tout ce que répètent les journaux depuis quelques semaines. S'il convient peu d'apporter ici des journaux, il convient encore moins de s'en faire l'écho dans un Concile et d'y discuter leurs assertions ; 2° M»'" Valerga a pris comme preuves de vagues analogies, ce qui est inouï quand il s'agit de questions où la Foi est en cause. En ces graves questions, tout doit être traité et examiné [non par des rapprochements] mais en soi ; 3° M»'" Valerga a sans doute peu réfléchi aux conséquences immédiates du parallèle par lui établi : cette incrimination d'hérésie devait, moralement parlant, nous exclure du Concile; la seule réponse à faire au Patriarche était donc de nous lever, de quitter cette enceinte et d'attendre àla porte notre sentence de condamnation. M^*" Valerga ne peut s'excuser, comme il le fait, en disant qu'il a attaqué les doctrines, et non les hommes et les intentions. C'es distinctions sont vaines : quand on accuse, on accuse quelqu'un. L'intention n'a jamais lavé personne de l'accusation d'hérésie, sinon peut-être quelque illettré ou quelque simple. Or, quelle est cette Eglise contre laquelle M^'' Valerga s'est si violemment élevé? Cest celie que l'on regarde comme la fille aînée de l'Eglise Romaine, mère des Eglises; celle qui n'a jamais cessé de donner à cette Eglise Homaine les plus grands gages de son filial attachement. Et quels évêques a-t-il humiliés devant le Concile œcuménique? Ceux-là même dont notre histoire proclame la science, les vertus et le dévouement; ceux que, tout enfants, nous avons connus comme incarnant la Miséricorde, dont la piété ne s'est jamais démentie, ceux dont plus tard nous avons été les collaborateurs et les aides, ceux dont la foi ne s'exprimait pas par des j)aroles seulement, mais par des actes ; ce sont ces évêques qui, au cours de cette

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