L AFFAIRE DU GALLICANISME
juges. J'ignore si quelque journal a j)arlé du sujet qui m'a occupé; sans doute le cardinal de Besançon connaît-il mieux que moi les journaux. Si Son Eminence y consentait, j'aimerais en obtenir les références, car elle m'a fait désirer lire ces articles, et peut-être d'autres ont-ils conçu ce même désir. Mais je proteste que je n'ai rien emprunté aux journaux... J'ai appelé et je continue à appeler doctrine de foi la doctrine de l'Infaillibilité, qui est niée par le 4^ article de la Déclaration du Clergé de France. Je veux dire par là qu'elle est contenue dans le dépôt de la révélation. Si je me suis trompé, j'ai été trop sévère pour l'opinion adverse; mais en cela je ne suis pas seul, car des centaines de Pères demandent la définition. / Si j'ai dit vrai, je ne mérite aucun reproche pour avoir comparé la thèse anti-infaillibiliste avec une doctrine qui elle aussi était opposée à la foi, sans faire allusion à une condamnation prévue et sous la réserve de la bonne foi et des intentions de tous.
« Que le gallicanisme ne soit pas à identifier avec la noble Eglise de France, que j'admire autant qu'aucun autre, cela a été dit et redit cent fois. Il faut donc bien distinguer l'un de l'autre. Quant à savoir si l'Eglise de France est plus justement et plus réellement représentée par ceux des vénérables évêques de France qui m'accusent ou par ceux, beaucoup plus nombreux, qui m'encouragent, ce n'est pas à moi à en décider. L'Eglise de France, en la personne de tous ses vénérables évêques, n'a point à souffrir du débat actuel. Si je me suis trompé en attaquant le gallicanisme, qu'il s'en prenne à celui qui a renversé ses autels ! [Sic : le texte officiel est inintelligible : ipse vindicet se de eo qui eiiis aras submovit.] Quoi qu'il en soit, faisons des vœux ardents pour que la thèse qui nie l'Infaillibilité soit définitivement condamnée par l'Eglise; et vive aussi à jamais la noble Eglise de France! »
On ne peut douter que les évêques français de la Minorité furent vivement affectés des critiques formulées au cours
des débats contre rancien épiscopat français; leurs discours en portent do nombreuses et visibles traces.
« Je n'ai pas pu m'empèclier, disait M^'' Landriot le 23 juin (i), d'être douloureusement affecté par les allégations qui ont été émises ces jours-ci sur le clergé de France et les signataires de la Déclaration. Comme seule et unique justification nous n'avons entendu que ces mots : « C'étaient des courtisans » et c'est tout. »
M»'" Landriot répudiait la Déclaration et se séparait de Bossuet. Mais il cliercliait cependant à justifier dans une certaine mesure Bossuet et les évêques signataires : « Bossuet ne demeure-t-il pas la gloire de l'Eglise de France, l'honneur de la science et de l'éloquence, et le brillant champion de la vérité catholique? Ne demeure-t-il pas le grand génie qui, comme l'aigle, plane dans les hauteurs? / C'est mentir à l'histoire que de faire d'un tel homme un courtisan. «L'archevêque de Reims poursuivait son panégyrique. Ce n'était pas Bossuet, affirmait-il, qui avait rédigé la déclaration antiinfaillibiliste; d'ailleurs il se trouvait sur ce point en bonne compagnie, et ce n'était pas en France qu'avait germé cette doctrine regrettable (2).
Dans les débats du Concile, il ne pouvait être question de Bossuet qu'en raison de son attitude prise par rapport à l'infaillibilité. Or, ce n'est point de là que lui vint sa gloire. Si ses mérites et ses services n'ont pas été rappelés, personne ne les a mis en doute. Le Concile n'avait point l'occasion de célébrer son génie, son éloquence et ses services.
(1) Acta, etc., IV a, 477.
(2) Acta, etc., IV a, 478 sqq
APPENDICES
(i) Ces appendices sont ajontés par les traducteiirs
APPENDICE I
SCHEMA CO.XSTITL'TIONIS
DE PARVO CATECHISMO
JUXTA EMENDATIONES
Congregatione generali admissas
reformatum (!)
SCHEMA