APPRECIATION DU NOUVEAU REGLEMENT 29S
sente s'étaient employés à l'améliorer. On ne pouvait aussi que se réjouir de la décision qui obligeait ceux qui croyaient devoir critiquer des mots ou des phrases du schéma, a présenter à leur place des termes ou des phrases mieux choisies. Evidemment il est aisé de critiquer, mais il n'est pas aussi aisé de faire mieux; et souvent lorsque l'on essaie de trouver mieux que ce (pie l'on blâme, on s'aperçoit que le texte n'est pas aussi défectuenx, et même qu'il a été bien considère et choisi avec discernement. //
C'était encore un point de grande importance, que, d'après les nouveaux règlements, les projets présentés a la congrégation générale, n'étaient plus désormais donnés seulement comme le travail de théologiens inconnus, ce qui offrait à tous les Pères l'occasion de soulever des difficultés. Ils se présenteraient comme l'œuvre de la députation ou même de tout le Concile, puisque les Pères auraient contribué à leur amélioration par leurs remarques, et que la députation en présentant le schéma, devrait rendre compte de l'usage qu'elle aurait fait de ces remarques. La députation obtenait aussi le droit d'intervenir dans les débats en défendant ou expliquant le schéma attaqué.
Ces nouvelles décisions ne rencontrèrent cependant pas l'accueil qu'elle méritaient, chez une partie considérable de- Pères du Concile. Du groupe des Pères opposes a la définition de l'infaillibilité pontificale partirent plusieurs lettres adressées auxprésidents du Concile. Les signataires de ces lettres exprimaient le mécontentement que leur causaient quelquesfines, on pourrait dire la totalité de ces nouvelles décisions, et ils proposaient de les modifier. Lorsqu'on relit maintenant ces lettres, plusieurs dizaines d'années après le Concile, et que l'on reconnaît parmi les signatures celles d'hommes d'une grande droiture d'intelligence, d'une vie très sainte, et animés d'un zèle très pur pour Dieu et pour son Eglise, on
pourrait se demander avec étonnement, comment il a été possible que de tels hommes aient pu signer pareilles protestations. Une expérience de plus de deux mois avait pourtant bien montré qu'il n'y avait aucun bon résultat à attendre des travaux du Concile si l'on continuait comme l'on avait commence, tandis que le nouveau règlement au contraire promettait aux délibérations la plus heureuse issue. Mais les passions étaient soulevées par la querelle de l'infaillibilité pontificale: le mécontentement contre la direction donnée au Concile dominait chez plusieurs; l'impartialité des jugements n'existait plus. Les adversaires delà définition s'étaient unis pour être plus forts dans leur opposition: et parmi eux quelques hommes passionnés, qui dans leur zèle à poursuivre leur but dépassaient de beaucoup la limite de ce qui est permis, étaient devenus des chefs à l'influence desquels les autres ne pouvaient plus se soustraire.
C'est ainsi que se produisit une sorte de protestation contre les nouvelles décisions, signée par trente évêques français ayant a leur tête Mgr Darboy, archevêque de Paris, (i mars 1870) 11). Une lettre tout à fait semblable fut signée par vingt évêques de différents pays, surtout du Xord de l'Italie (2). Celle <pie signèrent vingt-et-un Pères d'Allemagne et d "Autriche-Hongrie et un seul de l'Amérique du Xord est presque identique (3 . Une autre, très courte et plus mesurée sur plusieurs point-, fut présentée par quatorze Pères, la plupart d'Allemagne; dans leurs noms nous trouvons celui de l'archevêque de Cologne et ceux des évêques de Mayence, Trêves, Rottenbourg et Saint-Gall (4).
Entrons cependant dans quelques détails sur le contenu de
',' Ibid. 962 .1. s([.
■i Ibid. 963 1'- sqq. — T"n des signataires, Jean Chrysost.Kruesz 0. S. Abbé de S'. Martin Martinsberg, Hongrii retira cepen lanl sa signature. i Ibid. 967 b. sq.