‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 34 sur 152 · ÉLECTION DE LA DEPUTATION DE LA FOI · texte numérisé non relu

ÉLECTION DE LA DEPUTATION DE LA FOI

Lorsque vint le moment de voter pour la Députation de la foi, dans la seconde congrégation générale, comme il fallait s'y attendre, le parti des partisans de la définition, de beaucoup. le plus nombreux, l'emporta. Tousses candidats furent rlus; et cependant tous les membres du parti ne semblent pas avoir vote exclusivement pour les noms de la liste; quelques-uns, au dire d'un théologien du concile déjà cité plusieurs fois, donnèrent leur voix à M>'r Dupanloup, « afin qu'il put lui-même en personne soutenir son opinion devant la commission ». Mais l'évêque d'Orléans ne réunit finalement qu'un nombre de voix insuffisant, moins de cent. Tous les élus se trouvèrent favorables à la définition de l'infaillibilité; il n'y eut qu'une exception ; M-1' Simor, archevêque de Gran, qui était partisan résolu de cette doctrine et en avait même avant le concile pris la défense dans une lettre chaleureuse // adressée à son clergé (i), mais qui prit parti au concile même pour les inopportunistes. Les trois autres députations furent plus mélangées (2).

Le triomphe remporté dans les scrutins par les partisans de la définition leur a toujours été vivement reproché; on leur en a fait un crime, qu'aucun des écrivains hostiles au concile n'a omis de relever. Dans une lettre à l'empereur "Napoléon (3), Mgr Darboy le met déjà au nombre des signes qui attestent l'absence de liberté au concile : « Un cardinal

(1) C. V., 1296 a. sqq.

(2 La listedes candidats irançais favorables à la définition fut dressée par les évèques Irançais sous la direction du cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen; la liste adverse émanait d'un groupe d'évèques ayant à sa tète, comme nous l'avons déjà dit, le cardinal Mathieu. Celui-ci, après l'échec de sa liste, partit brusquement pour la France ; le 5 janvier il était de retour à Rome. Sur l'objet de ce voyage, il courut les bruits les plus divers: les uns disaient que le cardinal était allé visiter son père qui était malade, les autres prétendaient qu'il avait voulu s'entretenir avec l'empereur Napoléon; d'autres alléguaient encore d'autres motits. Journal d'un diplomate : Journal de Home 1870.) La vraie raison /tait fort probablement un accès de mauvaise humeur causé par le succès des adversaires.

(3) 26 janvier 1870. C. V. 1531 a. sqq.

très autorisé, dit-il, le premier des présidents du concile, a dressé Les listes de candidats, que des religieux et des évêques complaisants ont répandues. » Ces paroles donneraient à croire que la liste des candidats avait été présentée par les présidents du concile aux évêques de la majorité. .Mais il y a la une première erreur à relever : comment l'archevêque de Paris, qui se trouvait au milieu des événements et y prenait une part active, a-t-il pu dire qu'au momentdes élections le cardinal de Angelis — car il ne peut être question que de lui — était le premier président du concile? Par ses idée-, par sa loyauté incontestée, par son habileté dans les affaires, ce cardinal ('tait en effet un des membres les plus en vue du concile; mais pour le reste, il était l'égal de tout le monde. C'est avant la deuxième congrégation générale (i4déccmbre), vers le n ou le 12 décembre, (pie fut dressée la liste des candidats; or, le cardinal de Reisach, le premier des présidents, ne mourut que le 23 décembre, et c'est seulement le 3 janvier que le cardinal de Angelis lui fut donné pour successeur. Les Pères de la majorité l'avaient consulté sur les membres de la Députation de la foi à élire . Mais est-ce là une preuve que la curie en avait dressé la liste? l'as plus que les relations entretenues par les évêques français de la minorité avec le cardinal Mathieu n'ont l'ait de leur liste la liste de la curie. Mgr Darboy est également dans l'erreur quand il ajoute que le cardinal de Angelis avait dressé la liste des candidats. Dans leur réunion de la villa Caserta,plus de quatorze Pères de divers pays s'étaient entendus sur le principe à suivre pour dresser la liste des candidats; ce sont ensuite les représentants de chaque pays qui ont proposé des hommes de leur choix : telle est l'origine de la liste qui, présentée au cardinal de Angelis. obtint son approbation.

Voilà les faits tels (pie les documents nous les ont fait connaître; on peut d'après cela apprécier la valeur des récits qu'on trouve dans de nombreux écrits hostiles au

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