‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 35 sur 152 · RECIT FANTAISISTE DE FRIEDRICH · texte numérisé non relu

RECIT FANTAISISTE DE FRIEDRICH

concile, dans l'article, par exemple, publié au mois de février par le Moniteur universel (i) : a Ces élections, y est-il dit, ont été faites sans connaissance de cause par les évêques, on plutôt par la cour de Rome, sur des listes distribuées par elle » ; — Lord Acton est plus réservé, mais se trompe également : «Le cardinal de Angelis, écrit-il (2), fit adresser à tous les évêques accessibles à quelque influence une liste litliographiée d'où se trouvait exclu quiconque ne pouvait être rangé du côté de l'infaillibilité. » — Scliulte écrit (3) : « Ces commissions ont l'air d'avoir été élues par le concile; en réalité, il n'en est rien. Quelques jours, en effet, avant l'élection des 24 membres de la Commission dogmatique, on distribua des bulletins imprimés portant 24 noms et se réclamant du cardinal de Angelis le premier des présidents Cette liste passa dés le premier scrutin avec une telle majorité, qu'il n'en faudrait pas davantage pour établir l'existence d'une organisation. )> (4)

Friedrich (5) met lui aussi naturellement toute l'élection au compte de la curie : // elle ne voulait pas que la minorité eût aucun représentant dans les commissions; « la curie ne se borna pas à prescrire la manière dont se feraient les élections, elle les dirigea elle-même. » De preuve, il n'essaie même pas d'en fournir; quelques pages plus loin, au contraire (6), en s'appuyant sur une lettre inédite et sur la revue The Vatican, il avance une affirmation qui contredit absolument ce qu'il vient de dire et prouve que les Pères jouissaient d'une indépendance complète. Il dit alors à propos du comité

1) La situation des choses à Home : 14 février 1870.

(2) Zur Geschichte de^Vatikanischen Ronùls (Munich 1871), p. 67.

(3) Slellung der Konzilien, Piipste, etc., p. 254.

(4) Lagrange lui-même répète la même chose. ( Vie de M" Dupanloup, 111, p. 156.) « Les listes du cardinal de Angelis, sur lesquelles ne figuraient pas les évêques les plus importants de la minorité, passèrent telles que le cardinal les avait iaites. »

(5) Geschichte, etc., III, pp. 166-169.

(6) Page 175 sq.

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électoral de la majorité : « Une seule fois, il y eut de l'hésitation ; le pape désirait voir entrer l'évêque d'Orléans dans une des commissions les plus importantes, et le patriarche latin, Mgr Valerga, demandait s'il n'y aurait pas lieu d'élire les chefs de la minorité membres des commissions ; on pourrait ainsi les gagner et affaiblir d'autant leur parti (i). Le cardinal Corsi, archevêque de Pise, prélat fort en vue d'ailleurs, était favorable a cette idée; il envoya un évêque au président, le cardinal de Angelis ; mais l'humble converti, M-' Planning, s'éleva alors contre ce projet et le fit abandonner. » — ■ Voilà donc en présence d'un côté, le pape, le patriarche Valerga, l'influent cardinal Corsi et le cardinal de Angelis qui préside les délibérations, «la Curie» par conséquent, et de l'autre côté un simple membre du concile, Mer Manning. La Curie désire que les partisans de la définition ne soient pas seuls élus, elle veut aussi des adversaires; l'archevêque de Westminster, au contraire, demande qu'on exclue absolument les évêques de la minorité; et c'est son avis qui l'emporte sur celui de la Curie. N'est-ce pas exactement le contraire de ce que Friedrich vient de reprocher à celle-ci? C'est ici qu'il doit être plus prés de la vérité; mais il est fort douteux que cet incident se soit produit tel qu'il le raconte. Nous ne croyons pas que le pape soit ainsi intervenu dans les élections /.

Mais ce qui excite surtout l'indignation de Friedrich, c'est le parti-pris de la majorité de ne pas prendre de candidats hors d'elle-même, et d'élire exclusivement des partisans de la définition de l'infaillibilité; dès les premiers pas, elle

ili Le texte anglais du « Vatican » que cite Friedrich ne donne pas cette raison des intentions accommodantes du pape: voici ce qu'il dit :« Le pape souhaite que l'école libérale et gallicane n'ait pas lieu de se plaindre d'avoir été contrainte dans les dis ussions et dan- la défense de ses idées, •> M1 Valerga a-t-il donné l'autre raison ? Ce sérail avoir dans la lettre inédite que Friedrich cite également : mais c'est une de ci sources qu'on rencontre chez lui si fréquemment sans pouvoir les contrôler.

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