‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 56 sur 152 · REPONSE DE FRANZELIN AUX CRITIQUES · texte numérisé non relu

REPONSE DE FRANZELIN AUX CRITIQUES

au troisième reproche, qui porte sur l'importance exagérée donnée dans le schéma aux transitions entre ses diverses parties, ce qui, dit-on, lui donne l'air d'un mémoire scientifique plutôt que d'une constitution dogmatique, Franzelin fait remarquer que, dans toute œuvre écrite, la netteté des transitions est chose très importante et qu'elle contribue beaucoup à lui donner de la clarté ; puis il apporte des exemples pour montrer que le concile de Trente s'en est préoccupé lui aussi dans ses décrets (i).

La troisième partie de son discours concerne la façon d'exposer les questions (2). Franzelin distingue dans celles-ci ce qui est essentiel de ce qui est plus accidentel. L'essentiel, en général, c'est d'exprimer avec exactitude et suivant leur caractère propre les vérités dogmatiques; mais plus spécialement de mettre clairement en relief comme vérités de foi les propositions qui doivent être définies comme telles ; et qu'on en distingue celles que, malgré leur connexion immédiate avec la doctrine catholique, on n'a pas l'intention de définir comme articles de foi ; elle exige également qu'on n'emploie les textes de l'Ecriture apportés en preuve que dans leur sens véritable, et qu'on ne touche pas aux opinions qui sont vraiment libres entre les docteurs catholiques. Or, ajoute réminent théologien, tout cela a été l'objet de la plus grande attention; et, reprenant alors une longue série de critiques faites par les Pères sur ce point, il les discute à fond et les réfute : il serait trop long de le suivre ici dans le détail ; nous renvoyons à son discours (3).

La forme de la rédaction, ce que Franzelin appelle accidentel, avait été souvent critiquée au concile; le schéma, disait-on, avait la forme d'un traité didactique plutôt que d'une définition conciliaire. Mais, observe d'abord Franzelin,

(1) 6'. V. 1614 a. sqq.

(2) Ibid., 1618d.

(3) Ibid., 1619a. sqq.

comment peut-il être question de coutume lorsqu'il s'agit de la l'orme de rédaction adoptée par les conciles? Leurs décrets sont très différents les uns des autres, et les exemples ne manquent pas pour le prouver (i). // Sortant alors des généralités, il relève quatre particularités qui, dit-on, donnent au schéma le caractère d'un traité didactique : la doctrine y est accompagnée de ses preuves; ces preuves sont tirées à la manière scolastique delà nature même du sujet; la terminologie est celle de l'école ; le style, en général, sent trop la rhétorique. Pour le dernier point, dit-il, je ferai remarquer que la plupart des phrases sont faites de paroles tirées de l'Ecriture Sainte, des conciles, des Pères et des lettres des Papes. La dureté d'expression que l'on a blâmée (monstra errorum, cancer serpens abominationi exponçndus, impia insipientia, etc.) ne se trouve que dans les deux premiers chapitres, consacrés à l'athéisme et au rationalisme absolu; or, cette manière de caractériser l'erreur apparaît dans la Sainte Ecriture, chez les Pères et dans presque tous les conciles, même dans celui de Trente (3).

Quant aux trois premiers points qui font ressembler le schéma à un traité didactique, il est certain, riposte Franzelin, qu'un concile peut se borner à énoncer sa doctrine par voie d'autorité sans en donner les preuves; cependant les conciles antérieurs, pour mieux atteindre leur but, ont souvent cru devoir ajouter ces preuves à leurs définitions; celui de Trente lui-même fournit à Franzelin des exemples de ce procédé (4). De preuves scolastiques tirées de la nature même du sujet, le schéma n'en contient qu'un bien petit nombre, là seulement où il était impossible d'expliquer autrement la doctrine. Du reste, qu'y a-t-il dans ce genre de

(2) Ibid., 1626 c.

(3) lbid., 1626d. sq.

(4) Ibid., 1627 a. sqq.

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