‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 58 sur 152 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Le projet de définition de l'infaillibilité du pape et les contreprojets. — Décision de la Congrégation pour l'examen des postulats.

Dès que le concile avait été annoncé, la question de savoir si la doctrine de l'infaillibilité du pape y serait définie comme dogme de foi avait partout agité les esprits (i). Des évoques même prirent part à la discussion et se prononcèrent d'avance pour ou contre la définition. Lorsque l'assemblée s'ouvrit, cette même question provoqua entre les Pères une scission en majorité et en minorité; et c'est surtout d'après l'attitude prise à ce sujet par les candidats que, des deux côtés, les Pères firent leur choix dans l'élection des membres des Députations (2)//. Bientôt, il fut clair que la question de l'infaillibilité dominerait tout le concile, et nous avons déjà vu, au cours des débats racontés dans les chapitres précédents, se manifester les passions qu'elle soulevait.

La première proposition d'une définition à porter émane de Msr Dechamps, archevêque de Malines; elle est datée du 25 décembre 1869 (3).

(li Voir tome I, livre II.

(5) Voir ci-dessus, p. 83.

3 C. V. 9-21 ri. sqq.

Dans une sorte d'introduction, l'archevêque fait remarquer que, pour définir les vérités révélées, l'Eglise a coutume d'attendre qu'elles soient niées ou mises en doute; mais dès que ces contradictions se produisent, elle procède à la définition. Quant à l'opportunité de définir certaines propositions concernant la constitution de l'Eglise, elle ne peut pas être mise en doute, puisque les erreurs contraires se publient sur les toits. Il propose alors dix canons fort courts dirigés contre les erreurs fondamentales du gallicanisme : les deux derniers expriment sous forme d'une condamnation des doctrines opposées, le dogme de l'infaillibilité de saint Pierre et de ses successeurs sur le siège de Rome.

L'archevêque avait à peine remis son postulat à la Congrégation chargée d'examiner les propositions émanant des Pères du concile, que les évêques belges recevaient une lettre du recteur et des professeurs de la faculté de théologie de Louvain, faisant connaître que la doctrine de l'infaillibilité pontificale avait été constamment celle de leur Université, et exprimant en même temps leur ardent désir de la voir transformée en article de foi par le concile assemblé (i). Les évêques transmirent cette adresse aux présidents du concile pour témoigner que l'enseignement des séminaires de Belgique et de l'Université de Louvain était bien conforme à l'opinion des évêques de ce pays.

C'est ainsi que le postulat de l'archevêque de Malines se trouva appuyé par tous ses collègues de Belgique. Son importance toutefois et l'influence qu'il exerça furent bien moins considérables que celles d'un postulat déposé au mois de janvier et souscrit par plusieurs centaines d'évêques.

Comme, depuis le commencement du concile, les évêques opposés à la définition de l'infaillibilité ne laissaient subsister aucun doute sur leur résolution de tout faire pour l'empê-

(1) <.. I . 942 c. sqq.

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