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Histoire du Concile du Vatican

Le second orateur du i5 juin, le cardinal Rauscher, commença le débat spécial sur le quatrième chapitre (i). Il en attaqua presque toutes les parties.

Il exprima d'abord son mécontentement de ce que, au commencement du chapitre, la suprême puissance d'enseignement était considérée comme incluse dans la suprême puissance de juridiction, tandis qu'il fallait les distinguer; il déclara ensuite qu'il n'admettait pas la doctrine de l'Infaillibilité pontificale telle qu'elle était présentée dans le chapitre. Il suffisait, à son avis, que les fidèles acceptassent les vérités proposées par le suprême magistère avec une confiance capable d'engendrer la certitude morale, sans qu'il fût pour cela nécessaire d'admettre l'impossibilité absolue d'erreur dans une proposition enseignée par le Pape.

A quoi Mgr Martin, évêque de Paderborn, répondit fort bien, dans son discours du 3o juin (2) : « Que serait une primauté de juridiction sur une Eglise ainsi conçue / (c'està-dire sur la société des fidèles) si elle ne comportait précisément le pouvoir d'attester à cette société la vérité chrétienne, et celui de porter sur la foi des lois et des décrets ? Et que

(1) 72e Congrégation générale, Aclti, elr., IV a, 304 sq. (-2) 79e Congrégation générale, Actn, etc., IV a, 598.

signifient le droit et le pouvoir d'imposer des lois en matière de foi s'il n'y correspond, du côté de l'Eglise, le devoir d'accepter ces lois du fond du cœur et de croire réellement la vérité proposée "? Et comment les fidèles pourraient-ils accepter de cœur ces décrets et adhérer, d'une foi divine, à leur contenu, s'ils ne sont pas absolument sûrs de leur infaillible vérité? La certitude morale (je me permets de faire cette remarque au cardinal-archevêque de Vienne, que j'ai d'ailleurs en haute considération), la certitude morale, certitude qui n'exclut pas absolument toute espèce de doute, me suffit parfaitement pour une quantité de choses; mais quand il s'agit pour moi d'adhérer, d'une foi divine, à une proposition, elle ne me suffit pas, parce que la foi divine exclut absolument toute espèce de doute, et ne peut, d'après une déclaration d'Innocent XI, s'allier avec la crainte que Dieu pourrait ne pas avoir parlé. Innocent XI a condamné, en effet, la proposition suivante (i) : « L'assentiment de foi surnaturelle et salvifique subsiste avec une connaissance purement probable de la révélation, et même avec la crainte que Dieu n'ait point parlé. » L'évêque montre ensuite que si l'on refuse au Pape l'Infaillibilité, on doit aussi lui refuser la suprême puissance de faire des lois, et la primauté.

Après cette attaque plus générale, le cardinal Rauscher combat dans son discours les trois décisions conciliaires apportées en preuve de l'Infaillibilité pontificale et qui avaient trouvé place dans le quatrième chapitre.

On avait introduit en premier lieu la formule que le pape Hormisdas avait présentée à la signature des évêques orientaux pour la suppression du schisme d'Acace, formule que signèrent aussi les Pères du VIIIe Concile œcuménique. Elle était ainsi conçue : « La première chose nécessaire au salut est de garder la règle de la foi orthodoxe et de ne s'écarter

(I) C. V. -21-2 c. sq.

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