‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 4)Chapitre 111 sur 129 · RETOUR DE M"1' CULLEN EN IRLANDE · texte numérisé non relu

RETOUR DE M"1' CULLEN EN IRLANDE

lation éclatait à Gahvay, à Down, à Liinerick, et dans les autres sièges épiscopaux d'Irlande (i).

Lorsque l'archevêque Mac Haie, qui avait été au Concile un adversaire de la définition (2), entra dans sa résidence de Tuam, dans l'Irlande occidentale, le peuple détela ses chevaux et traîna sa voiture en triomphe, en criant le cead mille faillite ! (mille fois bien venu !) jusque devant / la cathédrale. Ici encore, les fidèles se montrèrent pleins d'enthousiasme pour la récente décision dogmatique et pour le Saint-Père, Pie IX, le premier Pape, comme le dit l'orateur de la fête, qui a la gloire d'être proclamé infaillible par la voix de l'Eglise. L'enthousiasme éclata encore davantage, lorsque l'archevêque parla de îa liberté et de la charité avec lesquelles avaient été conduites les délibérations du Concile, et lorsqu'il déclara que l'opposition des évèques de la Minorité ne s'étendait nullement à la doctrine, mais uniquement à l'opportunité de la définition (3).

Nous n'en finirions pas, si nous voulions rapporter, même en quelques mots, les autres récits, que nous possédons, de la réception des Pères du Concile dans leurs diocèses : celle de M-1' Doimo-Maupas, archevêque de Zara en Dalmatie (\), de M-1' Scandella, évêque de Gibraltar (5), de M-1' Mac Kinnon, évèque d'Arichat dans la Nouvelle-Ecosse (6), etc. Nous ne mentionnerons plus que la grande manifestation religieuse qui se fit en l'honneur de Mer Spalding, archevêque de Baltimore.

Quelques jours avant le 18 juillet, M6* Spalding reçut à Rome, de son clergé du Maryland, une adresse, où il est dit :

(1) Ibid.

(2) Voir plus haut, pp. 402, 604.

(3) Civillà caUolica, sér. 8, vol. 1, p. 60 sq.

(4) Ibid., sér. 7, vol. 11, p. 606 sq. Ti) Ibid., p. 734 sq.

(6) Ibid., sér. 8, vol. 1, p. 70 sqq.

« Dans tout votre diocèse, il n'y a pas un prêtre religieux, ou séculier, qui n'exalte son évèque, à cause de la position qu'il a prise au Concile dans la question de l'Infaillibilité... Si toute l'Amérique a raison d'être fière de cet homme, qui occupe si dignement la première place parmi ses prélats, le clergé, qui vous est immédiatement soumis, a des motifs bien plus nombreux de faire éclater la joie de son cœur. Chaque fois que nous entendrons raconter, à l'avenir, que l'Infaillibilité du successeur de Pierre, dogme que Jésus-Christ lui-même a annoncé il y a dix -huit siècles, a été proclamée par l'autorité infaillible de l'Eglise, nous nous vanterons de la part ardente et active que notre archevêque a prise à la définition de ce dogme, dont la proclamation — ceci est notre conviction inébranlable — .imprimera à la religion catholique dans tout l'univers une impulsion puissante et une nouvelle force de vie (i). » /

Lorsque, le 10 novembre 1870, l'archevêque rentra dans Baltimore, plus de cinquante mille hommes vinrent au-devant de lui pour lui souhaiter la bienvenue dans sa patrie. Au moment de son arrivée, les canons retentirent, et les cloches de toutes les églises catholiques firent entendre leur carillon de fête. Les associations catholiques, bannières au vent et dans l'éclat de leurs insignes aux mille couleurs, précédèrent jusque devant la cathédrale la voiture découverte de l'archevêque. Les rues que traversait le cortège avaient revêtu leur parure de fête, et ces figures joyeuses qui de toutes les fenêtres envoyaient leur salut, attestaient la joie avec laquelle tous les cœurs battaient pour le pasteur aimé et vénéré. Les escaliers des maisons étaient chargés de monde, et au loin, tout autour de la cathédrale, une foule immense attendait la procession.

(1) Ibid., p. 7-2.

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