LA PROVIDENCE DE DIEU DANS LA DEFINITION DOGMATIQUE
du Concile firent, il est vrai, un grand niai dans le monde laïque et même dans le clergé. Mais, à Rome, les évêques de la Majorité n'en furent que plus affermis dans leurs desseins. Quant aux gouvernements, au dernier moment, ils abandonnèrent leur plan de s'immiscer dans les affaires des évêques.
Toutefois, au sein même du Concile, il sembla longtemps que les adversaires de la définition allaient, malgré leur faiblesse numérique, remporter la victoire. En prophétisant sans cesse à la définition dogmatique les plus fâcheux effets, ils avaient fini par ébranler la conviction des directeurs du Concile et, en particulier, à jeter dans un tel trouble le cardinal Bilio, président de la Commission de la Foi, qu'il souhaitait, lui aussi, de voir survenir un obstacle imprévu. C'est alors, dans la semaine de Pâques 1870, qu'une nouvelle et pressante supplique de la Majorité au Saint-Père obtint l'ordre de ne plus s'attarder à d'autres questions et de se mettre à délibérer sur la constitution De Roniano Pontifice.
La chose était, par là, comme tranchée du côté du Concile. Seules, des circonstances extérieures pouvaient encore s'interposer et amener un échec. Et, en réalité, il ne s'en serait pas fallu de beaucoup qu'il n'en fût ainsi. La Minorité prolongeant son obstruction dans les délibérations suivantes, il était de jour en jour plus à craindre que les chaleurs de l'été ne renvoyassent de Rome les Pères avant que ne fût tombé le mot sauveur. Au commencement de juillet, des bruits de guerre s'élevèrent et portèrent à son comble cette pénible situation. Mais, en dépit de toutes les difficultés extérieures et intérieures, la Majorité persévérait dans son travail. Le i3 juillet, dans la 85e Congrégation générale, on était arrivé à l'avant-dernier vote sur l'ensemble de la constitution. Les évêques de la Minorité, qui persistaient encore dans leur non placet, s'abstinrent de paraître à la séance décisive. Le
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18 juillet, le Vicaire de Jésus-Christ, après le dernier voté solennel, put donc déclarer que les décrets et canons proposés avaient l'approbation de tout le Concile à l'exception de deux Pères, et qu'il leur donnait de son côté sa plus haute ratification. Cet événement, qui marquait dans l'histoire du monde, s'accomplit au milieu des éclairs et du tonnerre.
Le 19 juillet, survenait la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne, et, en septembre, le vol sacrilège du Piémont rendait / impossible, pour un temps indéfini, le retour du Concile dans la Ville éternelle.
Tous les évêques de la Minorité envoyèrent bientôt, de leurs patries, leur adhésion sans réserve aux actes du Concile. La plus grande partie de leurs sinistres craintes étaient sans fondement, comme la suite des événements l'a montré; la Providence s'était choisi dans le pape Pie IX un instrument « pour combattre le libéralisme et l'indifférentisme, qui s'étaient développés de nos jours au point de tout dominer, et pour leur porter,par le concile du Vatican, le coup décisif, qui consistait surtout dans la définition de l'Infaillibilité pontificale (1) ».