‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 4)Chapitre 38 sur 129 · LES DEUX « NON PLACET · texte numérisé non relu

LES DEUX « NON PLACET

déconcerta, et comme un de ses amis lui en demandait la raison, il répondit : « Ce vote négatif ruine toute mon affaire !» — « Quelle affaire, » demande la Civilta, « si ce n'est la supposition que la liberté avait manqué au Concile? »

Mgr Luigi Kiccio n'était pas un adversaire de la doctrine de l'Infaillibilité pontificale. Lorsqu'on pria le Pape de définir cette doctrine, il présenta, lui aussi, à ce sujet, une supplique particulière, avec deux autres évoques (i). Le i3 juillet, il avait voté (2) dans la Congrégation générale placet juxta modum. Il désirait donc la définition quant au fond et demandait seulement quelques modifications au schéma (3). L'un de ces changements avait rapport à la définition de l'Infaillibilité pontificale; il voulait que l'on ajoutât une note, dans laquelle le concours des évêques était déclaré nécessaire. Les conditions qu'il présenta ne furent pas admises, et il vota non placet dans la séance jmblique. Mais il se soumit immédiatement, pendant cette même séance. Après la définition, il se jeta à genoux aux pieds du Pape, déclarant qu'il croyait et qu'il était prêt à défendre la constitution jusqu'au sacrifice de sa vie.

Mgr Edouard Fitzgerald appartint dès le commencement à la Minorité et signa un des / premiers postulats contre la définition de l'Infaillibilité pontificale (5). La veille de la séance publique, il écrivit au secrétaire du Concile : « Comme j'ai reçu la permission de partir... que, par respect pour mon Très Saint Seigneur et pour mon propre honneur, je ne veux pas voter non placet, je prie Votre Grandeur de ne pas faire lire mon nom dans la séance publique. Du reste, je serai en tout soumis aux décrets de l'Eglise et de ce concile du Vatican (6). » Cependant, comme il assista le jour suivant à la

(2) Ibid. 1000 d.

3) Ibid. 433 c : 9; 434 c : 13 b ; iBb c : 20 ; 438 d : 31 c.

(4) Ibid. 1000 d.

(6) Acta, etc., IV b, Appendi.r, p. 509 sq.

séance publique, il pria le secrétaire dans une seconde lettre que son nom fût proclamé. On l'appela donc et il vota non placet. Mais après la confirmation du vote, il s'avança vers le Pape et fit sa profession de foi en ces mots : « Maintenant je crois, Très Saint-Père ».

Voici le texte de la constitution De Ecclesia Christi :

CONSTITl'TIO DOGMATICA PRIMA

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