ADHESION DU PERE GRATRY
menace d'un refus de cele.br et, à l'amener à reconnaître publiquement le dogme de l'Infaillibilité. M5* Pie, évêque de Poitiers, le pressa aussi, avec beaucoup de charité, à faire cette démarche (i). Ce n'est qu'en automne que I'Uxiyers annonça, le 21 septembre, la joyeuse nouvelle de la soumission de cet homme célèbre. Le Père Gratry l'avait exprimée sur son lit de douleur à Montreux, sur les bords du lac de Genève, avec une conviction pleine et entière. Enfin, lorsque Mgr Guibert, archevêque de Tours, fut monté sur le siège archiépiscopal de Paris, / il lui adressa, le 25 novembre, la lettre qui suit (2) :
« Monseigneur,
» Si je n'étais fort malade et incapable d'écrire une lettre, je vous aurais déjà, depuis bien des jours,, adressé mon hommage de bienvenue.
» Je veux du moins aujourd'hui, Monseigneur, vous dire simplement ce qui, ce me semble, n'avait pas même besoin d'être dit, savoir que j'accepte, comme tous mes frères dans le sacerdoce, les décrets du concile du Vatican. Tout ce que, sur ce sujet, avant la décision, j'ai pu écrire de contraire aux décrets, je l'efface.
» Veuillez, Monseigneur, ni'euvoyer votre bénédiction et prier pour moi. A. Gratry, Prêtre du diocèse de Paris. »
Le Père Gratry ne se releva plus de son lit de douleur.
était définie par le Concile ? — Mais, je croirais », lui répondit-il ; et puis, relevant la tète comme autrefois à la tribune, il ajouta : «Qu'est-ce donc que tu attendais de moi '! » Il se sentait blessé de voir mettre sa fidélité en question.
« Cette fidélité lui eût été facile, car il n'aurait pas trouvé, dans la constitution Pastm œternus, tout ce qu'on lui avait dit do l'Infaillibilité, quand il écrivit sa malheureuse phrase sur la prétendue idole que l'on voulait ériger au Vatican... »
(1) A. Chauvin, toc. cit., p. 451 sq., d'après H. Saintraix, Vie du cardinal Dechamps, p. 188. Comp. Lecaxuet, Montalembert, III, p. 471. — Cette lettre du cardinal Dechamps complète ce qui a été dit au 3e vol., p. 252 sq.
(2) A. Chauvin, op. cit., p. 455.
Il mourut le 7 février 1872, à Montreux, en paix avec son Eglise.
Les vingt et un évoques dont nous avons encore à faire connaître l'adhésion, se partagent presque également entre l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Amérique du Nord et l'Orient.
Parmi les cinq prélats italiens, Mgr Guttadauro di Reburdone fit connaître au Saint-Père sa soumission, dès le 28 août 1870 (1). Vinrent ensuite, le 10 septembre, Mgr Nazari di Calabiana (2), enfin, à des intervalles plus ou moins longs, XX. SS. Montixi (3), Moreno (4) et Losanna (5), si bien qu'à l'été de 1871. tous avaient exprimé leur adhésion. Mgr Xazari di Calabiana, que le cardinal Schwarzenberg avait consulté sur ses intentions, lui répondit par une lettre du i3 novembre 1870 (6). Xous y apprenons que l'archevêque avait été autrefois élève de l'Athénée de Turin, où il était défendu de discuter sur l'Infaillibilité du Pape; que, pour cette raison, il s'était au Concile joint aux non-opportunistes. Ses prêtres admettaient la doctrine de l'Infaillibilité, enseignée depuis plusieurs années déjà dans tous les séminaires de Lombardie. Il avait prêché, à la fête de la Nativité de la sainte Vierge, devant une grande foule, sur le dogme de l'Infaillibilité, et avait affirmé sa soumission au Concile. /
Mgr Clifford reçut, comme beaucoup d'autres évêques de la Minorité, dos lettres du cardinal Schwarzenberg, qui le priait de le renseigner sur les mesures que prendraient ses confrères. Comme il l'écrit le 22 octobre 1870 (7), il différa sa réponse pendant quelques semaines, parce qu'il espérait
(-2) Lbid.,998a.
(:!) Iliid., il!)!) a.
(1) il.i.l.
(5) lliid.,i)i)S li.
(15) Aux archives. Il y a aussi deu\ lettres de Mb* Moreno dans les Actes de Schwarzenberg, niais elles n'offrent rien de particulier. (7) Lettre aux Archives.
Mtë* CLIFF0RD 261
pouvoir ainsi donner des renseignements plus exacts. Mais, comme aucune mesure bien nette n'avait été prise, il ne voulait pas faire attendre plus longtemps sa réponse. « Chez nous, écrit-il, on n'a pas adopté une ligne de conduite commune. En Irlande, il est vrai, le cardinal Cullen, avec la plus grande partie des évoques irlandais, a fait célébrer, à la cathédrale de Dublin, un service solennel d'actions de grâces pour les travaux du Concile, et proclamer les décisions du Concile. En Angleterre, par contre, rien de semblable n'a été fait. M1-1 Manning et quelques autres ont fait lire les décrets dans leurs églises, et averti en môme temps leurs fidèles qu'ils doivent, sous peine de refus des sacrements, accepter ces décrets comme articles de foi. Mais, dans la plupart des diocèses, comme dans le mien, on n'a pris aucune mesure de ce genre. Les évêques [Ullathorne] de Birmingham et [Braun] de Newport ont publié des lettres pastorales, dans lesquelles ils ont exposé la constitution de l'Infaillibilité papale et l'ont expliquée de la manière la plus modérée. Les conclusions du Concile ont été publiées, d'une manière non officielle, dans les journaux, de sorte que tous les connaissent; la question n'est plus discutée par le peuple anglais. Mais, dans les classes instruites et dans une partie, peu importante, il est vrai, du clergé, se manifeste une assez vive excitation des esprits. Ceux qui m'ont écrit à ce sujet pensent qu'il faut attendre jusqu'à ce que l'on voie quelle sera la fin du Concile »
Mgr Clifford exprime ensuite l'espérance de voir dans quelques jours Mgr Errington, qui vient de faire visite à quelques évêques et qui pourra lui apprendre s'ils ont l'intention de faire quelque chose. Lui-même parait encore à cette époque indécis sur ce qu'il fera. Un mois et demi plus tard, le 3 décembre, il annonça au Préfet de la Propagande, le cardinal Barnabe, son adhésion aux décisions du 18 juillet 1 1). /
(1) C. V. 1000 1). sq.
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Mgr Rogers (de Cbatharo, Nouveau-Brunswick) avait déjà, le 8 août, dans une lettre au Saint-Père, fait connaître sa soumission et celle de son clergé aux décrets du Vatican (i). Les deux prélats irlandais, qui avaient voté, le i3 juillet, non placet et qui s'étaient abstenus de paraître à la session publique, NX. SS. Mac Haie et Moriarty, se sont abstenus, à leur retour, de toute publication officielle des décrets. Du moins ont-ils, en 1870, au synode national irlandais de Maynootk-College, solennellement affirmé leur adhésion à la doctrine de l'Infaillibilité (2).
On s'explique plus facilement que Msr Errington, qui n'était pas évêque diocésain, n'ait pas montré beaucoup d'empressement. Mais comme il laissa passer l'année 1871 sans faire entendre à Rome un mot de ses pensées ou de ses intentions, le cardinal Barnabe- le pria, sans détour, le 22 mars 1872, de déclarer sa manière de voir. L'archevêque lui répondit par une lettre, datée de Priar-Park le i5 avril 1872, où apparaît une conception nouvelle et étrange de la déclaration d'adhésion. Il avait appris, dit-il, que beaucoup d'évèques de la Minorité avaient fait connaître leur adhésion d'une manière extraordinaire, par lettres. Pour lui, la soumission de foi au décret d'un concile lui avait paru toute naturelle. Mais il avait été fortifié dans son silence, parce qu'il avait remarqué qu'en bien des endroits on n'interprétait pas, comme il convenait, les déclarations d'adhésion. « Cette interprétation, dit-il, fait des lettres d'adhésion des évoques autrefois opposés à la définition, des preuves de rétractation, de satisfaction accordée; elle exalte la force d'âme de leurs auteurs, qui n'ont pas ci aint de reconnaître leur erreur et de la réparer. C'est comme s'ils s'étaient opposés à la définition déjà proclamée, ou comme si la question
(2) [bid., 996 c, 1000 b. Pourtant voir chapitre IX.
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n'avait pas été soumise à la libre discussion du Concile et au vote des Pères. Je ne pouvais admettre une telle interprétation; aussi, je crois, pour ma part, ne pouvoir de moi-même rien faire qui puisse recevoir la même interprétation (i). / »
Nous croyons que l'archevêque a été amené, par un excès de délicatesse, à mal comprendre ces témoignages de joie, qui accueillaient toujours l'adhésion des évoques de la Minorité. Mais personne n'a jamais pensé sérieusement à une rétractation, ni à une satisfaction accordée. Tout observateur raisonnable doit reconnaître qu'il n'est pas facile de renoncer à des vues et à des doctrines qu'on a défendues longtemps et avec ardeur, et que ce n'est pas sans de rudes luttes intérieures qu'on se soumet parfois même aux devoirs les plus sacrés. Lorsque le peuple catholique vit tant de ses chefs vénérés sortir, l'un après l'autre, si rapidement et si pleinement victorieux de ce combat, il applaudit les vainqueurs, pour lesquels il avait peut-être un instant tremblé, il exalta la grandeur d'âme qu'ils avaient montrée dans la victoire. M*-'1- Errington mérite, comme tant de ses confrères, le plus grand éloge pour avoir, dès le commencement, nourri les sentiments qui lui ont permis d'accepter avec calme la définition qu'il avait autrefois combattue.
Nous avons déjà signalé la conduite irréprochable du célèbre converti J.-H. Newmari (2).
Passons aux six évèqucs américains de la Minorité qui s'étaient abstenus à la séance solennelle.
Mgr Vérot fit connaître son adhésion (3) à Rome, le 2o juillet, par une lettre au secrétaire du Concile. Msr Connolly écrivit de même, le i5 décembre, au Préfet de la Propagande et au Saint-Père lui-même (4). Mgr Mrak envoya son
(1) Acla., etc., IV b. ool. C. V., 997 a.
(2) Voir 3e vol., p. 357 sq., et plus bas, chap. VII.
(4) Ibid.,997b.
adhésion en janvier 1871, an pins tard (1). Mgr Domenec fit parvenir la sienne au cardinal Barnabe l'année suivante (2). Msr Mac Quaid a publiquement et solennellement attesté sa foi au plus tard / en 1870, lorsqu'il publia dans son diocèse le dogme de l'Infaillibilité (3).
La lettre de Msr Kenrick à Lord Acton mérite qu'on s'y arrête plus longuement. Xous savons qrel rôle important l'archevêque avait joué au Concile dans l'opposition (4). Il revint dans son diocèse le 3o décembre 1870. A la solennité grandiose et chrétienne, que son clergé et son peuple avaient préparée pour le recevoir, il développa d'abord les motifs qui ont dirigé sa conduite aussi longtemps que la question pouvait être librement discutée. Il termina en déclarant que, dès que le Concile eut parlé, il s'était soumis à sa décision avec une obéissance absolue (5). Il fit connaître ces faits, le i3 janvier 1871, par une lettre au cardinal Barnabe, ainsi conçue : Demum, redux snb finem anni elapsi in conveniu publico indicavi me adhaerere iis, quae in quarta sessione Concilii Vaticani lata sunt (6). Ce n'est que le 28 mars qu'un de ses évèques suffragants, qu'il ne nomme pas à Lord Acton, lui présenta une lettre écrite le i5 octobre 1870 par le cardinal de Angelis, et lui ordonnant de réprouver publiquement sa Concio habenda al non habita et d'exprimer en termes formels son adhésion aux décrets du Concile. Le jour même, il répondit à celui qui était alors cardinal-président, qu'il s'était déjà soumis à cette invitation, le 2 janvier, dans une assemblée publique (7).
(i) Ibid., 1732 b. %
(2) Ibid., Î000 d.
(4) Voir 2« vol., pp. 367 sq., 403 sq., et plus haut, p. 288 sqq.
(."i) Dos ôkumenische Konzil, Stimmkn aïs Maria-LaÂch, Neue Fo!ge,Heft 11 (1871), p. 77 et suiv. d'après \a Baltimore Kal/iglische Volkszeitung du 14 Janv. 1871. C. Y.. 997 a.
(6 Acta., etc., IV b. 546
(.7) Ibid.
LES EVEQUÈS AMERICAINS. Mer KENRtCK 265
Jusqu'ici, tout était correct. Cependant Lord Acton, qui avait appris la soumission de M8* Kenrick, lui avait écrit une lettre dans laquelle il lui exprime, paraît-il, une foule de questions et de remarques sur sa démarche. La réponse de l'archevêque datée du 29 mars 1871 se trouve dans Schulte, Histoire du Vieux Catholicisme (i)./« A mon retour d'Europe, y est il dit, j'ai reconnu que le silence m'était absolument impossible. Mon opposition au Concile avait été universellement remarquée, et Msr [Purcell], archevêque de Cincinnati, et moi-même, étions devenus l'objet des attaques de quelquesunes de nos feuilles catholiques. Un temps suffisant s'était aussi écoulé, pour que le monde catholique pût décider s'il fallait accepter ou non les décrets du Concile. La plus grande partie des évoques de la Minorité avait donné son assentiment. Parmi les noms publiés par un journal de Bruxelles, j'ai lu à ma grande surprise celui de MsrMaret. Quelques-uns résistent encore, mais en si petit nombre, qu'un plus long retard apporté à ma soumission pourrait faire soupçonner que je ne reconnais pas l'autorité de l'Eglise. Une telle intention ne m'est jamais venue à l'esprit. Je n'avais pu empêcher le Concile, ni ses entreprises, mais j'avais toujours déclaré que la reconnaissance par l'Eglise suppléerait à tout ce qui pourrait manquer. Je résolus donc de me soumettre à ce qui était inévitable, pour ne pas paraître, du moins aux yeux de la plupart des catholiques, me séparer de l'Eglise. »
Mgr Kenrick communique à Acton un exemplaire du texte exact du discours qu'il a tenu à la solennité de sa réception. Il espère qu'Acton verra lui-même que la raison fondamentale de sa soumission est « uniquement et simplement l'autorité de l'Eglise, d'où l'on pouvait bien reconnaître qu'il ne s'agis-
(I) P. 267 sqq. En corrigeant, Schulte a laissé plusieurs fautes, qui changent le sens, par exemple, «seams» au lieu de «seoms ». ou bien «scemed , ccdccturc » ,?!), au lieu de « déclare ». Voir plus haut, p. 2J*1 .
sait que d'un acte d'obéissance, et que sa soumission ne I venait point du rejet des motifs » pour lesquels il s'était i opposé aux décrets et auxquels il avait fait allusion dans son discours. Il lui parle ensuite de la lettre reçue la veille du cardinal de Angelis.
« Le cardinal m'y annonce que ma Concio a été transmise à l'organe officiel de l'autorité papale à Rome, et condamnée | unanimement comme contenant des erreurs grossières, mais que, par égard pour ma personne, elle n'avait pas été mise sur la liste des livres condamnés. / L'auteur de la lettre m'avertit d'en prévenir la condamnation publique, en acceptant, en termes formels, les décrets du Concile. Dans ma réponse, je n'ai rien dit de la rétractation de la Concio, mais uniquement que j'avais fait connaître, il y a deux mois, au cardinal préfet de la Propagande, le fait de ma soumission. Cependant, j'ai quelque raison de croire que ma réponse ne sera pas suffisante, puisque le Pape a dit au recteur du collège américain, en lui annonçant ma soumission : « Il lui » faut encore retirer les brochures qu'il a fait imprimer à » Naples.» C'est ce que je ne ferai pas, quoi qu'il en arrive. »
Ces expressions de Mgr Kenrick trahissent, il faut le reconnaître, beaucoup de mauvaise humeur contre le Concile, et même une certaine aberration de son jugement théologique. Mais Rome avait, des le début, tenu compte de ces faiblesses, en ne réclamant officiellement (pie l'acceptation des décrets du Concile, ce qui impliquait la rétractation de tout ce qu'on aurait pu dire ou écrire qui leur fût opposé. De fait, les brochures de Msr Kenrick ne furent pas mises à l'index. L'erreur d'après laquelle le décret du Concile a été, par suite de son acceptation, corrigé par l'Eglise, est commune àM81 Kenrick et à Mfe'r Haynald. Nous en avons déjà suffisamment parlé (i).
Vers la fin de sa lettre à Lord Aeton, M>'r Kenrick cherche
( I ) Voir plus haut, p . o"8 sqq.
Mfff KENRICK 267
du reste à corriger lui-même une erreur qu'il avait exprimée autrefois. « Mon affirmation, écrit-il, à laquelle s'en rapporte Votre Seigneurie, que l'Infaillibilité du Pape ne peut pas même être élevée en article de foi par une décision d'un Concile, peut se décomposer en deux assertions différentes : que ce qui n'était pas déjà un article de foi, ne peut pas le devenir par une définition de Concile, — et que l'Infaillibilité pontificale, avant la définition, n'était pas une doctrine de foi. La première de ces assertions n'est pas à nier, mais il faut visiblement renoncer à la seconde. Ma preuve de la seconde assertion était incomplète, parce qu'elle n'avait été composée que pour les pays de langue anglaise. Et même pour ces pays elle paraît insuffisante. Car les principes, qui sont dans ces contrées reconnus par / l'autorité ecclésiastique et généralement très estimés des fidèles, prouvent le contraire. Le pouvoir absolu du Pape, par rapport à la doctrine de l'Eglise, est universellement reconnu comme règle de foi, et rien n'a été matériellement changé à ce principe par l'assentiment silencieux de l'Église, que les théologiens, même gallicans, regardent comme suffisant pour donner aux décisions du Pape tous les droits d'une définition conciliaire. »
Cette petite leçon prête encore le flanc à des objections; elle montre, cependant, que son auteur ne reconnaît plus l'Infaillibilité pontificale par pure obéissance, mais s'efforce encore de la faire accepter des autres à l'aide de preuves théologiques.
Il faut, enfin, nommer les quelques prélats orientaux qui, par aversion contre l'Infaillibilité pontificale, n'ont pas assisté à la quatrième séance solennelle. Trois d'entre eux ont donné leur adhésion, à Rome, en août ou septembre : NN. SS. Edouard Hurmuz (i), Bar Tatar (2), et Mellus (3).
(2) Ibid., 997 b.
(3) Ibid., 1001 b.
Les patriarches d'Antioclie et de Babylone,NN. S S. Grégoire Jussef et Joseph Audu, hésitèrent plus longtemps. Lorsqu'en 1871 (1) et 1872 (2) ils firent connaître leur adhésion, ils ne mancxuèrent pas d'affirmer, une fois encore, les droits et les privilèges des patriarches orientaux. Nous citons, à titre d'exemple, ce passage caractéristique de la lettre du patriarche Jussef d'Antioche :
« Je n'hésite pas, dit-il, à exprimer mon adhésion illimitée et mon assentiment complet aux doctrines que l'Eglise catholique, dans tous ses conciles, y compris le concile du Vatican et la quatrième seau ce de ce dernier, nous propose de croire. Je crois tous les dogmes que cette Eglise a définis, y compris celui de l'autorité infaillible dans la doctrine du Chef visible de l'Eglise de Jésus-Christ... Quant à la discipline de l'Eglise, Votre Eminence me le permettra, je suis obligé en conscience, en vue de la prospérité présente et future de l'Eglise / et surtout de celle du rite grec, de vous déclarer que je fais la réserve que le concile œcuménique de Florence avait solennellement exprimée par cette formule : Salvis omnibus juribus et prioilegiis Patriarcharuin. »
Le cardinal Barnabo lui répondit, le i5 juillet 1871, que, puisque le Pape avait l'autorité immédiate et suprême sur toute l'Eglise, il l'avait aussi sur l'Eglise orientale; que naturellement cette autorité serait toujours exercée en tenant compte des circonstances particulières.
Xous avons donc montré comment tous les évêques de la Minorité se sont soumis aux décrets de la quatrième séance publique. Plusieurs l'ont fait d'une manière qui devait leur procurer le plus grand honneur, édifier les fidèles et les affermir dans la foi; sous un certain rapport, les évêques
(1) Lettre de Ms1' Jussef au cardinal Barnabô, Le Caire, 8 février. A cl a., etc. , IV b. 531. C. P., 996 a.
(2j Lettre de M?' Audu à Pie IX, Mossoul, 29 Juli. Ibid-, I Vb. o32. C. V., 996 b.