‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 31 sur 140 · LA NATURE DE L INSPIRATION · texte numérisé non relu

LA NATURE DE L INSPIRATION

que, pour des raisous qu'elle énonce, certaines choses ont besoin d'être amendées et restent à l'étude » (i). //

Le troisième paragraphe traite ensuite de l'inspiration. Il déclare d'abord en quoi elle ne consiste pas. Ce n'est pas une simple approbation de l'Eglise donnée à des livres écrits de main d'homme, ni non plus une inerrance de fait touchant les vérités révélées. Mgr Gasser (2), dans son rapport, fait remarquer que l'opinion de Lessius et d'autres professeurs de Louvain n'est pas condamnée par là. Si Lessius a affirmé qu'un livre écrit de main d'homme pouvait, par une approbation subséquente, prendre rang parmi les livres inspirés, il n'a pas dit que telle avait été l'origine d'un de nos livres inspirés ; il a parlé seulement de la possibilité d'une telle origine pour un livre quelconque, qui aurait alors l'autorité de nos livres saints. A cela il ajoutait encore deux conditions : la première, que ce livre ait été écrit sous la motion divine ; la seconde, qu'il ait obtenu l'approbation de Dieu même. S'il a dit que telle était peut-être l'origine du second livre des Machabées, c'est une inadvertance qu'il a rétractée plus tard, déclarant qu'il n'avait pas donné cette opinion comme sienne, mais qu'il s'était exprimé dans l'hypothèse des adversaires, pour qui le second livre des Machabées n'est pas inspiré, mais simplement écrit par des hommes. Lessius y avait été amené par la doctrine des protestants d'alors qui, étendant l'inspiration non seulement aux idées, mais encore aux mots et aux moindres détails du texte, niaient l'inspiration du second livre des Machabées. parce que l'auteur dit dans l'introduction qu'il a composé cet écrit d'après le grand ouvrage de 'Jason .

Le schéma expose ainsi la doctrine positive touchant la sainteté et la canonicité des saints livres : Ils sont saints

(1) Acta, etc., p. 322. — C. F. 141 cl.

(2) Ibid.,p. 320 sq. — C. V. 140 a. sqq,

et canoniques parce que, « écrits sous la motion du Saint- Esprit, ils ont Dieu pour auteur et ont été transmis comme tels à l'Eglise par les Apôtres ».

MKr Khayatt (i), archevêque chaldéen, fut choqué de ces paroles : « par les Apôtres ». « Il n'est pas certain, dit-il, et il est encore moins de foi, que tous les livres de la Sainte- Kcriture viennent des Apôtres et aient été transmis par eux. Lequel d'entre eux nous a transmis les livres des Machabées? Lequel, les Actes des Apôtres? Lequel, l'évangile de saint Lue? Est-ce saint Luc? Est-ce saint Marc? Mais alors ce ne sont pas des Apôtres. »

Sans doute, répondit MRr Gasser dans son rapport, nous n'avons pas de témoignage historique direct prouvant que les Apôtres ont transmis les Saints Livres à l'Eglise. Mais c'est une profession de foi manifeste que ces livres sont inspirés; cette vérité est donc contenue dans le « depositum fulci » et, dès lors, nous devons la rapporter au Christ et aux Apôtres. Cependant, la Députation de la foi consent à supprimer les mots « par les Apôtres », pour élargir un peu le sens de l'expression ; ce fut aussi l'avis unanime de la congrégation générale (2).

Le quatrième et dernier paragraphe du second chapitre renouvelle le décret du concile de Trente sur l'interprétation de la Sainte-Ecriture. Mais, tandis que le concile de Trente avait dit : « Il n'est permis à personne d'interpréter la Sainte-Ecriture, en matière de foi ou de morale, contre le senstenu par l'Eglise ou par l'unanimité desPères »(3), le schéma

i) Acta, etc., p. 168. — Ernend. 32. — C. V. 1:':? d.

(2) Acla, e'.c, p. 323. - C. V. 142 h. sq.

(3) Ne iptis, in rébus fidei el morum ad ae Vfita lionem dostrinas chrislianae pertinent uni, mcramScripturam adsuos sensus contorqueni, contra eu m sensu m, <iuein tenait el tene! suncta Mater Ecclesia, eu jus estjudicare de vero sensu et inlerpretatione Scripturarum sacrarum,aut eliam con'ra unanimem consensum Palrum, ipy.am Scripturam sacrant interpretari aiideal.

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