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CHAPITRE VI

Réunion des évêques à Fulda en septembre 186g. Leurs deux lettres au Pape et aux fidèles.

En ces temps troublés, une réunion des évêques au tombeau de Saint-Boniface fut proposée pour le commencement de septembre. Elle n'était pas décidée précisément à cause du prochain concile ; mais naturellement les prélats assemblés devaient se préoccuper avant tout du synode et des désordres qu'il occasionnait.

Le nonce de Munich écrivait alors au cardinal secrétaire d'Etat : Bien que chaque évèque en particulier ait déjà parlé du concile à ses ouailles, il serait avantageux que les prélats réunis donnassent en commun quelque enseignement sur la nature et la signification de la grande assemblée œcuménique. Il faudrait attirer leur attention // sur ce point et adresser quelques lignes à ce sujet au président de la réunion, l'archevêque de Cologne. Si le Saint-Père manifestait un désir, assurément les évêques s'empresseraient de le satisfaire (i). Peut-être le Nonce attendait-il une lettre de la curie à l'archevêque de Cologne, ou bien le plein pouvoir pour luimême de se faire auprès du président delà réunion l'interprète des vœux du pape. Mais le cardinal Antonelli répondit seule-

(1) Dépêche du 16 août 1869. Cecconi, lue. cit. Sez. III, p. 533 et suiv. (Tracl. Iranç., t. II, p. 457.)

ment en quelques mots : il approuvait l'idée et permettait de la mettre à exécution. Si le nonce risque une démarche, il doit savoir sans qu'il soit nécessaire de le lui faire remarquer quelle prudence, quelle réserve il faudra y apporter (i). M-1 Meglia se contenta de signaler de vive voix à l'archevêque de Munich l'opportunité, la nécessité même d'instructions pastorales communes , en face de l'hostilité anticonciliaire, pour répandre dans le public des explications indispensables sur le futur synode et défendre les fidèles contre les effets des mauvais écrits. L'archevêque entra tout à fait dans l'idée du nonce, il promit d'employer toute son influence pour engager ses collègues à cet acte commun (2).

Le Ier septembre, l'assemblée s'ouvrit par la messe pontificale à la cathédrale de Fulda. Etaient présents : les archevêques de Cologne et de Munich, le prince-évêque de Breslau, les évèques de Wùrtzbourg, Fulda, Mayence, Hildesheim, Paderborn., Augsbourg, Osnabriick, Eiehstatt, Trêves, les vicaires apostoliques de Saxe et de Luxembourg, l'administrateur de l'archidiocèse de Fribourg, l'évêque élu de Rottenbourg, le professeur Charles-Joseph de Héfélé, et comme représentants des évèques de Spire, Passau et Kulm, les chanoines Molitor et Siegler et le prévôt et vicaire général Hasse. Dans l'après-midi de la première journée arriva l'évêque de Ermland. Ainsi seize évèques, un évêque élu et trois délégués épiscopaux prirent part aux conférences.

A la première séance, dans la matinée du Ier septembre, l'archevêque de Cologne, élu président par acclamations /. salua l'assemblée, en indiqua la haute importance à la veille d'un concile général, exprima ses regrets de ce que l'épis-

(1) Dépêche du 20 août 1869. Cecconi, loc. cit., p. 534. (Trad. tranç. t. II p. 457.)

(2) Dépêche au Cardinal-Secrétaire d'Etat du 31 août 18(39. Cecconi, loc. cit.., p. 535 et suiv. (Trad. franc, t. II, p. 458.)

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