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CHAPITRE XIII

La convocation du concile général et les Protestants.

Les protestants auraient dû oublier les quinze premiers siècles de l'Eglise chrétienne, où l'histoire des conciles occupe une place si importante, pour rester indifférents // à l'annonce qu'un concile œcuménique était convoqué. Leur abstention était d'autant moins possible que le pape s'adressait expressément à eux.

Xous avons déjà mentionné (i) dans le premier livre les lettres apostoliques du i3 septembre 1868 adressées par Pie IX ad omnes protestantes aliosque acatholicos (2). Il leur annonce qu'il a convoqué les évêques de toute l'Eglise à un concile œcuménique pour délibérer avec eux sur les moyens de s'opposer efficacement aux erreurs si nombreuses et si répandues au grand préjudice des âmes, de fortifier le règne de la vraie foi, de la justice et de la véritable paix de Dieu. A l'occasion de ce concile, il se sent pressé par l'amour de notre divin Sauveur, qui mourut pour le salut de tous les hommes; il s'adresse donc en termes apostoliques et paternels aux chrétiens séparés de l'Eglise catholique, il les exhorte et leur demande avec instance de se poser la question de savoir s'ils suivent véritablement la voie montrée par le

(2)C. V. 8d. sqq.

Christ, celle qui conduit au salut éternel. Le Christ, en effet, désireux d'assurer à toutes les générations humaines le fruit de sa rédemption a bâti sur Pierre son Eglise — et il n'en a bâti qu'une seule ; — à cette Eglise il a donné la puissance nécessaire pour conserver sans dommage le dépôt de la révélation, procurer la foi à tous les peuples, les incorporer tous par le baptême à son corps mystique, conserver et fortifier en eux la vie de la grâce, sans laquelle nul ne peut entrer dans la vie éternelle. Or, il n'est pas difficile de voir qu'aucune des sociétés religieuses séparées de l'Eglise catholique, que même toutes ces sociétés réunies ne sauraient former l'unique Eglise universelle instituée par le Christ, ou seulement l'une de ses parties. Ces sociétés, en effet, ne possèdent pas l'autorité vivante et établie par Dieu, qui distribue aux membres l'enseignement de la foi et de la morale et les dirige en tout ce qui concerne la vie éternelle. Ces sociétés, dit le pape, ont elles-mêmes modifié sans cesse leur doctrine, et leur instabilité est perpétuelle; la vérité, au contraire, dans l'Eglise du Christ, ne peut changer, et afin de pouvoir être gardée dans toute sa pureté, l'assistance du Saint-Esprit est promise à l'Eglise pour tous les siècles. La diversité des doctrines et des idées a engendré des convulsions sociales ; // de là sont nées de nombreuses associations et sectes qui chaque jour se sont étendues davantage au plus grand détriment de la société religieuse et civile.

Le pape exhorte donc les non-catholiques à profiter de l'occasion du concile pour abandonner une situation où ils ne peuvent être certains du salut de leur âme. « Qu'ils ne cessent d'offrir au Dieu de miséricorde les plus ferventes prières, pour qu'il renverse le mur qui nous sépare, chasse les ténèbres de l'erreur, et les ramène dans le sein de la Sainte Mère Eglise, où leurs ancêtres trouvèrent les pâturages salutaires de la vie, chez qui seule a été conservée et transmise dans son intégrité la doctrine de Jésus-Christ,

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