LA REDACTION PREALABLE DES DECRETS
manière de faire, en usage de nos jours dans tout»' société civile et ecclésiastique, ne portera jamais aucune atteinte à la dignité d'un supérieur ».
Puis il t'ait remarquer les avantages d'une rédaction préalable des décrets : t< De cette façon, dit-il, pourront aboutir des décrets qui s'harmoniseront parfaitement ensemble et qu'on aura bien et mûrement considérés dans chacune de leurs parties. Ainsi les travaux pourront être terminés pins vite; / au contraire à Trente, on perdit un temps considérable, et beaucoup de séances de la congrégation générale ne purent aboutir à une solution décisive parce que les projets n'étaient point revêtus de la forme soigneusement élaborée des décrets (i) ».
Dans cette séance du 22 mai, la Commission centrale ne parvint point a se mettre d'accord pour décider quelle forme on donnerait aux questions qui seraient soumises à la délibération du concile. Aussi, le président proposat-il d'adresser au pape la demande de daigner faire tenir séance devant lui; il apprendrait ainsi à mieux connaître les différentes opinions en présence et leurs motifs ; ensuite, il trancherait lui-même la question. Ce projet obtint l'assentiment universel.
Il semble pourtant que la séance devant le pape n'eut pas lieu: du moins, ne trouvons-nous rien là-dessus dans les Actes. Vraisemblablement, le pape, modifiant sa première manière de voir, adopta celle de la Commission centrale. Voici la résolution que nous lisons dans sa séance du 25 novembre : « Afin de faire comprendre de la manière la plus claire, aux Pères du concile, que les travaux préparés au sein des commissions sont, en réalité, dépourvus de toute approbation pontificale et peuvent par suite, être librement débattus, il faudra présenter ces projets avec la déclaration
(1) C. V. 1098 a. sci q .
suivante : Schéma Constitutionis.. , quod Patribus examinandum proponitur. Et dans les lettres apostoliques Multiplices in ter, qui établissent le règlement du concile et qui, pour le fond, se trouvaient terminées des le mois d'août, le pape dit au sujet de la proposition des objets de délibérations : Volumus et mandamus ut schemata deeretorum et canonum ab iisdem viris (membris commissionum) expressa et redacta, quœ Nos huila Nostra approbatione muni ta, intégra intègre Patrum cognitioni reservavîmus, iisdem Patribus in Congregationem generalem collectis a(t examen et judicium subjiciantur (i).
La marche à suivre dans les délibérations conciliaires avait déjà été traitée par le consultent' Galeotti dans si m mémoire déjà plusieurs fois cité (2). Il y montre comment le Concile de Trente et, avec plus de détails encore, comment le cinquième Concile de Latran avaient délibéré sur les matières proposées. Son mémoire fut examiné dans la séance du 24 janvier 1869. Aucun de ces deux systèmes de travail ne convint aux cardinaux et l'on tint pour plus avantageux d'appliquer au concile la méthode des parlements modernes . Cependant, la discussion fut longue et finalement aucune décision ferme ne fut prise; mais on chargea le consulteur Hefelé de rédiger un rapport sur la question.
Voici la méthode proposée par le Dr Hefelé (3). Au début de la séance on lira, pour le discuter, le décret sorti de la commission ; s'il est trop long ou s'il peut être suppose connu des Pères à l'aide des exemplaires qui leur auront été distribués, un membre de la commission dans laquelle fut rédigé le schéma commence' par le recommander à l'attention de la congrégation et, s,;l y a lieu, par lui en exposer
(i) Ibid. 22 b.
(3) C. V. 1098c. sqq.
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