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TRAVAUX DES COMMISSIONS PREPARATOIRES 51 S

décrets eu bonne et due forme, sans perdre de vue l'uniformité de style qu'ils devaient réaliser dans la mesure du possible.

Le domaine dévolu à l'activité de la Commission politicoecclésiastique était celui des rapports entre l'Eglise et la société civile. Elle eut pour tâche de préciser la situation de l'Eglise vis-avis de l'Etat au point de vue de son rôle doctrinal, sacerdotal et pastoral. A ce titre relèveront de son examen : // la liberté de publier les décrets dogmatiques émanant du Pape et des évéques et la liberté de la prédication ; la situation de l'enseignement primaire, secondaire et supérieur, l'action exercée par le clergé dans les écoles officielles, ainsi que l'enseignement et l'éducation des clercs. Viennent ensuite comme objets d'étude : la liberté du culte au dedans comme au dehors des églises, l'observation des fêtes, l'administration des sacrements et les soins spirituels donnés aux soldats et aux prisonniers, la participation des catholiques aux offices religieux des dissidents, l'admission des non-catholiques au sein de l'Eglise, les funérailles et les cimetières. Enfin, dix-neuf autres points qui ont l'apport au gouvernement ecclésiastique, comme la part des gouvernements temporels à la nomination des sièges épiscopaux, le droit de patronage, l'administration des biens d'Eglise, les concordats, etc. (i).

La Commission pour la discipline ecclésiastique fut chargée de grouper exactement et dans l'ordre voulu, les prescriptions du Concile de Trente relatives aux divers points delà discipline ecclésiastique dont chaque consulteur aurait à s'occuper; même travail pour les décisions pontificales et les décrets des congrégations romaines rendus sur les mêmes points depuis le concile. Elle dut, de plus, rechercher les usages et pratiques qui se sont introduits

(1) C. V. 1103 d. sqq.; 1105 b. sqq.

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dans les Eglises des différents Etats, les décrire, en examiner la valeur et voir quelles sont celles de ces coutumes que le concile général devrait prendre en considération dans tel ou tel décret éventuel; à cette occasion, ne pas perdre de vue les décrets rendus par les différents conciles provinciaux. La Commission eut, enfin, à examiner les réponses données par les évoques aux lettres de la Sacrée Congrégation du Concile des 20 avril i865 et 6 juin 1867 (1). Ce sont là les fondements des décrets décisifs que le concile aura à formuler (2).

Dans une préface aux actes de la Commission pour les affaires des Réguliers, il est dit que depuis octobre 1867 les supérieurs généraux des Ordres religieux ont été invités à faire des rapports sur l'état de leurs Ordres et à présenter des propositions sur leurs besoins et les moyens d'y donner satisfaction. / La majeure partie des supérieurs généraux avait répondu à cette invitation lors de la première séance de la commission (23 avril 1868), et leurs réponses, à peu d'exceptions près, furent jugées propres à servir de base aux travaux des consulteurs. Le cardinal Bizzari, président, distribua à ceux-ci différents sujets; ils devaient les développer, les éclairer à la lumière du droit actuel et indiquer les modifications qu'ils jugeraient désirables. Le cardinal joignit aux rapports des supérieurs généraux les observations présentées en 1847 et 1848 par quelques évèques et plusieurs chefs d'Ordres à la Congrégation supra statum regularium, celles-ci pouvant servir aussi à la réforme des Ordres religieux. Il parut également opportun d'y ajouter certaines observations portant sur les Ordres de femmes et sur les instituts à vœux simples.

Au début de la première séance de la Commission pour les affaires de l'Eglise d'Orient, le 21 septembre 1867, le cardinal

(1) Voir plus haut pag. 53.

(2) C. V. 1103 b. sq.

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Barnabe, président, fit observer que les schisinatiques d'Orient considérant leur Eglise comme la véritable Eglise du Christ et se donnant le nom d'orthodoxes, il faudrait, dans les délibérations, éviter tout ee qui pourrait blesser leur susceptibilité. — Les matières relatives à la Foi. dit-il. reviennent à la commission dogmatico-théologique; mais étant donne (pie quelques erreurs en matière de foi sont particulières à l'Orient, on ne peut pourtant éviter toutes les questions de dogme. 11 est du devoir de la commission de signaler ces erreurs et d'exposer leur histoire autant que possible : tout examen et tout jugement étant réservés à la commission dogmatique.

Quant aux questions de discipline, les Orientaux manquent de législation ; c'est ce qui les rend si dépendants d'usages traditionnels, arbitrairement modifiés d'ailleurs par les patriarches et aussi par les évoques. On pourrait leur appliquer la discipline de l'Occident, sauf pourtant en ce qui regarde la liturgie et quelques autres points qui n'ont pas matière en Orient, comme les bénéfices ecclésiastiques et les chapitres. On serait d'autant plus fondé à le faire que tes conciles généraux d'Orient ont aussi rendu pour toute l'Eglise, y compris l'Occident, leurs décrets sur le dogme et la morale, n'exceptant que les rites. Après la séparation qui se lit sous Photius, les conciles tenus en Occident ne se seraient plus occupés que de l'Eglise latine, // et c'est ainsi que la divergence entre les deux Eglises, dans le domaine du dogme et de la discipline, s'est accentuée toujours davantage.

( )n décida d'examiner sur quels points le Concile de Trente devait être appliqué à l'Eglise d'Orient. M-' Simeoni entreprit de réunir ces points dans divers chapitres, de façon que dans la séance suivante chacun des consulteurs pût choisir les chapitres qu'il désirait traiter spécialement. Il fallait pour chacun d'eux examiner attentivement si les

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matières qu'il renfermait pourraient être appliquées à l'Eglise orientale et dans quelle mesure; ensuite le consul leur avait à rédiger un votum qui serait imprimé et distribue aux autres eonsulteurs pour être examiné par eux, puis discuté dans les séances.

Dans le plan primitif, les commissions préparatoires dépendaient de la Commission centrale et lui étaient adjointes à titre d'auxiliaires. Cependant elles travaillèrent chacune pour leur compte dans le domaine qui leur était assigne; elles étaient, bien entendu, présidées par des cardinaux, qui tous, étaient membres de la Commission centrale. Le 8 août 1S69 seulement, dans la séance de cette dernière commission, le cardinal Patrizi, son président, rappela que les commissions auxiliaires dépendaient de la générale, et qu'il fallait donc soumettre leurs travaux à l'examen de celle-ci. Les cardinaux préfets des commissions particulières firent connaître que beaucoup de schémas étaient complètement préparés et pouvaient être immédiatement examines. Dans la séance du 22 août, on examina le décret élaboré par la Commission dogmatique et les canons de summo Pontifice; depuis cette époque; presque toutes les séances de la Commission centrale furent partiellement consacrées à l'examen des travaux des commissions spéciales. Dans cette revision, on ne pouvait évidemment pas, vu l'abondance des schémas, songer à une refonte complète; toutefois, on y introduisit plus d'une modification utile. La Commission dogmatique, en particulier, recueillit de grands éloges pour ses travaux.

Avant le concile, on présenta au pape un aperçu d'ensemble des travaux de toutes les commissions (1). Nous prendrons plus tard une plus ample connaissance des schémas qui furent portés devant le concile. Afin que le lecteur puisse se faire une idée d'ensemble des travaux des commissions, nous

(1) Procès-verbal du 28 novembre 1869.

CATALOGUE DES SCHEMAS PREPARES .il9

insérons ici le catalogue des matières élaborées sous forme de schémas, tels qu'ils furent distribués aux Pères du concile. //

INDEX SClIiai ATT M

quae a theologis et ecclesiâstici juris con.su Itîs praeparata

fuerunt (i).

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