CHAPITRE VIII
Dispositions prévues en eus de vacance <lu Suint -Siège
durant le concile.
Si Le siège pontifical venait à vaquer par la mort du pape, durant un concile, les complications les plus graves pourraient facilement se produire. D'une part, il y a grand danger que le concile même, dépourvu de son ehef, se tienne pour autorisé à continuel- la tache commencée; d'autre part, il pourrait facilement s'attribuer dans l'élection du nouveau pape une part qui ne lui revient pas. Il est donc nécessaire de parer avant le concile, par des mesures convenables, à de telles éventualités et aux dangers qu'elles feraient naître pour l'Eglise.
Dans la séance delà Commission centrale du 19 septembre 1869, le cardinal Patrizi, président, déclara qu'il avait eu avec le Saint-Père un entretien sur les mesures que les papes ont coutume de prendre pour éviter tous désordres au cas d'une vacance du siège pontifical durant le concile. Le Saint- Père avait exprimé sa volonté d'ordonner aussi de semblables dispositions pour le Concile du Vatican; son intention était de publier une bulle qui, en cas d'événements semblables, assurerait ses droits au Sacré-Collège, même pour les temps futurs.
Le pape ayant proposé à la Commission directrice de rédiger la bulle, les cardinaux acceptèrent à l'unanimité, et
prièrent le cardinal Capalti de l'aire le nécessaire tant pour l'étude de la matière en question que pour une première rédaction de la bulle.
Le i3 octobre, le cardinal Capalti donna lecture de sa rédaction dans la séance de la commission et les cardinaux y donnèrent leur approbation. Ils exprimèrent seulement le désir qu'au nombre des événements historiques relatés dans la bulle il fût fait mention du fait suivant : .Iules II, avant le cinquième Concile de Latran avait prévu les dispositions nécessaires pour le cas où il viendrait à mourir; or, cet événement s' étant réalisé, le concile a interrompu les sessions j usqu'à l'élection de Léon X. Dans la séance suivante de la Commission directrice, le 19 octobre, le cardinal Capalti lut les modifications introduites dans son travail, conformément à ce qui avait été dit, et alors la bulle fut approuvée de tous; le pape aussi l'agréa.
Cette bulle, commençant par les mots : (Juin Romanis Pontificibus (1), fut distribuée aux Pères du concile, le 10 décembre 1869 à la première congrégation générale (2).
Dans l'introduction, le pape montre les suites funestes que pourrait avoir pour la paix et l'unité de l'Eglise une irrégularité commise dans l'élection d'un pape et qui rendrait douteuse la validité du choix. C'est pour éviter ces irrégularités que beaucoup de papes remirent l'élection aux mains des seuls cardinaux. Maintenant que va s'ouvrir le concile convoqué par lui, le Saint-Père veut, suivant l'exemple de plusieurs de ses prédécesseurs, prévoirie cas où il serait rappelé de cette vie pendant le concile, et prendre des dispositions qu'il espère de nature à écarter le danger de schisme et de désunion. Pie IX déclare alors en termes solennels que, si Dieu met fin à son pèlerinage durant le concile, l'élection du nou-
(1) C. V. 46a sqq.
(2) Ibicl. 711c.