‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 198 sur 213 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

On ordonne des prières et des exercices de piété

comme préparation au Concile

et pour tout le temps (ju'il durera.

La Congrégation qui avait reçu le soin de préparer le concile, chargea, dès le mois de mai 1868, un de ses eonsulteurs, M*-'1 Tizzani, de rédiger un mémoire sur les prières à prescrire avant le concile et la profession de foi à faire par les évèques. Ce mémoire lut discuté par la Commission centrale le 21 juin 1868. Nous avons parlé plus haut (i)des délibérations relatives à la profession de foi ; il nous reste à parler ici de celles qui concernent les prières,

La Commission centrale distingua entre les prières à prescrire pour Rome et celles qui seraient imposées au reste de l'univers catholique.1

Pour l'Eglise entière, lagCommission centrale fut d'avis d'accorder avant le concile un jubilé qui serait publié pour la fête de l'Immaculée Conception ou plus tard, au gré du Saint-Père.JElle proposa, de plus, d'obliger tous les prêtres à réciter à la messe la Collecte De Spiritu Sancto, durant les trois mois qui précéderont le concile et, ensuite, pendant tout le temps de la célébration. Mais on laisserait aux évèques le soin d'ajouter d'autres prières ou exercices de piété;// ils

(1) Voir p. 507.

pourraient pour cela, si les circonstances le permettaient, prescrire dans leurs diocèses les prières ordonnées à Eome.

A Rome, outre les exercices de piété communs à toute l'Eglise, on pourrait faire une procession solennelle après Pâques de l'année 1869. La commission s'appuyait en cola sur l'exemple de Pie IV, qui, pour implorer l'assistance divine pour le Concile de Trente, se rendit avec tout le clergé en procession du Vatican à l'Eglise S. Maria Sopra Minerva; les ambassadeurs des puissances étrangères et Cosme de Médicis, alors présent à Rome, l'accompagnaient. On pourrait, de plus, ordonner que trois mois avant le concile, on récitât les Litanies des Saints dans toutes les églises patriarcales, collégiales et paroissiales, ainsi que dans celles des communautés religieuses. Immédiatement avant l'ouverture, pendant la neuvaine préparatoire à la fête de l'Immaculée Conception, on exposerait aux hommages des fidèles, avec l'agrément du Saint-Père, dans la basilique de Saint- Pierre, le saint Suaire et les reliques insignes; dans l'église de Saint-Jean de Latran, l'image très honorée du Sauveur, les chefs des saints Pierre et Paul; à Sainte- Marie-Majeure, la sainte Crèche et l'image de la Très Sainte Vierge; clans l'église de Sainte-Croix, les reliques qui y sont conservées. La Commission centrale conseille aussi d'ordonner un jeune de trois jours pendant la neuvaine.

Dans la séance de la Commission centrale du 14 février 1869, le cardinal Patrizi, président, fit connaître que le Saint-Père avait approuvé les décisions de la commission; il fallait à présent rédiger l'encyclique dans laquelle le pape promulguerait le jubilé, celui-ci devant commencer avant le concile, à une époque dont la désignation serait laissée à la discrétion des évèques.

Quant aux prières et aux exercices de piété qu'on prescrirait pour la durée même du concile, on n'en parla qu'en passant, le 14 février. Dans la séance du 7 mars, on proposa d'ordonner

LES PRIERES PENDANT LA DUREE 1)1 CONCILE ."..'j:;

aux évêques dans l'encyclique du jubilé, de prescrire aussi pour leurs diocèses, l'insertion à la messe de la collecte du Saint-Esprit.trois mois avant le concile et ensuite, jusqu'à sa clôture. Four les exercices de piété à accomplir durant le concile, on pria le cardinal Capalti de l'aire un projet. Lorsque le lendemain de la séance le secrétaire de la Commission centrale présenta an pape les décisions prises, Pie IX déclara qu'il voulait étendre à toute la durée du concile le jubilé qui devrait commencer trois mois avant,/ et qu'en sus des prières propres au jubilé il ne prescrirait point d'exercices de piété aux fidèles pour le temps du concile. Pour Home seulement il voulait après examen prescrire encore d'autres prières et exercices de pieté.

M-' Giannelli fit connaître ces désirs à la Commission centrale dans la séance du 14 mars. Le cardinal Patrizi lut alors un projet d'encyclique pour le jubilé qu'avait rédigé Mgr Pacifici, secrétaire des Brefs adresses aux princes, et que le Pape envoyait à la Commission entrale pourc le reviser. En outre des ordonnances relatives au jubilé, l'encyclique prescrivait de Célébrer tous les jeudis pendant le concile la messe du Saint-Esprit, à moins qu'il n'y ait une fête double pour l'empêcher. A cela la commission fit Observer que si toute fête double empêchait la célébration de la messe du Saint-Esprit, celle-ci ne pourrait être que rarement dite: il fallait en outre indiquer d'une manière plus précise par qui cette messe devrait être célébrée. On proposa au Saint-l'ère de prescrire que tous les jeudis où ne se célébrerait pas une tète double de première ou de seconde classe, on dirait la messe du Saint-Esprit, à Rome, dans toutes les Eglises patriarcales, basiliques et collégiales ; et on dirait cette même messe aux mêmes conditions par toute la chrétienté dans toutes les églises cathédrales et colle- Il) C. V. 10 c sqq.

aoG HISTOIRE DU CONCILE DU VATICAN

giales, ainsi que dans celles dos ordres religieux obligés à une messe conventuelle. Pie IX, dans une audience donnée le i5 mars au secrétaire de la Commission centrale, adopta le projet et chargea Mgr Pacifici de modifier en ce sens l'Encyclique.

L'encyclique dans laquelle1 était promulgué le jubilé (i) lut datée par Pie IX du n avril 1869, jour où le pape et avec lui le monde catholique tout entier célébra avec tant de solennité le cinquantième anniversaire de son sacerdoce. Le Saint-Père dit qu'il a convoqué un concile pour le 8 décembre. Il n'a jamais omis, en particulier durant ce temps de préparation au concile, de supplier humblement par les prières les plus ardentes le Père des lumières et des miséricordes de daigner dans sa très grande bonté faire descendre du ciel la sagesse qui l'assiste à son trône, afin qu'elle soit avec lui, qu'avec lui elle travaille, et qu'elle lui fasse connaître ce qui est agréable à Dieu (2). Dans le but cependant d'être plus promptement exaucé, Pie IX voulait exciter aussi le sentiment religieux et la piété de tous les fidèles,// afin qu'unis à lui dans la prière, ils implorent le secours de la main du Tout- Puissant et la lumière du Ciel, grâce auxquels il pourrait, dans le prochain concile, décréter tout ce que demanderaient le bien et l'utilité générale de tout le peuple chrétien, le plus grand honneur, la prospérité et la paix de l'Eglise catholique. Mais comme les prières des hommes sont plus agréables à Dieu quand ceux-ci vont à lui avec un cœur pur, Pie IX a résolu d'ouvrir aux fidèles les trésors célestes confies à son administration, afin qu'excités à une vraie pénitence et purifiés par la confession des souillures du péché, ils s'approchent avec une plus grande confiance du trône de Dieu et obtiennent de lui grâce et miséricorde.

Le pape annonce ensuite le jubilé qui, ouvert le 1" juin

(1) Elle commence par les mut? : Nemo verte ignorât... (X. du Tr.)

(2) Sag. IX, 4, 10.

Page 1