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CHAPITRE II Commencement des troubles <jui précédèrent le concile

L'allégresse causée par l'annonce du concile n'était pas, nous l'avons déjà remarqué, absolument générale. La nouvelle de la décision du pape provoqua, notamment en France et en Allemagne, un malaise, des appréhensions et des luttes violentes. Tontes les grandes entreprises suscitent des résistances. De celles (pie devait rencontrer le concile, les motifs ne sont que trop faciles à saisir.

L'opposition principale venait du gallicanisme, tant en France que hors de France; le concile était le tribunal qui devait le juger. Xée à la triste époque du schisme d'Occident, appuyée par le gouvernement français de toutes les ressources de la puissance temporelle, cette fausse doctrine avait été formulée sur les instances de Louis XIV par une assemblée du clergé à Taris (1682) dans la fameuse Declaratio cleri gallicani; on y avait affirmé, entre autres, cette proposition que l'autorité du pape est soumise à celle du concile général, qu'elle est encore limitée, pour ce qui concerne la France, par d'antiques privilèges; que les décisions doctrinales du siège de Rome ne sont pas irréf ormables et ne sont infaillibles que lorsqu'elles obtiennent l'assentiment de l'Eglise universelle. Cette doctrine, qui flattait l' amour-propre national, fut enseignée par ordre de l'Etal dans les établissements d'instruction en France; elle s'enracina profondément dans

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l'esprit <lu clergé et du peuple, et bien que le nombre de ses partisans fût au XIXP siècle notablement diminué, elle se maintint jusqu'à l'époque «lu concile du Vatican. Elle avait pour défenseurs et pour représentants non seulement des laïques, des hommes d'Etat, mais encore des prêtres et des évêques. Ils n'avaient rien de bon à espérer du prochain concile pour la doctrine à laquelle ils s'étaient dévoués: c'était évident et il était aisé de prévoir qu'ils devraient prendre à son endroit une attitude hostile.

Les idées gallicanes ne s'étaient pas renfermées dans les limites de la France. Transportées en Allemagne par Hontheim, élève du professeur gallican de Louvain van Espen, elles trouvèrent de zélés propagateurs surtout dans les gouvernements josephistes. Les brochures si nombreuses qui parurent en Allemagne contre le concile du Vatican sont toutes pleines de gallicanisme et témoignent de sa diffusion au delà du Rhin. L'auteur de la Geschichte des Vatikanischen Konzils, Jean Friedrich, se montre dans son ouvrage zélé partisan de cette doctrine. Pour lui, l'Eglise catholique est une secte qui s'est séparée de l'Eglise gallicane. Sans doute c'est après le concile du Vatican qu'il a écrit cet ouvrage. Mais ce n'est pas à l'époque de su séparation d'avec l'Eglise qu'il a passé tout d'un coup d'opinions diamétralement contraires, à ces erreurs monstrueuses. Les doctrines auxquelles il était déjà gagné l'ont conduit à son opposition au concile et de là à la séparation complète d'avec l'Eglise.

Il y avait encore, surtout en Allemagne, d'autres motifs qui faisaient pressentir des attaques contre le concile : d'abord une tendance rationaliste, hostile à la foi, qui envahissait tout le domaine de la science.

Xous ne parlons pas de L'engourdissement de la loi dont son liraient en bien des endroits les laïques élevés dans des établissements d'instruction impies et obligés ensuite de

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