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PIE ÉVÊQUE

SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU Pour en perpétuer le souvenir.

Dans l'excès de l’amour dont il nous a aimés, et pour délivrer, dans la plénitude des temps, tout le genre humain du joug du péché, de la captivité du démon et des ténèbres des erreurs, dont le poids, par la faute de son premier père, l'opprimait si misérablement et depuis si longtemps, le Fils unique du Père Éternel, descendant du Siège céleste sans sortir de la gloire du Père, et ayant pris, de l’immaculée et très^inte Vierge Marie, la nature mortelle, a révélé une doctrine et une règle de vie apportées du ciel ; il l’a rendue incontestable par des oeuvres merveilleuses sans nombre, et il s’est livré luimême pour nous, s’otfrant volontairement en victime d’agréable odeur à Dieu. Mais, la mort vaincue, avant de monter triomphant dans le ciel, à la droite du Père, il envoya ses Apôtres dans tout l’univers, prêcher l’Evangile à toute créature.

consessurus ad dexteram Patris conscenderetj, misit Apostolos in mundum iiniversum, ut prædicarent evangelium Omni creaturæ, eisque potestatem dédit regendi Ecclesiam suo sanguine acquisitam etconstitutam, quæ est columna et firmamenlum veritatis, ac cœlestibus dilata thesauris , tutnm salutis iter ac veræ doctrinæ lucem omnibus populis ostendit, et instar navis in altum sœculi hiijus ita, nata ut, pereunte mundo, omnes quos suscipit, servet illæsos *. Utautem ejusdem Ecclesiæ regimen recte semper, atque ex ordine procederet, et omnis christianus populus in una semper fide, doctrina, caritate, et communione persisteret, tum semetipsum perpetuo alfuturum usque ad consummationem sæculi promisit, tum etiam ex omnibus unum selegit Petrum, quem Apostolorura Principem, suumque hic in terris Vicarium, Ecclesiæque caput, fundamentum ac centrum constituit, ut cum ordinis et honoris gradu, tum præcipuæ plenissiniæque auctoritatis, potestatis, ac jurisdictionis amplitudine pasceret agnos et oves, confirmaret fratres, universamque regeret Ecclesiara, et esset cœli janüor, ac ligandorum solvendorumque arbiter, mansura etiam in cœlis judiciorum suorum definitione *. Et quoniam Ecclesiæ unitas et integritas, ejusque regimen ab eodem Christo institutum perpetuo stabile permanere debet, idcirco in Romanis Poutificibus Pétri successoribus, qui in bac eadem Romana Pétri Cathedra sunt collocati, ipsissima suprema Pétri

> s. Max. Serm. 89.

* S. Léo. Serm. 11.

et il leur donna le pouvoir de régir l’Eglise acquise par son sang et constituée par lui, laquelle est la coîmne et le soutien inébranlable de la vérité, laquelle, enrichie des trésors célestes, montre à tous les peuples le chemin assuré du salut et la lumière de la vraie doctrine, voguant comme un navire sur la haute mtr de ce siècle, afin de garder sains et saufs tous ceux qu’elle répit, pendant que le monde périt (saint Maxime), et pour que le gouvernement de cette même Eglise agisse toujours en toute rectitude et selon l’ordre, pour que tout le peuple chrétien persévérât toujours dans l’unité de la foi, de la doctrine, de la charité et d’une même communion, il a promis que luimême serait perpétuellement avec elle jusqu’à la consommation des siècles, et il a choisi entre tous le seul Pierre, le constituant prince des apôtres, son vicaire sur la terre, chef, fondement et centre de l’Église, afin que dans cette élévation de rang et d’honneur, et par la plénitude de l’autorité, de la puissance et de la juridiction souveraines, il pût paître les agneaux et les brebis, confirmer ses frères, gouverner toute l’Église, être le gardien des portes du ciel et l’arbitre de ce qui doit être lié ou délié, dont la sentence demeurera dans toute sa force même dans le ciel (saint Léon). Et ^rceque l’unité et l’intégrité de l’Eglise et son gouvernement institué par le Christ lui-même, doivent demeurer stables perpétuellement, le même pouvoir suprême de Pierre sur toute l’Eglise, sa juridiction, sa primauté, persévèrent et demeurent en vigueur absolument et dans toute leur plénitude dans la personne des pontifes romains, ses successeurs, placés après lui sur cette chaire romaine qui est sa chaire.

in omnem ' Ecclesiam potestas, jurisdictio, Primatus plenissitae persévérât, ac viget.

Itaque Romani pontifices omnem dominicum gregem pascendi potestate et cura ab ipso Christo Domino in persona Beat! Pétri divinitiis sibi commissa utentes, nuuquara intermiseruut omnes perferre labores, omnia suscipere consilia, ut a solis ortu usque ad occasum omnes populi, gentes, nationes evangelicam doctrinam agnoscerent, et in veritatis, ac justitiæ viis ambulantes vitam assequerentur æternam. Omnes autem noruut quibiis indefessis curis iidem Romani pontifices fidei depo3itum,Cleri disciplinam, ejiisque sanctam doctamque institutionem, ac matrimonii sanctitatem diguitatemque tutavi, et ebristianam utriusque sexus juventutis educationem quotidie magis promovere, et populorum religionem, pietatem, morumque honestatera fovere, ac justitiam defendere, et ipsius civilis societatis tranquillitati, ordini, prosperitati^rationibus consulere studuerint.

Neque omiserunt ipsi Pontifices , ubi opportunum existiraarunt, in gravissimis præsertim temporum perturbation ibus, ac sanctissiniæ nostræ religionis civilisque societatis calamitatibusgeneraliaconvocare Concilia, ut cum totius catholici urbis Episcopis, quos Spiritus Sanclus posuil regere Ecclesiam Dei, collatis cousiliis, conjunctisque viribus ea omnia provide, sapienterque constituèrent, quæ ad fidei potissimum dogmata definienda, ad grassantes errores profligandos, ad catholicam propugnandam, illustrandum et evolvendam doc-

BULLE DE CONVOCATION- Dy CONCILE.

C’est pourquoi, usunt avec sollicitude do la puissaqcc dft paître tout le troupeau du Seigneur dont, le Christ lui-mt^me leur a divinement conGé la charge dans la personne du bienheureux Pierre, les Pontifes romains n’ont jamais cessé de s’imposer les plus grands travaux; de prendre, toutes loe mesures possibles, pour quei du lever du soleil à> son cowihiantv les peuples, les races, les. nations, puissent tou$. conuajlre lni doctrine.évangélique, et marchant dans lesvoies.de la vérité, et de la justice, atteindre la vie éternelle. Tout le monde sait avec quel zèle et quels soins incessants les mômes Pontifes romains ont veillé à maintenir hors de toute atteinte le dépôt de la foi, la discipline du clei'gé, sa sainteté et la science dans l’enseignement qui lui est donné, la sainteté et la dignité du mariage ; à développer chaque jour de plus en plus l’éducation chrétienne de la jeunesse de l’un et de l’autre sexe, à accroître au sein des peuples, la religion, la piété, l’honnêteté des mœurs et à contribuer par tous les moyens à assurer la tranquillité, l’ordre et la prospérité de la société civile elle-même.

Lorsqu’ils l’ont jugé opportun et surtout dans les ternps de grandes perturbations, quand notre très-sainte religion et la société civile sont en proie aux calamités, les mômes Pontifes n’ont pas négligé de convoquer des Conciles généraux afin que, concertant leurs conseils et unissant leurs forces avec les JÎvêques de fout Tnnivers catholique, que le Sain(~Egyrit a élabli» pour régir VEglite.de Dieu, leur prévoyance et leur sagesse pût prendre.les moyens les, plus propres à procurer, principaleineat la définition, des dogmes de la foi, la destruction , dçs erreurs généralement répandues, la défense mise en lumière, le développement de la doctrine catholique, le maintien et le rétablis-

trinam, ad ecclesiasticaiii tuendaiu ac reparaiidam disciplinam, ad corruptos populorum mores corrigendos possent conducere.

Jam vero omnibus, compertum, exploratumque est qua horribili tempestate mine jactetur Ecclesia, et quibus quantisque malis civilis ipsa affligatur societas. Ëtenim ab.acerrimis Dei liominumque bostibns catho' lica Ecclesia, ejiisque salutaris doctrina, et veneranda potestas, ac suprema hujus apostolicæ Sedis auctoritas oppugnata, proculcata, et sacra omnia despecta, etecclesiastica boiia direpta, acSacrorum Ântistites, spectatis* simi viri divino ministerio addicti, hominesque catholicis sensibüs præstantes modis omnibus divexati, et religiosæ Familiæ extinctæ, et inipii omnis generis libri, ac pestiferæephemerides, et multiformes perniciosissimæ sectæ undique diffusæ, et miseræ juventutis institutio ubique fere a Clero amota, et quod pejus est, non paucis in locis iniquitatis et erroris magistris commissa. HUic cura summo Nostro, et bonorura omnium mœrore, et nunqnam satis deplorando animarum damno ubique adeo propagata est impietas, morumque corriiptio, et effrenata licentia, ac pravarum cujusque generis opinionum, omniumque vitiorum, et scelerum contagio, diviuanim humanarumque legum violatio, ut non solnrn sanctissima nostra religio, verum etiam humana societas miserandum in modum perturbetur, ac divexetur.

In tanta igitur calamitatum, quibus cor Nostrum obruitur, mole supremum Pastorale ministerium Nobis divinitus uommissum exigit, ut omnes nostras magis

sement de la discipline ecclésiastique et la correction âes mœurs chez les peuples qu’envahit la corruption.

Or, depuis longtemps tout le monde sait et constate quelle horrible tempête subit aujourd’hui l’Église et de quels maux immenses souffre la société civile elie-môrae. L’Eglise catholique et sa doctrine salutaire, sa puissance vénérable et la suprême autorité de ce Siège apostolique, sont attaquées et foulées aux pieds par des ennemis acharnés de Dieu et des hommes ; toutes les choses sacrées sont vouées au mépris, et les biens ecclésiastiques dilapidés; les Pontifes, les hommes les plus vénérables consacrés au divin ministère, les personnages les plus éminents par leurs sentiments catholiques sont tourmentés de toutes manières ; on anéantit les communautés religieuses ; des livres impies de toute espèce, des journaux pestilentiels sont répandus de toutes parts ; les sectes les plus pernicieuses se multiplient partout et sous toutes les formes, l’enseignement de la malheureuse jeunesse est presque partout retiré au clergé, et ce qui est encore pire, confié en beaucoup de lieux à des maîtres d’erreur et d’iniquité. Par suite de tous ces faits, pour notre désolation et la désolation de tous les gens de bien, pour la perte des âmes, qu’on ne pourra jamais assez pleurer, l’impiété, la corruption des mœurs, la licence sans frein, la contagion des opinions perverses de tout genre, de fous les vices et de tous les crimes, la violation des lois divines et humaines se sont partout propagées à ce point que, non-seulement notre très-sainte religion, mais encore notre société humaine sont misérablement dans le trouble et la confusion.

Dans un tel concours de calamités, dont le poids accable notre cœur, le suprême ministère pastoral, à Nous conOé divinement, nons impose le devoir de mettre en action de plus en

magisqueexeramus vires ad Ecclesiæ reparandas ruinas, ad imiversi Dominiei gregis snlutem curnndnm, ad exii tiales eorum impetus conntiisque reprimendos, qui ip- Siim Ecclesiam, si fieri uiiquara posset, et civilena societatem funditus evertere connitiiutur. Nos quidem, Deo auxiliante, vel ab ipso supreini Nostri PontifiçatuS:, exordio inmquani pro gravissimi Nostri oflScii debito destitimus pliiribiis Nostris Consistorialibiis Ailocutionibus, et Apostolicis Litteris Nostram attollere vocem, ac Dei, ejusdem sanctæ Ecclesiæ causani nobis a Christo Domino concreditam omni studio coiistanter defendere, atque liiijus ApostolicæSedis, et justitiæ, veritatisque jura propuguare, et inimicoriim liomimiin insidias detegere, errores, falsasqiie doctrinas damiiare, et inipietatis sectas proscribere, iic universi Dominiei gregis saluti advigilare et considéré.

Verum illustribus Prædecessorum Nostrornm vestlgiis inhæreiites, opportnnum propterea esse existimavimus, in Generale Concilium, qiiod jamdiu Nostris erat in votis, cogéré omnes Venerubiles Fratres totiiis catliolici orbis Sacronim Antistites, qui in sollicitudinis Nostræ parteni vocati sunt. Qui quidem Venerabiles Fratres singulariin catholicam Ecclesiam amore incensi, eximiaque erga Nos, et Apostolicam liane Sedem pie-' tate et observai! tia spectati, ac de auimarum sainte anxii, et sapientia, doctriua, eruditioiie præstantes, et iiiia Nobiscuin tristissiraam rei cum sacræ tnni publicæ conditionein maxime dolentes iiihil antiquius habent, quaiu sua Nobiscum commuuicare, e^ con,-

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plus toutes DOS forces pour réparer les ruines de l’Église, pour procurer le salut de tout le troupeau du Seigneur, pour arrêter les efforts, pour repousser la furie dévastatrice de ceux qui ramassent toutes leurs forces pour détruire jusque dans ses fondements l’Eglise elle-même, si jamais cela pouvait se faire, et la société civile. Pour Nous, par le secours de Dieu, à partir des premiers jours de Notre souverain pontificat, comme Nous y obligeait Notre charge si pesante. Nous n'avons jamais cessé, par Nos allocutions consistoriales et Nos Lettres apostoliques multipliées, d’élever Notre voix, de défendre constamment, de toutes Nos forces, la cause de Dieu et de sa sainte Eglise à Nous confiée par le Christ Notre-Seigneur, de combattre pour le maintien des droits de ce Siège apostolique, de la justice et de la vérité, de signaler les,piéges tendus par les hommes ennemis, de condamner les erreurs et les fausses doctrines, de proscrire les sectes de l’impiété, de veiller avec le plus grand soin et de pourvoir par toutes les mesures possibles au salut (le tout le troupeau du Seigneur.

Maintenant, suivant les traces glorieuses de Nos prédécesseurs, Nous avons jugé opportun, pour toutes les raisons que Nous venons d’exposer, de réunir en Concile général, comme nous le désirions depuis longtemps, tous Nos vénérables Frères les Evêques de tout l’univers catholique, qui ont été appelés à entrer en partage de Notre sollicitude. Enflammés d’un ardent ■ amour pour l’Eglise catholique, remplis pour ce Siège apostolique d’une piété et d’un dévouement connus de tous, pleins de sollicitude pour le salut des âmes, illustres par Leur sagesse. Leur doctrine et Leur science, et déplorant avec Nous le triste état de la religion et de la société civile, ces Vénérables Frères désirent par dessus tout délibérer et pouvoir se consulter avec Nous pour appliquer à tant de maux des remèdes efficaces.

ferre consilia, ac salutaria tôt calamitatibus adhibere remédia.

Iii Œcumenico enim hoc Concilio ea,omiiia accuratissime examine sunt perpendenda, ac statuenda, quæ hisce præsertira asperrimis teniporibus majorera Dei gloriam, et fidei integritatem, divinique ciiltus décorera, sempiternamque homimim salutem, et utriusque Cleri discipliiiara ejnsque sahitarem, solidamque culturam atque ecclesiasticarum legum observantiam morumque emetidutionem, et christianam juventutis institiitionem et comraunem omnium pacem et concordiara in primis respiciunt. Atque etiam intentissimo studio curandiim est ut Deo bene juvante, omnia ab Ecclesia, et civili societate amoveantur mala, ut miseri errantes ad rectum veritatis, justitiæ, salutisque tramitem reducantur, ut vitiis erroribusque eliminatis augusta nostra religio ejusque salutifera doctrina ubique terrarum reviviscat, et quotidie magis propagetnr, et dominetur ; atque ita pietas, honestas, probitas, justitia, caritas, omnesque christianæ virtutes cura maxima humanæ societatis utililate vigeant, et efflorescant. Nemo enim inficiari unquam poterit, catholicæ Ecclesiæ, ejusque doctrinæ vim non solum æternam hominum salutem spectare, venim etiam prodesse temporali populorum bono, eoruraque veræ prosperitati, ordini, ac tranquillitati, et humanarura quoque scientiarum progressai ac soliditati, veluti sacræ ac profanæ historiæ annales spleudidissimis factis clare aperteque ostendunt, et constanter evidenterque demonstrant. Et quoniam Christus Do-

Ce Concile œcuménique aura donc à examiner avec le plus grand soin et à déterminer ce qu’il convient le mieux de faire, en ces temps si difflciles et si durs, pour la plus grande gloire de Dieu, pour l’intégrité de la foi, pour la beauté du culte divin, pour le salut éternel des hommes, pour la discipline du clergé régulier et séculier et son instruction salutaire et solide, pour l’observance des lois ecclésiastiques, pour la réformation des mœurs, pour l’éducation chrétienne de la jeunesse, pour la paix commune et la concorde universelle. Il faudra aussi travailler de toutes nos forces, avec l’aide de Dieu, à éloigner tout mal de l’Eglise et de la société civile ; à ramener dans le droit sentier de la vérité, delà justice et du salut les malheureux qui se sont égarés ; à réprimer les vices et à repousser les erreurs, afin que notre auguste religion et sa doctrine salutaire acquièrent une vigueur nouvelle dans le monde entier, qu’elle se propage chaque jour de plus en plus, qu’elle reprenne l’empire, et qu’ainsi la piété, l’honnêteté, la justice, la charité et toutes les vertus chrétiennes se fortifient et fleurissent pour le plus grand bien de l’humanité. Car l’influence de l’Église catholique et de sa doctrine s’exerce non-seulement pour le salut éternel des hommes, mais encore, et personne ne pourra prouver le contraire, elle contribue au bien temporel des peuples, à leur véritable prospérité au maintien de l’ordre et de la tranquillité, au progrès même et à la solidité des sciences humaines, ainsi que les faits les plus éclatants de l’histoire sacrée et de l’histoire profane le montrent clairement et le prouvent constamment de la manière la plus évidente. Et comme Jésus- Christ Notre-Seigneur Nous réconforte. Nous ravive et Nous console par ces paroles : Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, là je suis avec eux, Nous ne pouvons pas douter qu’il ne veuille bien lui-même Nous assister dans ce concile par l’a-

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206 BUttE DE CONVOCATION DU CONCILE.

minus illis verbis Nos mirifice récréât, reficit et consolatur : « ubi sunt duo vel très congregati in uomine meo, ibi sum in medio eorum ' , » idcirco dubitare non possnmus, quin Ipse in hoc Concilio Nobis in abundantia divinæ suæ gratiæ præsto esse velit, quo ea omnia statuere possimns, quæ ad majorem Ecclesiæ suæ sanctæ utilitatem quovis.modo pertinent, Ferventissimis igitur ad Denm luminum Fatrem in humilitate cordis Nostri dies noctesque fusis precibus hoc Concilium omnino cogendum esse censuimus.

Quamobrem Dei ipsius omnipotentis Patris, et Filii, et Spiritus Sancti, ac beatorum ejus Apostolorum Pétri et Pauli auctoritate, qua Nos quoque in terris fungimur, freti et innixi, de Venerabilinm Fratrum nostrorum S. R. Ë. Cardinalium consilio et assensu, sacrum Œcuinenicum et Generale Concilium in bac aima Urbe Nostra Roma futnro anno millesimo octingentesimo sexagesimo n'ono, in Basilica Vaticana habendum, acdie octava raensisDecembris Immacnlatæ Deiparæ Virginis Mariæ Conceptioni sacra incipiendum, prosequendum, ac Domino adjuvante, ad ipsius gloriara, ad universi Christiani populi saluteni, absolvenduin et perticiendum, hisce Litteris indicimns, anmintiamns, convocaraus et statuimus. Ac proinde volumus, jubenms, omnesex omnibus locis tam Venerabiles Fratres, Patriarclias, Archiepiscopos, Episcopos quam Dilectos Filios Abbates, omnesque alios, quibus jure ant privilegio in Conciliis Generalibus residendi, et sententias in eis dicendi facta est potestos,

* Matth. c. 18, V. 20.

BüLLE DE CONVOCATrON DU CONCILE. 207

bondance de sa grâce divine, afin gne Nous puissions régler toutes choses de manière à procurer le plus grand bien de sa sainte Église. C’est pourquoi, après avoir répandu nuit et jour, dans l’humilité de notre cœur. Nos plus ferventes prières devant Dieu père des lumières, Nous avons pensé qu’il était nécessaire de réunir ce concile.

Nous fondant et Nous appuyant sur l’autorité de Dieu même. Père tout-puissant. Fils et Saint-Esprit, et des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, autorité que Nousaussi, nous exerçons sur la terre, de l’avis et avec l’assentiment de Nos Vénérables Frères les Cardinaux de la sainte Église romaine, nous indi- "quons par la présente Lettre, convoquons et décrétons qu’un Concile œcuménique et général 'devra se tenir, l’année prochaine 1869, dans Notre illustre Ville de Rome et dans la Basilique vaticane, qu’il s’ouvrira le 8 décembre, jour de la fête de rimmaculée-Conception de la Vierge Marie Mère de Dieu, pour être continué et terminé avec l’aide du Seigneur, à la gloire de' Dieu et pour le salut de tout le' peuple chrétien. En conséquence, Nous voulons et ordonnons que, de toutes leurs résidences, Nos Vénérables Frères les Patriarches, les Archevêques, les Évêques, ainsi que nos chers Fils les Abbés, et tous les autres appelé» par droit ou par privilège à siéger et à donner leur avis dan? les Conciles généraux, viennent à ce Concile œcuménique convoqué par Nous, les requérant, exhortant et avertissant d’être présents et d’assister au Concile, en vertu du serment, qu’ils Ont prêté à Nous'et à ce* Saint-Siège, et de la sainte obéissance, et'sous les peines portées par' le droit et la coutttme contre ceux qui ne se rendent pas an Concile ; Nous

hos Œcumeuiciim Conciliura a Nobis indictum venire debere, requirentes, hortautes, admoiientes, nihilominus eis vi jurisjurandi, quod Nobis, et huic Sanctæ Sedi præstiterunt, et sanctæ obedientiæ virtute, et sub pœnis jure aut consuetudine in celebrationibus Conciliorum adversus non accedendes ferri et propoui solitis, mandantes, arcteque præcipieutes, ut ipsimet, nisi forte justo detineantur impedimento, quod tameu per legitimos procuratores Synodo probare debebuut, Sacro huic Concilie omnino adesse, et interesse teneautur.

In eam autem spem eriginiur, fore, ut Deus, in cujus manu sunthominum corda Nostris votis propitius animens ineffabili sua misericordia et gratia efficiat, ut omnes suprerai omnium populorum Principes et Moderatores præsertim catliolici quotidie magis noscentes maxima bona in bumanam societatem ex catholica Ecclesla reduudare, ipsamque ürmissimum esse Imperiorum Regnorumque fundamentum, non solum minime impediant, quomimis Venerabiles Fratres sacrorum Autistites, aliique omnes supra commemorati ad hoc Concilium veniaut , verum etiam ipsis libeuter faveant , opemque ferant, et studiosissime, uti decet Catholicos Principes, iis cooperentur, quæ iu majorera Dei gloriam, ejusdemque Concilii bonum cedere queant.

Ut vero Nostræ Litteræ, et quæ in eis- coutinentur ad notitiam omiiiura quorum oportet, perveniant, neve quis illorum ignorautiæ excusationem prætendat, cum præsertim etiam non ad omnes eos quibus nominatim illæ essent intimandæ^ tutus forsitan pateat accessus,

leur ordonnons cl leur enjoignons rigoureusement de venir en personne, à moins qu’ils ne soient retenus par quelque juste empêchement, ce qu’ils auront d’ailleurs à prouver au Concile par de légitimes fondés de pouvoirs.

Nous avons l’espoir que Dieu, qui tient le cœur des hommes en sa main, écoutera favorablement nos vœux et fera, par son ineffable miséricorde et sa gr.ice, que, reconnaissant de mieux en mieux quels grands biens découlent en abondance de l’Église catholique sur la société humaine, et que cette Église est le plus solide fondement des empires et des royaumes, les souverains et les chefs de tous les peuples, particulièrement les Princes catholiques, non-seulement n’empêcheront pas Nos Vénérables Frères les Évêques et les autres personnes ci-dessus mentionnées, de venir au Concile, mais au contraire ss plairont à les favoriser, à les aider et à les assister dans leur coopération avec le plus grand zèle, comme il convient à des Princes catholiques, en tout ce qui peut contribuer à la plus grande gloire de Dieu et au bien de ce Concile.

Et afin que Notre présente Lettre et son contenu parvienne à la connaissance de tous ceux à qui il appartient, de sorte que personne ne puisse prétexter cause d’ignorance, en raison surtout de ce que les voies pourraient ne pas être sûres pour les faire parvenir à ceux à qui elles doivent être notifiées en personne, Nous voulons et ordonnons que ladite Lettre soit lue

Vflliimus, et mandamus ut in Fatriarchalibus BasilU cis Lateranensi, Vaticanii, et Liberiana, cnni ibi imiltitudo popuU ad audieiidani rem diviiiain coiigregari solita est, palam clara voce per Curiæ Nostræ cursores, aut aliquos publicos notariés legantur, lectæque in valvis dictaruni Ecclesiarum, itenique Cancellariæ Apostolicæ portis et Campi Floræ, solito loco, et in aliis consiietis locis affigantiir, ubi ad lectionem et notitiam cnnctorum uliquandiii expositæ pendeant ; Clinique inde amovebuntiir, earum nihilominus exempla in eisdem loeis remaneant affixa. Nos enini per hujiismodi lectionem, publicationem, affixionenique omnes, et quoscunique, quos [irædictæ Nostræ Litteræ copiprehendunt, post spatium dnonim mentium a dieLitterarum publicationis et affixionis ita voliiintis obligatos esse et adstrictos, iic si ipsismet illœ coram lectæ et intimatæ essent, transsumptis quidem earum quæ niapu publici notarii scripta aut suscripta, et sigillé personæ aliciijus Ecclesiasticæ in dignitate constitulæ munita fuerint, ut fides certa et indubitata liabeautiir, mandamus ac decernimus.

Nulli ergo omnino hominum liceat banc paginam Nostræ indictionis, annuntionis, convocationis, statuti, decreti, mandati, præcepti, et obsecrationis infringere, vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem hoc attentare præsumpserit, indignationem Omnipotentis Dei ac Beatorum Pétri et Pauli Apostolorum ejus se nove-' rit incnrsurnm.

Datum Romæ apud Sanctum Petrum Anuo Incarna-

publiquement et i\ haute voix, par les huissiers de Notre Cour, ou par quelques notaires publics, dans les basiliques patriarcales de Latran, du Vatican et Libérienne, où la multitude du peuple a coutume de se rassembler pour les offices divins, et, après cette lecture. Nous voulons qu’elle soit affichée aux portes des mômes églises, aux portes de la Chancellerie apostolique et dans le champ de Flore, à l’endroit ordinaire, ainsi que dans les autres lieux où cela est d’usage et où elle devra rester exposée pendant un certain temps, afin que tout le monde puisse la lire et en prendre connaissance ; lorsqu’on l’en retirera, on devra néanmoins en laisser quelques exemplaires affichés en ces divers endroits. En vertu de cette lecture, de cette publication et cet affichage. Nous voulons que tous, et chacun de ceux qui sont mentionnés dans Notre présente Lettre, soient, après un délai de deux mois, à partir de la publication et de l’affichage liés et obligés comme si elle leur avait été lue et notifiée à eux-mêmes en personne. Nous voulons et ordonnons également que toute copie de celle Lettre, écrite ou signée de la main d’un notaire public, et revêtue du sceau d’un ecclésiastique constitué en dignité, obtienne la même foi et ait la même valeur que la présente.

Qu’il ne soit donc permis à personne d’annuler celte page de Notre indiction, annonce, convocation, statut, décret, ordre, précepte et observation, ou d’avoir la téméraire audace de s’y opposer. Si quelqu’un ose l’essayer, qu’il encourra l’indignation de Dieu tout-puissant et des bienheureux Apôtres Pierre et Paul.

Donné à Rome, à Saint-Pierre, l’an 1868 de l’Incarnation

tionis Dominicæ Millessinio Octiiigenlesiuio Sexagesinio Oolavo, Tertio Kaleudas Julius.

Pontificatus Nostri Anno Vicesimo tertio.

i EGO Plus CATHOLICÆ ECCLESIÆ EPISCOPUS.

Loco f Signi.

(Seguono le firme degli Emi siguori Cardinuli présent! in Curia).

M. Gard. Mattéi, Pro-Datarius.

N. Caud. Pauacciani Clarelli.

Loco + Plumbi lï.?o de Curia D. Bruti

Reg. inSecretaria Brcvium. /. Cognionius.

de Notre-Seigneur, troisième jour des calendes de juillet,

Et de Notre Pontiflcat la vingt-troisième année.

f Moi pie,

Evêque de l’Eolisb catholique.

(Suivent les signatures des éminenlissimes Cardinaux présents à la Cour).

M. Card. Mattéi, Pro-Dataire.

N. Card. Paracciani Clarblli.

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POSTÜLATUM DES ÉVÊQUES

POUR LA DÉFINITION DE l’iNFAILLIBILITÉ.

SACRO CONCIIilO aîCUMENICO VATICANO.

/t Sacra Œcumenica Synodo Valicana infrascripti Patres humillime instanterque flmjitant, ut apcrtis, omnemque dubilandi locum excludentibus verbis sandre velit supremam, ideoque ab errore immunem esse Romani Ponti/icis auctoritatem , quum in rébus fidei et morum ea statuit ac prœcipit, quee ab omnibus christi/idelibus credenda et tenenda , qiiœve rejicieiida et damnanda sint.

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