AU SAINT CONCILE ŒCUMÉNIQUE
Pères soussignés demandent très-humblement et avec instance au saint Synode oecuménique du Vatican, qu’il veuille bien affirmer par un décret, en termes formels et qui excluent toute possibilité de douter, que l’autorité du Pontife romain est souveraine, et, par suite, exempte d’erreur, lorsqu’il prononce sur les choses de la foi et des mœurs, et qu’il enseigne ce qui doit être cru et tenu, ce qui doit être rejeté et condamné par tous les fidèles de J.-C.
RAISONS DE l’opportunité ET DE LA NÉCESSITÉ DE LA PROPOSITION.
La primauté de juridiction du Pontife romain successeur de l’ Apôtre saint Pierre sur toute i’Église de JésuS-Christ, et par conséquent la primauté du Souverain Magistère, est clairement enseignée dans les saintes Écritures.
216 POSTULATUM UES ÉVÊQUES
Universalis et constaiis Ecclesiæ traditio tuni factis tum sanctorum Patnim elFatis, Uiin plurimonim Coiiciliomin, etiani œcumeniconiin, et agendi et loquendi ratioiie docet, Romani Poiitificis indicia de fidei morumque doctriiia irreformabilia esse.
Consentientibiis Græcis et Latiiiis, in Concilio II Lugdunensi admissa professio fidei est, in qiia declaratnr : « Siiborti).s de fide controversias debere Romani Pontificis indicio definiri. » In Florentiiiii itidem œonmenica Synodo defînitnm e.st : « Romanum Pontificem esse verum Cliristi Vicurinm, totiusque Eccle.siæ capiit, et omnium cliristianorum patrem et doctorem ; et ipsi in beato Petro pascendi, vegendi ac giibernandi nniversalem Ecclesiarn a Domino nostro Jesu Christo plenam potestatem traditam es.se. » Ipsa qnoque sana ratio docet, neminem stare posse in fidei commnnione cum Ecclesia catholica, qui ejns capiti non coiisentiat, qnum ne cogitatione qnidem Ecclesiarn a suo capite sepai’are liceat.
Attamen fnerunt abpie adhucdnm snnt, qui, catlioliconim nomine gloriantes, coque etiam ad inlinionim in fide perniciem abntentes, docere præsnmant, eam sufiicere submissionem erga Romani Pontificis auctoritatem, qua ejns de lide raoribnsqne décréta obseqnioso, ut ainnt, silentio, sine interno mentis assensn, vel provisorie tantum, usquedum de Ecclesiæ assensn vel dissensii constiterit, snscipiantiir.
Hacce porro perversa doctrina Romani Pontificis auctoritatem snbverti, fidei iinitatem dissipari, errori-
thaduction du postülatum.
La tradition universelle et constante de l’Église nous apprend, par les actes et les paroles des saints Pères, comme par la conduite et les décisions d’un grand nombre de Conciles, même œcuméniques, que les jugements doctrinaux du Pontife de Rome sur la foi et la morale sont irréformables.
Du consentement des Grecs et des Latins, on adopta, au second Concile de Lyon, la profession de foi contenue dans la déclaration suivante: « Les controverses en matière de foi doivent être terminées par le jugement du Pontife de Rome. » 11 fut de même délini au Concile œcuménique de Florence que : le Pontife romain est le vrai vicaire de Jésus-Christ, le chef de l’Église entière, le père et le docteur de tous les chrétiens, <à qui a été conféré, dans la personne du bienheureux Pierre, le plein pouvoir de paître, de régir et de gouverner l’Eglise universelle. » La saine laison montre elle-même que personne ne peut rester en communauté de. foi avec l’Église catholique, s’il n’est uni à son chef, puisqu’il est impossible de séparer, même par la pensée, l’Eglise de son chef.
Cependant il y a eu, il y a encore de soi-disant catholiques, qui abusent de ce nom au détriment de la foi des faibles, pour oser enseigner que loutela soumission due à l’autorité du Pondife romain consistcà recevoir ses décrets sur la foi et la morale avec un respectueux silence, sans adhésion intérieure de l’esprit, ou seulement à titre provisoire, jusqu’à ce que le consentement ou le dissentiment de l’Église ait été constaté.
Il est évident pour tout le monde que cette doctrine perver.se détruit l’autorité du Pontife de Rome, rompt l’unité delà foi.
POSTULATUM DES ÉVÊQUES
’biis campura amplissimum aperiri, tempusque late serpendi tribui, nemo non videt.
Quare Episcopi, catholicæ veritatis custodes et vindices, his potissimum teniporibus connisi sunt, ut supreinani Apostolicæ Sedis docendi auctoritatem synodalibus præsertim decretis et communibiis testimoniis tuerentiir
• 1. Concilium provinciale Coloniense, aniio 18C0, celebratum, oui, prælcr cminentissimum Cardiualem et Archiepiscopum Coioniensem, Joannem de Geissel, quinquc subscripserunt Episcopi, diserte docet : « Ipse (Romanus Pontilex) est omniniD Christianorum pater et doclor, cufu$ in fidei quœstionibus per se irreformabiie est judicium. »
it. Episcopi in Concilio provinciali UUrajeciensi auno 1863 congregati apertissime edicunt : « (Romani Pontificis) judicinin in iis, quæ ad fldem moresque spectant, infallibite esse, indubitanter retinemus. »
3. Concilium provinciale Colocense, aiino 1860 celebratum, hæc statuit : « Quemadmodura Petrus erat... doctrinæ fldei magister irrefragabilis, pro quo ipse Dominus rogavit,ut non debceret Qdes ejus .. ; pari modo legitimi cjus in cathedrœ Rumaoæ culmine successores .. depusitum fidei summo et irrcfragabili oraculo custodiunt... L'ndc proposiliones cleri gallicani anno 1682 éditas, quas jain piæ memoriæ Georgius Archiepiscopns Strigoniensis una cum cæleris Ilnngariæ Præsulibus eodem adhuc anno publiée proscripsit, itidem rejicimus, proscribimus, atqiie cunctis Provinciu; liujus fidelibus intcrdicimus, ne eas legere vel tenere, multo minus docerc auderent. »
4. Concilium plenarium lioVimorcme, anno 1866 coactum, in decretis, quibus 44 Archiopiscopi et Episcopi subscripserunt inter alia hæc docet : « Viva et infailibilis auctoritas in ea tantum viget Ecclesla, quæ a Christo Domino supra Petruin, totius Ecclesiæ caput, principem et pastorem, cujus fidem nunquam defreturam promisit, ædificata, suos legitimos semper habet PontiQces, sine interniissione ab ipso Petro ducenles originem, in ejus cathedra collocatos, et ejusdem etiam doctrinæ, dignitatis, honoris et potestatis hæredes et vindices. Et quoniam nbi Petrus, ibi Ecd1esia,ac Petrus per Romanum Pontifîcem loquituret semper in suis snceessoribus vivit et judicium eiercet, ac præslat quærenlibus fidei veritalem ; idcirco divina eloquia eo plane sensu sunt aceipiendu, qua tenait ac tenet hæc Romana bentissimi Pétri cathedra, quæ omnium Ecclesiarum mater et magistra, fidem a Christo Domino traditam, integram, inviolatamque semper servavit, eamque fidèles cdocuit, omnibus oslendens satutis semitam et incorruptee veritatis dociriaam.
3. Concilium primum provinciale Westmonasteriense, anno 1832 habitum.
TRADUCTION DU POSTULATUM. 219
ouvre une libre carrière à toutes les erreurs, et leur donne largement le temps de s’insinuer dans les esprits.
C’est pourquoi les Évêques, gardiens et défenseurs de la vérité catholique se sont particulièrement efforcés, à notre temps, d’affermir le souverain pouvoir d’enseignement du siège apostolique surtout par des décrets synodaux et des manifestes en commun
* 1. Le Concile provincial de Cologne, tenu en t860, et qui fut signé par cinq Évêques, sans compter l’Eminentissime Cardinal-Archevêque de Cologne, Jean de Geissel, enseigne rormcilemcnt que le Pontife romain est le père et le docteur de tous les chrétiens, et que son jugement dans les questions de foi est de soi irrejormable .
2. Les Évêques réunis en 1865 dans le Concile d’Utrecht disent du Pontife romain : Nous croyons fermement que son jugement dans les choses qui regardent la foi et les mœurs est INFAILLIBLE.
3. Le Concile de Colocza, célébré en 1860, établit ceci : « üc même que Pierre était... le maître irréfragable de la doctrine en ce qui regarde la foi, pour qui le Seigneur lui-même a prié, alin que sa foi ne défaille pas..., de même ses légitimes successeurs sur la chaire de Pierre..., conservent le dépôt de la foi par leur oracle souverain et irréfragable. . C’est pourquoi, les propositions du clergé gallican, émises en 1682, et qui ont déjà été publiquement pioscmes dans cette même année par Georges, de pieuse mémoire, archevêque de Slrigonie, et par les autres Evêques de Hongrie, nous les rejetons de nouveau, nous les proscrivons et nous faisons défense à tous les fidèles de celte province, d'oser les lire, les retenir, et combien moins les enseigner.
4. Le Concile plénier de Baltimore, réuni en 1866, dans des décrets qu’ont signés 44 Archevêques cl Evêques, enseigne, entre autres choses, ceci : « L’anlorilé vivante et infiiillihle, n'existe que dans cette Eglise qui, bâtie par Notre-Seigneur Jésus-Christ sur Pierre, Chef, Prince et Pasteur de toute l’Eglise dont il a promis que la foi ne faillirait jamais, conserve toujours ses Pontifes légitimes, tirant leur origine sans interruption de Pierre lui-même, placés sur sa chaire, héritiers et vengeurs de l’autorité, de la dignité, de l'honneur et de la puissance de Pierre. Et parce que, où est Pierre, là est l’Eglise, que Pierre parle par le Pontife romain, qu’il vit toujours et qu’il exerce ses jugements dans ses successeurs et qu’il donne la vérité de la foi à ceux qui le demandent, il faut recevoir tes paroles divines dans le sens qu'a tenu et que lient cette chaire romaine du bienheureux Pierre, laquelle, Mère et Maltresse de toutes les Eglises a toujours conservé intacte et inviolable la foi qui a été livrée par Nolrc-Seigncur Jésus-Christ, et t’a apprise aux fidèles, montrant à tous le chemin du salut et de ta doctrine de la vérité incorruptible.
6. Le premier Concile provincial de Westminster a fait eu 1832 celte décla-
POSTULATUM DES ÉVÊQUES
Quo evitleiitiiis vero cntliolicii veritas prædicabatiir, eu veheineiitiiis, tam libellis qiiam epbemeridibiis, miperrinui impugnata est, ut catliolicus populus contra saiiara doctrinam commoveretTir, ipsaque Vaticaiia Synodus ab ea proclamanda absterreretur.
Quare, si aiiteâ de opportiiiiitate istius doctriaæ in hoc Œcuinenico Coiicilio proiiuiitiaudæ a pliiribus diibitari adhuc potuit, uuiic eam deünire necessarium prorsus videtur. Catholica euim doctrina iisdein plane argumeutis denuo impetitur, quibus olim honiiues, proprio jiidicio condeninati, adversus eam utebantur; quibus, si urgeantur, ipse Romani Pontificis primatus,
profiletiir : « Cum Dominus noster adbortetur diceas : Attcodite ad pelram, iinde excisi estis; attendue ad Abraham, patrem vestrum ; æquum est, nos, qui immédiate ab Apostnlica Sede fldem, sacerdotium, veramquc religionem accepimus, cidem plus ccteris amoris et observantiæ viiiculis adstringi. f’unrfa»ien<wt« igilur vcrœ et orlhndotæ fidei ponimus, quod Dominus noster Jésus Christus ponere votuit wconcussuni, scilicet Pétri eathedram, totius orbis magistram et malrem, S. Romanam licclesiam. Quidguid ab ipsa semel definitum est, eo ipso ratum et certum tenemus; ipsius tradiliones rilus, pios usus et omnes ap.ostolicas constitutiones, disciplinam respicienles, toto corde amplectimur et veneramur. Summo deniquc PontiGci obedientiam et reverentiam, ut Cbristi Vicario, ex animo proQtemur, eique arctissime in catholica communione adhæremus. »
6. Quingenti prope Episcopi, ex toto terraruui orbe ad agenda solenmia sibcularia Martyrii Sanctorura Pétri et Pauli anno 1867, in bac aima Urbe congregati, minime dubilaruat, Supremum Pontilicem Pium IX, bisce alloqui vcrbis : « Petriim per os Pii locutum fuisse credentes, quæ ad custodiendum depositum a Te dicta confirmata, prolata sunt, nos quoquc dicimus, confirmamus, annuiiciamus, unoque orc atque animo rejicimus omnia, quæ divinæ fidei, saliiti animarum, ipsi societatis bumanæ bono adversa, 'fu ipse reprobanda ac rejicienda judicasti. Firmum enim menti nostræ est, alleque delixum, quod Patres Klorcntini in decrcto unioais delinicrmil : Homanum Ponlincem Cbristi Vicarium, totius Ecclesiæ caput et omnium Chrislianorum Patrem et Doctorem existerc. >
TRADUCTION DU P03TULATUM. 221
Plus la vérité catholique était clairement enseignée, plus elle a été attaquée avec force en ces derniers temps, par des brochures et des journaux, dans le but d’exciter le peuple catholique contre la saine doctrine, et d’empôcher le Concile du Vatican de la proclamer.
C’est pourquoi, si auparavant, l’opportunité d’une décision de cette doctrine par le Concile œcuménique a pu sembler douteuse à quelques-uns, la nécessité en paraît maintenant évidente. Cap la doctrine catholique est de nouveau attaquée par les mêmes arguments, dont naguère des hommes condamnés par leur propre jugement se servaient contre elle ; ces arguments ruineraient la primauté même du Pontife romain et l’infaillibilité de l’Église , si on les poussait davantage ,
ration : « Comme le Seigneur nous exhorte par ces paroles : Regardez vers la pierre d’où vous avez été tirés; regardez vers Abraham votre père; il est juste que nous qui avons reçu immédiatement du Siège Apostolique la foi, le sacerdoce et la vraie religion, lui soyons liés plus que tous les autres par les chaînes de l’amour et de l’obéissance. jVouj posons donc comme fondement de la foi véritable et de l'ordre, ce que Noire-Seigneur Jésus-Christ a voulu poser d’une façon inébranlable, à savoir ; la chaire de Pierre, mère et maitresse de tout l'univers, la Sainte Eglise Itomaine. Tout ce qui a été une fois défini par elle nous le tenons pour ratifié et certain. Nous embrassons de tout cœur et nous vénérons scs traditions, ses rites, ses pieux usages et toutes les constitutions apostoliques qui regardent la discipline. Kntln, nous professons d’esprit notre obéissance et notre respect envers le souverain Pontife, comme étant le Vicaire de Jésus-Christ, et nous adhérons Irès-étroilement à lui dans la communion catholique.
6. Près de cinq cents Evêques rassemblés de toutes les parties du monde dans cette grande cité, en 1867, pour le centenaire solennel du martyre de saint Pierre et de saint Paul, n’ont pas hésité à s’adresser au souverain Pontife Pie IX en ces termes : « Convaincus que Pierre a parlé par la bouche de Pie, tout ce qui a été dit, confirmé et publié par Vous, nous le disons aussi, nous le confirmons et nous l’annonçons; nous rejetons aussi d’une même bouche et d’un même esprit tout ce que Vous avez jugé devoir être rejeté et repoussé comme opposé à la foi divine, au salut des émes et au bien de la société humaine. Car elle est vivante et profondément enracinée dans nos esprits, cette vérité que les Pères de Florence ont définie dans le décret d’union, en disant : « Le Pontife Romain, vicaire de Jésus-Christ, est le Chef de toute l’Eglise. 11 est le Père et le Docteur de tous les chrétiens. »
POSTULATUM DES ÉVÊQUES
Ecclesiæque infullibilitiis pessiimdîitiir ; et quibus sæpe deterrimacoiiviciii contra Apostolicanj Sedem admiscentur. linmo acerbissimi catliolicæ doctriiiæ impiigiiatores, licet cathülicos se dicaiit, blaterare non eriibescunt, Florentiriani Syiioduni, supreniain Romani Pontificis auctoritatein luculentissirae profitentem, œcumenicam non fuisse.
Si igitur Concilium Vaticannin, adeo provocatum, taceret et catliolicæ doctrinæ testimoninm daro negligeret, tune catlioliciis populns de vera doctrina reapse dubitare inciperet, neolerici autein gloriantes assererent, Concilium ob argumenta ab ipsis allata.siluisse. Quiniinmo sileutio hoc seinper abuterentur, ut Ajiostolicæ Sedis judiciis et decretis circa lideni et mores palam obedientiam negarent, sub prætextu qiiod Romanus Pontifex in ejusmodi judiciis falli potuerit.
Publicnm itaque rei christianæ bouum postulare videtur, ut Sacrosanctum Concilium Vaticanum, Florentinumdecretnm de Romano Pontifice denuo profiteiis et uberius explicans, apertis, omnemque dubitandi locum præcludentibus verbis sandre velit supremam, ideoque ab errore immunem esse ejusdem Roraaui Pontificis auctoritatem, quum in rebus tidei et morum ea stutuit ac præcipit, quæ ab omnibus ebristifidelibus credenda et tenenda, quæve rejicienda et damnanda sint.
Non desunt quidem qui existiment, a catholica bac veritate sancienda abstinendum esse, ne schismatici atque hæretici longius ab Ecclesia arceantur. Sed in primis catlioliciis populus jus habet, ut ab (Ecumenica Syiiodo
TRADUCTION DU POSTULATUM
et souvent ils sont accompagnés do tristes invectives contre le siège apostolique. Bien plus, les adversaires les plus acharnés de la doctrine catholique n’ont pas honte, quoiqu’ils se disent catholiques, de prétendre que le Concile de Florence, qui a défini d’une manière si claire la suprême autorité du Pontife romain, n’était pas œcuménique.
Si donc le Concile du Vatican, aujourd’hui convoqué, gardait le silence et négligeait de rendre témoignage de la doctrine catholique, le peuple catholique se premlrait à douter de la vraie doctrine: les novateurs se vanteraient partout d’avoir réduit le Concile au silence par leurs arguments. En outre, ils abuseraient toujours de ce silence même pour refuser d’obéir aux jugements et décrets du siège apostolique touchant la foi et la morale, sous prétexte que le Pontife de Home a pu se tromper dans ces sortes de décisions.
Le bien général de la chrétienté semble donc demander que le saint Concile du Vatican reprenne et explique davantage le décret de Florence sur le Ponitfe de Rome, et qu’il veuille bien affirmer en termes formels et qui excluent toute possibilité de douter, que l’autorité du Pontife de Rome est souveraine et, par conséquent, exempte d’erreur, lorsqu’il prononce sur les matières de la foi et des mœurs ; et qu’il enseigne tout ce qui doit être cru et tenu, ce qui doit être rejeté et condamné par tous les fidèles de Jésus-Christ.
Plusieurs sans doute ne manqueront pas de croire qu’il conviendrait de s’abstenir d’une définition de celte vérité catholique, pour ne pas éloigner davantage les schismatiques et les hérétiques de l’Église. Mais d’abord, le peuple catholique a le droit d’apprendre du Concile œcuménique ce qu'il doit croire
POSTULATUM DES ÉVÊQUES
doceatur, ciii in re tara gravi, et tain improbe imper impiigiuita, credeiidum sit, ne simplices et iiicautos nmltoruin aniinos periiiciosus error tandem corrurapat. Idcirco etiam Lugduuenses et Tridentini Patres rectam düctrinam stabiliendaiu esse censuenint, etsi schisinatici et hæretici otrenderentnr. Qui si sincera mente veritatera qnærant, non absterrebuntnr sed allicientur, dura ipsis ostenditur, quo potissimuin fundamenio ca • thoiicæ Ecclesiæ unitas et lirmitas nitatur. Si qui auteni, vera doctrina ab Œcnmenico Concilio definita, ab Ecclesia deficerent, lii numéro pauci et jamduilum in lide naufragi sunt, prætextura solummodo quærentes, quo exterua etiam actione ab Ecclesia se eximant, qnam interno sensu jam deseruisse palain ostendunt. lli sunt qui catholicum populum continuo turbiire iiou abhorruenint, et a quorum insidiis Vaticaua Synodus fiJeles Ecclesiæ ülios tueri debebit. Catliolicns enimvero populus, semper edoctus et assiietiis, Apostolicis Romani Pontificis decretis pleuissimum mentis etoris obsequiiim exbibere, Vaticani Concilii sententiaiu de ejusdem supreraa et ab errore immuni auctoritate læto üdelique animo excipiet.
TllADÜCTION Di; POSTULATUM.
sur un sujet uussi grave et aussi mal à propos contesté dernièrement ; sinon, l’erreur pernicieuse finirait par corrompre un grand nombre d’csprils simples et imprudents. C’est pourquoi, les pères de Lyon et de Trente ont pensé qu’il fallait affirmer la sainte doctrine, nonobstant le scandale des scbis* matiques et des bérétiques. Si ces hommes cherchent la vérité de bonne foi, loin d’être détournés, ils seront plutôt attirés, en voyant quel est le fondement principal de l'unité et de la solidité de l’Eglise.
Pour ceux que la définition de la vraie doctrine par le Concile œcuménique détacherait de l’Eglise, peu nombreux et déjà naufragés dans la foi, iis cherchent seulement un prétexte pour se débarrasser publiquement de l’Eglise, et montrent qu’ils l’ont déjà abandonnée dans leur for intérieur. Ce sont ces hommes qui n’ont pas craint d’agiler continuellement le peuple catholique, et le Concile du Vatican devra prémunir les fidèles enfants de l’Eglise contre leurs pièges. Quant au peuple catholique toujours instruit et habitué à montrer une entière obéissance d’esprit et de parole aux décrets apostoliques du Pontife de Rome, il recevra la décision du Concile du Vatican sur sa suprême et infaillible autorité, avec un cœur joyeux et dévoué.
LETTRE DE Son Ém. LE C^yiDINAL ANTONELLI