‹ Histoire du Concile Oecumenique du VaticanChapitre 3 sur 49 · CHAPITRE PREmER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREmER

Révérends et chers frères,

Depuis l’ouverture du Concile jusqu’à la clôture de la quatrième session publique, après laquelle les évêques ont reçu la permission de retourner pour un temps vers leurs troupeaux, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de garder le silence. 11 n’était pas facile de rester silencieux quand il y avait à contredire les erreurs et les faussetés de toute nature qui s’attaquaient au Concile . Mais, pour plusieurs raisons, il me parut qu'un devoir plus élevé obligeait d’attendre que l’œuvre dans laquelle nous étions engagés fO.t accomplie. Ce temps est aujourd’hui heureusement arrivé, et l’obligation qui m’aurait défendu d’exprimer tant de choses que je pouvais désirer de dire a été écartée par l’autorité suprême.

'2 HISTOIHE DU CONCILE.

Je viens donc, révérends et chers Frères, essayer de * vous faire connaître, en les esquissant simplement, les événements capitaux de la première période du Concile du Vatican.

Je dois borner ce que j’ai à dire aux trois chefs suivants : — Premièrement, au récit de certains faits extérieurs au Concile, mais affectant la nature de son caractère et de ses actes ; — secondement, à l’appréciation de l’esprit et de l’action intérieure du Concile, — et, troisièmement, à une rapide étude des deux constitutions dogmatiques publiées dans la troisième et dans lu quatrième session.

Histoire extérieure du concile.

Occupons-nous d’abord de l’histoire extérieure du Concile.

Jusqu’à présent, aucun récit, aucun compte-rendu officiel de ses travaux n’a été possible. Tout le monde, le monde catholique aussi bien que le monde protestant, a donc été forcé de s’en rapporter surtout aux journaux. Et comme les journaux exercent un grand empire et remplissent les esprits de préjugés , j’ai pensé qu’il était de mon devoir, pendant les huit mois que j’ai été le témoin intime et constant de la marche et des actes du Concile, de suivre de près les histoires et les tableaux tracés en Italie, en Allemagne, en France et en Angleterre. J’ai pu le faire, grâce aux soins attentifs d'autres personnes en Angleterre et à

Rome. En réponse à une demande qui me venait de ce pays pour savoir ce qu’on devait croire au sujet du Concile, j’ai considéré comme un devoir de dire : a Lises! avec soin les correspondances de Rome publiées eu Angleterre, croyez le contraire, et vous ne serez pas loin de la vérité. » C’est un chagrin pour moi de me voir obligé d’ajouter que cela est surtout vrai de nos journau?. Il n’était d’ailleurs pas souvent facile de dire si ces risibles bévues et ces continuelles inexactitudes devaient être mises sur le compte de la mauvaise volonté ou sur le manque des connaissances les plus communes. Deux choses toutefois étaient évidentes. Les journaux des pays catholiques, quelque pervers et hostiles qu’ils pussent être, ne se rendaient que rarement, pour ne pas dire jamais, ridicules. Ils écrivaient avec une grande aigreur et une grande animosité, mais au moins on pouvait voir en les lisant qu’ils comprenaient ce qu’ils falsifiaient, et qu’ils avaient puisé leurs informations à des sources qu’on ne leur avait ouvertes qu’eu violant un devoir. Les récits qu'ils faisaient des événements qui se passaient jour par jour sous mes yeux étaient si près de la vérité, ils en étaient en même temps si éloignés, ils étaient si exacts littéralement, mais si faux absolument, que j’ai pour la première fois compris comment Paolo Sarpi a pu écrire son Histoire du concile de Trente, et comment, du milieu d’hommes qui sont catholiques de nom, pouixait s’élever un autre Paolo Sarpi pour écrire l’histoire du Concile du Vatican.

Mais il n’en a pas été ainsi dans notre pays. Personne moins que moi n’est disposé à mettre sur le compte de la mauvaise foi ces récits mensongers, quand il s’agit de correspondants anglais, quoiqu’ils aient surabondamment montré l’animosité innée d’une tradition anti-catholique ; je ne veux pas croire à cette mauvaise foi, parce que ni les correspondants ni les journalistes ne peuvent vouloir s’exposer volontairement à la risée du public. J’attribue donc leur faute à cette raison très-simple, savoir : que des protestants anglais entreprenant d’écrire sur un concile œcuménique de l’Eglise catholique, il ne faudrait rien moins qu’un miracle pour les préserver du péril de se rendre euxmêmes ridicules. Et, j’ai la douleur de le constater pour la bonne renommée de notre pays, voilà quel a été l’effet produit par les journaux anglais sur les pays étrangers. Je dois le dire cependant, ils ont paru en dernier lieu devenir plus prudents et ne plus se fier autant à des correspondants qui, connaissant à peine le nom, la nature, l’usage ou le but d’aucune des choses sur lesquelles ils devaient écrire, se trouvaient à la merci à’ informateurs tels que ceux que les voyageurs anglais rencontrent à une table d’hôte à Kome, Alors parurent des paragraphes sans date et sans indication d’origine, qui n’étaient que des traductious des journaux italiens et allemands, comme nous avons pu nous en assurer en les comparant avec les textes originaux. Ils étaient moins amusants, mais ils étaient encore plus mensongers. Qn’on me permette, en guise

de préface, de donner ici le jugement de deux évêques distingués, qui sont au-dessus de tout soupçon, sur la véracité d’un journal très-connu.

De toutes les sources étrangères où les journaux anglais ont été puiser leurs inspirations, la principale, sans aucun doute, a été la Gazette d’Augsbourg. Cette feuille a plus d’un titre à une considération spéciale. C’est dans ses colonnes que l’infâme libelle de Janus a d’abord paru sous forme d'articles. Pendant le Concile, elle avait à Rome au moins un collaborateur anglais. Ses Lettres sur le Concile ont été traduites en anglais et publiées par un libraire protestant, en un volume signé Quirinus.

Je m’abstiens de donner mon propre jugement sur le livre, avant d’avoir donné d’abord celui d’un évêque distingué d’Allemagne, appartenant à la minorité opposée à la définition, et dont la Gazette d’Augsbourg prétendait servir la cause.

Monseigneur de Ketteler, évêque de Mayence, a protesté publiquement contre oc la déloyauté systématique du correspondant de la Gazette d’Augsbourg. » 11* a dit : oc C’est une pure invention que les évê- « ques nommés dans ce journal aient déclaré que (( Dœllinger représentait , en ce qui concerne le « fond de la question (ile l’infaillibilité), l’opinion de « la majorité des évêques allemands. » Et cela, ajoutait-il, oc n’est pas une erreur isolée, cela fait partie s d’un système qui consiste à publier hardiment de X fausses nouvelles, dans l’intention de tromper le pu-

« blic allemand, d’après un plan concerté d’avance... < Il sera nécessaire d’exposer un jour dans toute leur « nudité et dans leur abjecte mauvaise foi les articles « de la Gazette d'Augsbourg. Ces articles présenteront € un formidable et durable témoignage du degré d’iii- « justice dont un groupe d’hommes, qui affectent les « apparences d’une éducation supérieure, se sont ren- .« dus coupables contre l’Eglise *. »

Un peu plus tard, l’évêque de Mayence jugea nécessaire d’adresser à son diocèse une protestation publique contre les inventions de la Gazette d’Augsbourg. « La « Gazette d’Augsbourg, dit-il, ne prononce guère mon € nom sans y ajouter une fausseté... Il nous aurait été « possible de prouver que chaque lettre romaine de la Gaa zette d’Augsbourg contient de graves falsifications et € de grossiers mensonges. Quiconque est ici (à Kome) a au courant des choses et qui lit ces lettres, ne peut « douter un instant que ces erreurs ne soient volona taires, et ne fassent partie d’un système concerté a dans le but de tromper le public. Si le temps me a manque pour reprendre publiquement cette série inina terrompue de faussetés, il m’est pourtant impossible « de garder le silence lorsqu’on essaie ainsi, avec tant •a de perfidie, de présenter sous un faux jour mes coua victions personnelles ’. »

[L’archevêque de Cologne* a condamné un journal

• Yoy. le Vatican, 4 mars 1870, pag. 145.

> Le Vatican, 17 juin 1870, pag. 319.

» Nous plaçons ici dans le texte un alinéa mis en note par l’auteur, comme extrait de la publication déjà citée, le Vatican. (Note do trad.)

soi-disant catholique dans lequel on attaque le dogme de l’infaillibilité et l’on présente d’une manière fausse et outrageante les procédés du Concile. La sentence de l’archevêque a d’autant plus de poids qu’il a fait partie, comme il le dit, de la minorité dans le mémorable vote du 13 juilllet. L’archevêque dit : « Le clergé de « ce diocèse sait qu’un journal hebdomadaire, \eRhei- « nischer Meratr (Mercure du Khin) , attaque constara- « ment, d’une manière odieuse et avec d’ignobles armes, « la sainte Eglise dans la personne de ses chefs légi- « times, le Pape et les évêques, et dans sa plus haute « représentation, le Concile œcuménique ; de sorte que » les esprits des hommes en sont troublés et que les « cœurs des fidèles sont éloignés de l’Eglise. 11 demande « ouvertement l’abolition de la liberté et de l’indépeu- « dance de l’Eglise, par l’intervention de l’autorité sé- « culière. Je regarde donc comme un devoir, pour rem- « plir mon ofiSce de pasteur, de signaler le caractère « anti-catholique de cette feuille; non que j’estime son « importance supérieure à celle de tant d’autres organes « plus bruyants de la presse qui manifestent leur haine « contre la religion, mais seulement parce qu’elle prétend « être catholique. C’est pourquoi, comme évêque catho- « lique de cette ville, je me sens obligé de déclarer que le « titre de catholique est pris injustement par un journal « qui travaille à détruire l’unité de l’Eglise en séparant « les catholiques de la Pierre sur laquelle elle est fondée.

• « Je dois aussi cette déclaration à ceux de mes vénéra- « blés frères de l’épiscopat qui appartenaient comme « moi à la minorité dans le Concile. Le journal en ques-

« tion prétend être l’organe des sentiments de cette € minorité; mais il n’a jamais été d’aucune manière, « directement ou indirectement, reconnu comme tel par « cette minorité ou par quelqu’un de ses membres ; il « a été, au contraire, et à plusieurs reprises, blâmé et

* dénoncé par ces évêques. J’exhorte donc tous les « membres du respectable clergé de cet archi-diocèse à « se souvenir de leurs devoirs comme enfants de l’Eglise « catholique, et à ne soutenir d’aucune façon, soit « comme abonnés, soit comme lecteurs, le journal sus- « dit, qui outrage notre sainte Mère, qui rejette son « autorité, et qui désire la voir réduite en esclavage. « Je vous exhorte aussi à ne négliger aucune occa- « sion opportune d’avertir vos troupeaux du caractère « dangereux et anti-catholique de ce journal, afin qu’ils

* soient dissuadés de l’acheter ou de le lire, et qu’ils « évitent ainsi d’ètre trompés par scs mensonges. J’ai c résolu de faire donner du haut de la chaire sur les « plus récentes décisions du Concile, et spécialement « sur l’enseignement infaillible du Pape, et d’expliquer « dans cette instruction le vrai sens du dogme, afin « d’écarter ainsi les préjugés qui ont été répandus contre « cette vérité, comme si c’était une doctrine nouvelle

* ou en contradiction avec la fin de la constitution de « l’Eglise et avec la saine raison, et, en un mot, afin « de répondre aux objections faites contre la validité de « la décision du Concile. ]

Monseigneur Héfélé, s’occupant à son tour des correspondants romains de la Gazette d’Augshourg s’exprime

ûin^i : « Il est évident qu’il y a non des évêques, mais a d’autres personnes ayant des rapports avec lu Concile,

« qui ne sont pas retenues par leur devoir et leur con- « science » Nous avons des raisons de croire que les noms de ces personnes, allemandes et anglaises, sont bien connues de vous.

Maintenant, au témoignage de l’évêque de Mayence sur les ouvrages de ces correspondants en ce qui concerne Rome et l’Allemagne, je puis joindre le mien sur leur manière d’exposer les faits relatifs à Rome et à l’Angleterre. Je ne pense pas qu’il ait été fait mention de mon nom sans qu’on y ait ajouté, comme dit l’évêque de Mayence, l’appendice d’une fausseté. Tout le tissu de ces correspondances est faux. Les vérités mêmes qu’elles rapportent sont falsifiées, et c’est par ce medium de fausses couleurs que Quirimis et le Salurday Revieic (Revue du Samedi) ont égaré et trompé le peuple d’Angleterre.

J’ajouterai ici, pour faire ressortir ce grave aspect du sujet, quelques exploits plus remarquables de nos correspondants anglais. Le 14 janvier, un journal anglais annonçait que les évêques étaient incapables de parler latin, et que le cardinal Altieri (qui avait donné sa vie pour son troupeau dans le choléra trois ans auparavant), que le cardinal Altieri, dis-je, dans l’appartement de qui les évêques se rassemblaient, « était hors de sens. » — « Qu’y a-t-il là, demande le correspon- « dant d’un autre journal, dans ces sept cents vieux

' Le Ka/icaw, 4 mars 1870, pa;;. 145,

« hommes vêtus d’habits blancs et portant de grands « bonnets de papier? Les évêques d’Orieiit, dit-il, ont « refusé de porter des mitres blanches ; » et avec raison , puisqu’ils n’en portent jamais. « L’évêque de « Thun a attaqué l’évêque de Sura avec une violence « qui menaçait de dégénérer en une collision person- « nelle. » Or, il n’y a pas d’évêque de Thun *. Le même journal disait, le 7 juillet : « J’ai été fortement «t choqué, hier, de trouver que la hiérarchie catholique « romaine de mon propre pays est une plaisanterie, « au moins en ce qui regarde ses prétentions territo- « riales et indépendantes. Chacun de ces prélats, y « compris l’archevêque, est à la charge d’un vicaire « apostolique, le cardinal Maddalena, archevêque titu- « laire de Corfou, diocèse dans les limites duquel, à ce « qu’il paraît, notre île se trouve située. » Cette assertion, en fait, a plus de fondement que l’autre, car jusqu’à ce que l’archevêque de Corfou eût pu trouver une voiture, nous avions l’habitude de nous rendre ensemble au Concile.

Un journal important donnait cette nouvelle au mois de mai dernier ; « A une récente séance du Concile, le « cardinal Schwartzeiiberg a prononcé un discours qui « a produit un plus grand trouble encore que le dis- « cours précédent de l’évêque Strossmayer. » Dans ce discours, il a défendu les protestants avec une telle vi-

* Sans doute le correspondant voulait parler de l’évêque de Tulle, sur qui l’on a voulu faire courir une anecdote semblable ; comme ces correspondants étaient au courant des personnes et des choses ! (N. du irad.)

gueur que « le légat président, le cardinal De Angelis, « interrompit l’orateur et qu’il s’en suivit une violente « discussion entre les deux cardinaux. Le président € essaya plusieurs fois, mais en vain, d’imposer silence « au cardinal avec sa sonnette, et à la fin les évêques « couvrirent sa protestation sous une tempête de sif- « flets, au milieu de laquelle il fut entraîné de la tri- € bune, à moitié évanoui, jusqu’à son siège. » Le cardinal fut, en effet, rappelé à l’ordre, mais jamais il n’y eut une scène pareille à celle qu’on décrit ainsi. « Les autorités papales, dit un autre journal, ont offert «c aux évêques une hospitalité bien différente selon les « cas. Ceux à qui on ne pouvait pas absoluement se « fier ont été logés avec des compagnons sûrs, dans la « proportion d’un frère faible pour une demi-douzaine « de forts. Les Jésuites ont eu la manipulation du « troupeau, et ils ont bien travaillé. » Ce qui est vrai, c’est que la distribution des évêques dans les différentes habitations a été faite par le Gouvernement, et plusieurs mois avant l’ouverture du Concile, juste avec autant de manipulation théologique qu’on en use pour remplir un train de Laddington . Nous lisons encore, dans le numéro du 17 mai, que «le cardinal Bilio, le « préfet de la Députation du Dogme et l’auteur du « Syllabus, a passé à l’opposition. » Lorsque le Saint- Père apprit cette défection, « il tomba en défaillance, > et il' enjoignit au cardinal « de faire un voyage dans < l’intérêt de sa santé. » Le Times a fini par faire cet aveu ; « Démêler le vrai dans tout ce qui se pusse au

HISTOIRE I)ü CONCILE.

(c Concile... est difficile au delà de tout ce qu’on peut « imaginer... Chaque jour, chaque heure même ap- <1 porte sou histoire,... qui, neuf fois sur dix, se « trouve n’ètre qu’une ingénieuse invention. » Les neuf dixièmes de ces histoires sont donc des contes. Le Times ajoute : a Se frayer un chemin à travers ces « pièges, sans devenir la victime de tant de menson- « ges, est une chose à quoi nul homme ne peut être « sûr de réussir. » Avertissement dont les lecteurs de journaux, je l’espère, feront leur profit pour euxmêmes.

Le Standard, plus sage que ses confrères, disait, au mois de février : « C’est une pitié que des correspon- « dants anglais se laissent prendre comme des enfants K à des histoires de vieille femme, qui n’ont jamais « existé et qui n’ont jamais pu arriver dans le Concile, « et qu’ils compromettent ainsi leur réputation d’exaca titude, aussi bien, par voie de conséquence, que « celle de leurs collègues. »

Un autre journal a fait plus que compromettre sa réputation d’exactitude, lorsque, après avoir annoncé que le clergé romain, c’est-à-dire les curés des paroisses de Rome, avaient tous, à l’exception de huit, refusé de pétitionner en faveur de la définition, il s’est vu itérativement invité à publier le fait que le clergé romain avait, au contraire, unanimement pétitionné en faveur de cette définition, et d’une façon si explicite que le clergé d’Angleterre et d’Ecosse a adopté la pétition romaine dans sa forme et l’a ainsi présentée au Saiut-

Père comme la sienue. Le journal en question n’a pu se résoudre à insérer cette rectification !

Mais ce ne sont là que des fleurs cueillies à l’aventure.

Je vais maintenant ra’efl’orcer de donner rapidement une idée plus complète de la manière dont les journaux ont esquissé l’histoire du Concile du Vatican pendant ces huit ou neuf derniers mois. Leurs récits devant un jour être lus comme des mémoires contemporains pour l’histoire future, je désire laisser dans les Archives de ce Diocèse un souvenir aussi contemporain de leur complète futilité, et, pour la plus grande partie, de leur complète fausseté.

Les sommets attirent la foudre ; c’est pourquoi les principales violences sont tombées sur la tête du Vicaire de Jésus-Christ. Je n’ai rien à dire là-dessus. La postérité connaîtra Pie IX, et déjà le monde entier le connaît trop bien pour se souvenir, autrement qu’avec douleur et dégoût, du langage de ses ennemis. S’ils ont appelé Béelzébuth le maUre de la maison, combien plus ne le feront-ils pas de ceux de sa maison? Personne ne jouit plus de ce privilège que le Vicaire du Maître, et c’est une grande joie et une source particu* lière de force et de confiance pour tous ceux qui sont de la maison, de porter ce signe, qui ne manque jamais de marquer ceux qui se rangent à côté de Lui contre le monde.

Le Concile était composé, au commencement, de 767 Pères. On nous raconte que leurs figures étaient telles,

qu’à première vue un correspondant éclairé se trouvait forcé (le gémir « de ce que le bien-être spirituel du « monde fût confié à de pareils hommes. »

Ensuite, par une merveilleuse disposition des choses, pour le bien, sans doute, du genre humain et surtout de l’Égl ise elle-même, le Concile se partagea en une majorité et une minorité ; et, par une Providence plus admirable et bienfaisante encore, les choses furent ainsi disposées, que la théologie, la philosophie, la science, la culture de l’intelligence, la puissance intellectuelle, la pénétration de la logique, l’éloquence, la • candeur, la noblesse de l’âme, l’indépendance de l'esprit, le courage et l’élévation du caractère, se trouvèrent sans exception dans la minorité. La majorité, naturellement, n’était qu’une mer Morte de superstition, d’étroitesse d’esprit, de sottise, d’ignorance, de préjugé, elle ne renfermait que des hommes sans théologie, sans philosophie, sans science, sans éloquence ; rassemblés des vieilles contrées catholiques; fanatiques, tyranniques, sourds à toute raison ; avec un troupeau

de Prélats romains et italiens, et de purs Vicaires apos~

toliques.

Les cardinaux présidents étaient des liomraes d’un caractère impérieux et tyrannique, qui, par l’agitation violente de leurs sonnettes et par des interruptions sans mesure troublaient le calme et l’inexorable logique de la minorité.

Mais la conduite de la majorité était encore plus tyrannique : par des exclamations violentes, par des

LK monde et le concile.

gestes menaçants, par de bruyantes manifestations autour de la tribune, les membres de cette majorité étouffaient la vigoureuse éloquence de la minorité et forçaient à descendre de la tribune les orateurs à qui il était impossible de répondre.

Non contente de cela, prétextant que la manière de conduire les discussions était imparfaite, la majorité obtint de l’autorité suprême un nouveau règlement, qui enleva définitivement toute liberté de discussion à ce petit groupe d’hommes généreux qui s’efforçaient de délivrer le Concile et l’Église de la servitude où on les tenait. *

A partir de cette date, il n’y avait pas à douter plus longtemps de la uon-œcuméuicité du Concile. En effet, Janus a averti le monde en plusieurs langues, bien avant que le Concile ne se réunît, que cette assemblée ne serait pas libre. Néanmoins, la minorité a persisté avec un héroïque courage, avec une irrésistible logique et avec une éloquence qui électrisait les plus insensibles, jusqu’à ce qu’une majorité, sourde à la raison et incapable de raisonnement, eût coupé court à toute discussion par l’exercice arbitraire de son pouvoir, et eût ainsi fait taire les seules voix qui s’élevaient noblement en faveur de la science, de la bonne foi et du sens commun.

Cela fait, la définition de nouveaux dogmes devenait inévitable, et l’antagonisme entre l’ultramontanisme d’un parti et le progrès de la société moderne, était complet.

• Telle est Thistoire du Concile écrite ab extra dans les neuf derniers mois. Je crois que chacune des épithètes que j'y ai appliquées peut se justifier avec la multitude des extraits placés sous mes yeux.

Un important journal anglais, dix jours après la définition de l’Infaillibilité, fit avec une grande simplicité cette observation : « Il est curieux de comparer l’iini- « versel et profond intérêt pris -par tous les observa- « teurs intelligents aux premières délibérations du Con- <t cile, avec l’indifférence également marquée qui a ac- « cueilli le couronnement de ses travaux. Le moindre <t bruit qui venait de Rome, il y a six ou sept mois, «c était l’objetd’une attention passionnée, même pour les a hommes qui se préoccupaient peu d’ordinaire de dis- « putes théologiques ; tandis que la proclamation du 01 dogme stupéfiant de l’infaillibilité papale n’a guère ot excité, si ce n’est dans les cercles ecclésiastiques, « qu’une certaine somme de critique faite comme par et manière d’acquit. »

Il n’y a pourtant pas à chercher bien loin les raisons de ce contraste. L’écrivain eu recherche la cause, et, en le faisant, il passe tout d’un coup, avec une gravité convenable à la circonstance, à une discussion sur la théorie de la perception par sir William Haulton, et sur « la groseille gigantesque. »

C’est avec cette gravité et cette sincérité que les journaux anglais, même les plus réputés, ont traité le sujet du Concile œcuménique.

Prétendue indifférence à l’égard du Concile.

Il est à propos d’assigner d’abord la cause qui a fait prendre au monde non catholique et anti-catholique un si bruyant intérêt à l’ouverture du Concile, et qui lui a fuit affecter à la fin un ton d’indifférence si mal soutenu. Je ne connais pas d’événement publicdenos jours dont l’explication soit plus claire et plus évidente par ellemême. La voici :

Lorsque le Concile s’assembla, on espérait et l’on croyait à la fois que la curie romaine et le parti ultra' montain seraient réprimés et vaincus par les décisions des évêques. Une controverse s’était engagée en Allemagne, en France et en Angleterre contre ce qu'on appelait V ultramontanisme, ou V ultra-catholicisme, ou V ultra- romanisme. Dans la dernière instruction que je vous ai adressée, je me suis servi des paroles suivantes, que je vais répéter, parce que je ne puis en trouver de plus exactes ; elles se sont accomplies au pied de la lettre :

« Des faits pareils h ceux-là donnent une certaine autortié aux assertions et aux prophéties des politiques et des protestants. Ils prouvent que dans 1 Église catholique il y a une école en désaccord avec l’enseignement doctrinal du Saint-Siège dans des matières qui ne sont pas de foi. Mais ils ne peuvent montrer combien cette école compte de disciples. Le centre paraît en être à Munich; elle n’a, tant en France qu’en Angleterre, qu’un

petit nombre d’adhérents. Ils sont actifs, ils écrivent de nombreuses correspondances, et, lu plupart du temps, ils se cachent sous le voile de l’anonyme. Il serait difficile de faire connaître les doctrines de cette école, car aucun de ses partisans ne paraît s’accorder avec les autres sur tous les points. Quelques-uns tiennent pour l’infaillibilité du Pape, quelques-uns défendent le pouvoir temporel. Rien ne paraît leur être commun à tous, excepté un esprit d’opposition aux actes du Saint-Siège dans les matières qui sont en dehors de la foi .

« Dans ce pays, une tentative a été faite, il y a un an, pour rendre impossible, comme on l’espérait aveo confiance, mais en vain, la définition de l’infaillibilité du Pontife, eu ranimant la monotone controverse qui se rapporte au pape Honorius. Plus tard on nous a parlé de je ne sais quelle coalition de hauts personnages qui poursuivaient en France le même but. Il est certain que ces symptômes ne sont pas isolés et sans enchaînement; tout est concerté pour arrivera une fin commune. La presse anti-catholique a chaleureusement encouragé cette école. Un catholique se trouve-t-il d’un demi-ton en désaccord avec l’autorité, on 'l’exalte aussitôt pour son génie sans égal et pour son irréfragable logique. Les journaux anti-catholiques sont à son service. Pour lui, il donne cours à son opposition contre les opinions communes de l’Église en écrivant contre elle sous le voile de l’anonyme. Cela est triste, mais cela n’est pas redoutable. Cela ne produit guère d’eifet que sur ceux qui ne sont pas catholiques. L'impression faite sur les catho-<

liques est à peine appréciable ; l’influence n'en sera que trôs-fiiible sur les écoles théologiques dans l’Église ; elle ne peut qu’être absolument nulle sur le Concile œcuménique*.»

Un grand nombre de publications ont paru en français, en anglais et en allemand, qui ont rendu évident le but commun et le plan de coopération adopté par tous ces hommes. Certaines lettres très-connues, publiées en France, et cet infâme livre de Janus, traduit en anglais, en français et en italien, déclaraient une guerre ouverte au Concile dans le sein même de l’unité de l’Église catholique. Cela seul suffisait pour exciter le monde anticatholique et le remplir de curiosité, d’espérance et de joie. La science et rérndition des libres esprits appartenant à l’Eglise romaine prenaient déjà les armes pour abattre les prétentions de Rome. '

La croyance s’était en outre répandue que le Concile en finirait avec les doctrines de Trente, ou qu’il leur donnerait quelque nouvelle ou plus large interprétation, ou qu’il rouvrirait certaines questions regardées comme définitivement résolues, ou bien qu’il en viendrait à quelque compromis, à quelque transaction avec d’autres systèmes religieux, ou qu’au moins il accommoderait la raideur dogmatique de ses traditions à la pensée moderne et à la théologie moderne. Il est étrange qu’on eût ainsi oublié que tout Concile général qui s’est occupé des matières de foi, depuis Nicée jusqu’à Trente,

< Lettre pastorale sur U Concile œcuménique, 1869, etc., pages 132 et 133 de l’éditioa anglaise.

HISTOIRE DO CONCILE

a fait des définitions de foi, et que chaque définition est un nouveau dogme, qu’elle ferme les questions qui étaient auparavant ouvertes et détermine plus rigoureusement, plus strictement les doctrines de foi. Toutefois cette croyance, qui s’était répandue, avait excité l’attente, mêlée d’espérance, que Borne, devenue plus large, deviendrait plus accessible, ou qu’en se mettant en contradiction avec son passé elle perdrait son pouvoir sur la raison et sur la volonté des hommes.

Mais l’intérêt excité par ces escarmouches préliminaires en dehors du Concile n’était rien eu comparaison des transports de joie avec lesquels l’opinion anti-catholique et la presse anti-catholique des pays protestants, ainsi que l’opinion et la presse anti-romaines même des pays catholiques, accueillirènt la formation, comme elles le croyaient, d’une opposition internationale organisée, comptant une centaine d’évêques dans le sein même du Concile. Le jour était donc enfin arrivé. Ce que le monde ne pouvait faire du dehors contre Rome, les évêques eux-mêmes allaient le faire en faveur du monde, et c’est de l’intérieur que viendrait ce secours. Je montrerai plus loin combien le monde connaissait peu les évêques qu’il injuriait de ses adulations et qu’il insultait de son estime. Ces évêques étaient les favoris du monde, parce qu’on croyait qu’ils combattaient le Pape. En ce moment, le monde entier se leva pour les porter en triomphe. Gouvernements, hommes d’État, journalistes, schismatiques, hérétiques, infidèles, juifs, révolutionnaires s’unirent, comme par un

instinct qui ne trompe pas, pour exalter et célébrer la vertu, l’érudition, la science, l’éloquence, la noblesse et l’héroïsme de cette opposition internationale. C’était avec des répétitions à la façon d’Homère que certaines épithètes se trouvaient constamment accolées à certains noms. Tous ceux qui étaient contre Rome étaient exaltés; tous ceux qui étaient avec Rome étaient rabaissés. Les yeux et les oreilles de tous les pays étaient attentifs; on leur enseignait à associer tout ce qu’il y a de noble et de grand avec Vopposilion internationale, et à n’attribuer aux autres ni noblesse ni grandeur, pour ne rien dire de pire.

L'intérêt se trouvait ainsi* excité au plus haut degré, et l’on s’attendait avec une entière confiance, confiance répandue au loin, à voir que le Concile serait incapable de faire une définition, et que Roue serait vaincue. Il est difficile de concevoir un plus vif et plus ardent motif d’intérêt pour le monde anti-catholique. Aussi Rome était-elle remplie de correspondants spéciaux ou d’occasion. De simples particuliers avaient abandonné de grands intérêts et de pressants devoirs afin de demeurer h Rome et de soutenir Vopposition internationale. Une ligue de journaux, entretenue par un centre commun, répandait dans tous les pays l’espérance que la science et l’intelligence éclairée de la minorité du Concile sau” verait l’Église catholique des exorbitantes prétentions de Rome etde la superstitieuse ignorance de l’Épiscopat tout entier. Chaque jour les journaux étaient remplis des exploits et des discours de l’opposition. Le monde

croyait avoir reconnu son cœur dans le cœur de l’Episcopat, et il l’aimait comme son propre bien. Il semblait qu’il n’y avait rien qu’on ne pût espérer, attendre ou prédire. Et, en vérité, il n’est pas étonnant qii’mi si vif intérêt fût excité dans les esprits ennemis de Rome par ce spectacle que le monde du dehors s’imaginait luimême contempler. Tels étaient, nous pouvons l’affirmer sans crainte, les principaux motifs de cette excitation fébrile au moment de l’ouverture du Concile et pendant la première période de ses délibérations.

Comment donc nous expliquerons-nous l’indififérence avec laquelle le monde affecte de considérer la clôture de ses travaux? Deux raisons se présentent tout de suite.

Premièrement, il devint peu à peu certain que le monde n’avait pas trouvé son esprit dans le Concile, et que les membres de Vopposüion sur laquelle il comptait n’étaient pas des serviteurs du monde, mais des évêques de l’Eglise catholique, qui, tout en usant de toute lu liberté que l’Eglise leur donnait largement, demeuraient de cœur, d’esprit et de volonté, fidèles h sa divine autorité et à sa voix ;

Deuxièmement, il devint également certain, et il était en effet évident, qu’aucune opposition, soit du dehors, soit du dedans, ne pouvait détourner le Concile de la largeur d’un cheveu de la route dans laquelle il s’avançait avec calme et fermeté vers l’œuvre qui lui était proposée.

Les espérances et la confiance de cette alliance mêlée

de catholiques de nom, de protestants, de rationalistes et d’incrédules, reçurent un premier et sensible échec, lorsque environ cinq cents Pères du Concile témoignèrent au Saint-Siège le désir de voir déâiûr l’infaillibilité du Pontife romain». Cet événement li-inifesta une telle union d’esprit et de volonté et une telle décision, que les proportions tant numériques que morales de l'opposition se trouvèrent considérablement réduites. Cependant on espérait encore que le cours des événements pourrait amener quelque accident de nature à empêcher la définition ; que la minorité, par exemple, pourrait devenir plus puissante au moyen de quelques adjonctions, ou la majorité moins compacte par suite de quelques divisions.

Cette attente reçut un rude coup du vote unanime émis dans la troisième session publique. La première Constitution De Fide avait été si violemment attaquée, et, à ce qu’on s’imaginait, si complètement mise eu déroute, qu’on croyait que si elle était votée, elle ne le serait qu’à une faible majorité, ou qu’au moins il resterait contre elle une imposante minorité. Aussi ne vit-on pas sans une grande surprise le Concile tout entier, alors composé de C64 Pères, l’affirmer par un vote unanime. Je me rappelle fort bien que lorsque les Placet des chefs de l'opposition résonnèrent dans la salle du Concile, certains hauts personnages diplomatiques se regardèrent les uns les autres d’un air significatif. Cette majestueuse unanimité, après toutes les préten-

• V. à l’Appendice, document II.

dues allercations intérieures du Concile, était aussi em* barrassante qu’incontestable. Le monde commença donc à craindre qu’après tout Vopposüion internationale ne pût ni servir Ms desseins ni accomplir son œuvre. On s’aperçut a'éfs d’un changement de tou sensible. Les correspondants se mirent à parler de toute sorte de choses, mais non de cette unanimité. Les journaux devinrent presque silencieux. A partir de cette époque, à leur ton de confiance et de triomphe succéda un ton d’irritation et de vive amertume.

Néanmoins, une nouvelle espérance se mit à briller. Les gouvernements furent poussés à faire des représentations et à aller presque jusqu’à la menace vis-à-vis du Saint-Père’. La confiance se ranima pour un temps. Il parut impossible que la note collective de tant de puissances et l’influence réunie de tant de diplomates, pussent manquer de produire leur efifet. Ceux qui invoquaient l’intervention du pouvoir civil ne semblent pas s’ètre doutés qii’ils travaillaient par le fait à priver le Concile de sa liberté; il y avait pourtant là une contradiction palpable dans la conduite de ces hommes, qui se plaignaient en même temps dans toutes les langues que le Concile ne fût pas libre ; mais je n’ai pas à m’arrêter là-dessus. Ils ne semblent pas non plus s’être rappelés que ceux qui invoquent le pouvoir séculier contre l’autorité spirituelle de l’Eglise, soit pour annuler une sentence déjà rendue, soit pour empêcher de la reudrCj

> Voir à l’Appendice, document III.

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sont ipso facto excommuniés, et qu’il y a là un cas réservé au Pape'. Or, ce qui s’applique au juge ecclésiastique ordinaire eu matière de loi, s’applique certainement à un degré éminent au Concile œcuménique In matière de foi.

Quoi qu’il en soit, l’intérêt du monde fut pendant un temps réveillé par l’espoir que Kome finirait pourtant par être battue. Mais cet espoir fut aussi condamné au désappointement. La distribution faite par les cardinaux présidents de VAddüamentum ou chapitre additionnel sur la doctrine de l’Infaillibilité, l’introdnction du Schéma de Itomano Pontifi.ce avant le Schéma de Ecclesia ; la clôture de la discussion générale par un vote du Concile ; tout montre que le Concile connaissait son propre sentiment et qu’il était résolu à faire son devoir. Il devint incontestablement clair que les membres de l’opposition n’étaient qu’en fort petit nombre; il ne fut pas moins certain que toute opposition cesserait lorsqu’il s’agirait de compléter la

> Apijellanles seu récurrentes ad curium sœcularem ab ordinalionibut I alicujus juiîicis ecclesiaslici eicommunicationem incurrunt Papæ reservatam ex cap. 16 Dullæ In cana Üomini, sive illi judices ecclesiaslici sint ordinarii sive ilelcgati, ut palet in eadem Bulla; et multi dicmit hoc procedere, etiam si sic appellantes et récurrentes oulia décréta pœnalia aut inhibitiones contra cosdein judices ccciesiaslicos obtineant; alü tarnen conirariimi tenant. Vide interprétés super dicta Bulla cap. 19, et Bonacina de Cerisur. in partie, disp, i, q. 17, punct. 1 , num. 2S, qui auctores pro utraque parle allegat. Et continet etiam judices seculares, qui ea occasione decernunt contra dictas judices ecclesiaslicos, et cos qui ilia décréta exequnntur j et continet dantes consilium, patrociniuœ, et favorem in eisdem, ut palet ex eadem Bulla.

In hac materia vide plcrcs pœnas infra verb. Curia, c. 8, et verb. Jurisdictio, et procedit etiam in tacila, seu anticipala appellalione ad prùcurandum impediri futuras ordinationes judicii ecclesiaslici, ut Bônac. num. 23,juxta prohabiliOrcm. — Giraldus de Pænis Eccl. part, il. c. lli, vol. v. p, 96.

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définition. L’intérêt que le monde a nti -catholique manifestait pour le Concile tomba tout d’un coup. Les correspondants devinrent silencieux, ou ne trouvèrent à donner que les raisons pour lesquelles personne ne s’occupait plus du Concile. Ce fut la période d’un superbe dédain qui s’ouvrit. Les correspondants des journaux anglais quittèrent Borne l’un après l’autre. La comédie était jouée, et la dernière espérance d’un conflit intérieur dans l’Église s’était évanouie. On ne pouvait s’attendre à un désappointement plus complet pour les ambitieuses espérances avec lesquelles les adversaires de l’Église catliolique avaient applaudi l'oppo. sition au commencement de l’année ; il fallut renoncer à ce triomphe escompté d’avance. C’est que ces ennemis de l’Église ne connaissaient pas les hommes qu’ils contristaient et déshonoraient par leurs applaudissements. Ils avaient oublié que les évêques ne sont pas des députés, et qu’un Concile œcuménique n’est pas un parlement. Et lorsque, sur quatre-vingt-huit Pères qui avaient voté Non placet le 13 juillet, deux seulement répétèrent ce Non placet dans la session du 18, prouvant par là même que ce que deux pouvaient faire, quatre-vingts auraient aussi pu le faire, le monde resta silencieux, et la Constitution De Romano Poulifice se trouva constamment exclue des colonnes des journaux à son service.

Telle est dans sa simplicité et dans son évidence la raison de ce prétendu manque d’intérêt dans le Concile. C’est rindififérence affectée de ceux qui, ayant rais

comme enjeu leur réputation sur l’issue de la discussion, se sont vus complètement et désespérément désappointés.

Afin de terminer cette partie de mon sujet, je citerai nu passage comme un remarquable et frappant exemple de ce que je viens de raconter. Je le prends dans le plus important des journaux anglais ‘. 11 est tiré d’un article évidemment sorti d’une plume expérimentée et cultivée. Il a paru au moment où la définition devenait certaine et prochaine, et le but de l’écrivain était de ruiner d’avance les effets de cette définition. L’écrivain ne pouvait raconter ce qui était arrivé, puisqu’il parlait avant l’événement ; ni dire ce qui avait eu lieu, puisqu’on ne savait rien encore; mais il inventait le tout, afin que la définition fût reçue avec le mépris qu’il lui plaisait de supposer d’avance. Il s’exprima donc comme si les événements étaient certains et déjà ainsi arrangés, ce que la vérité lui interdisait; et il mit en œuvre tout son esprit afin de rendre le récit souverainement odieux et ridicule, ce qui dévoilait le motif de sa conduite. Le lecteur devra bien se souvenir qu’il n’y a, dans la description laborieuse qui va suivre, pas un mot de vrai, pas même l’ombre de la vérité. Mais personne ne pourrait découvrir les subtiles distinctions de mots au mojen desquelles l’écrivain se défendait d’avoir dit de propos délibéré le contraire de la vérité.

Nous lisons donc, à la date du 8 juin :

«c Le public anglais a quelque raison de regretter que

* Le du Trad.L

l’impoBtance des sujets qui l’intéressent de plus près et qui concernent plus directement ce pays, ait fait en quelque sorte oublier ce qui regarde le Concile œcuménique. Un grand événement se prépare. Il ne peut plus y avoir de doute qu’à la prochaine fête de saint Pierre et de saint Paul, le 29 de ce mois, la précieuse bénédiction de riiifaillibilité papale ne descende sur le monde. Le jour choisi est la fête de saint Pierre dans notre calendrier; à Rome, on l’appelle habituellement le jour de saint Pierre, l’apôtre des gentils n’y étant associé que pour n’y point paraître. Ce jour doit être observé en cette occasion comme le jour des jours, comme l’ère d’une nouvelle révélation. Des feux d’artifice, des illuminations, des transparents, des arcs de triomphe, et tout ce que l’art et l’argent peuvent faire pour une démonstration et pour le plaisir des yeux, tout cela est déjà prêt; les conviés sont prévenus, la fête du mariage se prépare.... On va faire un effort extraordinaire. Rome doit se surpasser elle -même dans ses imitations de météores, dans ses transfigurations artistiques, dans ses nouveaux cieux et ses nouvelles terres, dans ses rayonnements angéliques, dans ses gloires divines et ses infernales horreurs. Si le Concile s’est montré prudent dans ses discours et réservé dans ses manifestations, cela se complétera par des explosions et des spec- ■ tacles d’un caractère plus intelligible. Nous pouvons promettre que cela vaudra la peine d’être vu et qu’on ne regrettera pas le chemin qu’on pourra faire pour le voir. Tous les habitants de la campagne de Rome seront

lE MONDE ET LE CONCILE.

là, afin que tous les sujets temporels du Pape puissent y être vus dans leurs pittoresques costumes. Ces paysans et les étrangers étonnés verront là de leurs proprês yeux le Pape de Rome, le successeur actuel de saint Pierre, investi d'une autorité absolue sur toutes les âmes, tous les cœurs et toutes les intelligences. Ils le verront accueillant les fidèles Placet et livrant les Non placel aux flammes de l’abîme infernal. Ils verront des formes hideuses, des serpents, des dragons, des hydres, des centipèdes, des crapauds et des monstres jusqu’ici inconnus placés sous le pied, ou sous la lance, ou sous 1a foudre de la Rome conquérante, et ils ne pourront manquer de reconnaître dans ces monstres l’Eglise d’Angleterre, les communautés protestantes et les philosophes allemands. Ce sera un grand jour, ce seront de grandes choses qui se feront le 29 juin. Nous ne croyons pas qu’un seul accident fâcheux vienne troubler le programme sacré, — que les foudres manquent leur but, ou que les puissances des ténèbres puissent prévaloir. Nous ne doutons pas que tout ne se passe pour le mieux, par la raison bien simple que tout est prêt et prévu, tout, jusqu’au dogme lui-même. Des artistes d’une habileté et d’un goût supérieur travaillent avec ardeur à la tapisserie de la divine manifestation, sans savoir s’ils doivent regarder cela comme uu blasphème ou comme une bonne plaisanterie. C’est leur pauvreté, non leur volonté, qui consent à ce travail. En voyant les illuminations s’éteindre, les chandelles romaines s’évanouir en fumée, et les machinistes rapporter leurs vieilles fripe-

ries dans les vastes magasins de Rome, nous ne pouvons nous empêcher de penser à ces pauvres Pères du Concile pdhssés au milieu de ces spectacles et de ce tumulte, eux qui ne songeaient qu’à trouver la conviction ou la tranquillité de l’esprit. Pensez-donc à ce pauvre Mac Haie ‘ épuisant en vain sa logique, son érudition et son vigoureux style, et rapportant à son pauvre troupeau sur les bords de l’Atlantique une étrange histoire de lanternes chinoises, de bouquets de flammes et de trans{>areiits plus extraordinaires même que les illustrations de nos almanachs prophétiques. »

Lorsqu’on pense que la définition de rinfaillibilité du Chef de l’Eglise chrétienne est un sujet de foi religieuse pour les nations les plus civilisées du globe, et que le cinquième de la population de nos trois royaumes est profondément intéressée à cette question, on ne peut s’empêcher de dire que cet article du roi des journaux de l’Angleterre n’a pas plus de convenance que de vérité.

Histoire intérieure du Concile.

Je vais maintenant m’efforcer de tracer brièvement l’esquisse du Concile vu de l’intérieur. Ayant pu assister, excepté pendant trois ou quatre jours, à tontes les sessions ou congrégations générales du Concile, qui ont été au nombre de quatre-vingt neuf depuis l’ouverture jusqu’à la clôture, je puis rendre témoignage, nou-seu-

' Arcbetique de Tuem (N. da Trad.).

31 Le monde et le concile.'

lement pour avoir entendu dire, mais comme témoin

personnel de tout ce que je raconte. ,

Après avoir raconté les contestations et les intrigues des orateurs ' des Etats catholiques au concile de Trente, le cardinal Fallavicini continue en disant que c’est tenter Dieu que de convoquer un Concile général, excepté lorsqu’il est demandé par une nécessité absolue *. Je me rappelle qu’au temps du centenaire du martyre de saint Pierre, lorsque le Saint-Père annonça pour la première fois son intention d’assembler un Concile général, un des pins vieux et des plus expérimentés diplomates me manifesta ses vives alarmes à cette occasion. Il prédit exactement ce qui devait se passer au commencement du Concile. Sa prévoyance diplomatique appréciait fort bien les dangers politiques dont on était menacé. Ces dangers étaient certainement évidents et graves, car personne peut-être ne pouvait alors prévoir cette majestueuse unité et nette fermeté du Concile, qui ont surpassé toute espérance et si efficacement dissipé toutes les craintes.

Depuis trois cents ans, l’Église dispersée dans le monde s’est trouvée en contact avec la civilisation corrompue des vieilles nations catholiques et avec la civilisation anti-catholique des contrées ouvertement séparées par le schisme. Les traditions intellectuelles de presque toutes les nations se sont continuellement éloignées de l'unité de la foi et de l’Église. En beaucoup

' Nom donné aux ambassadeurs des puissances auprès du concile (N. dntr.}«

'Hist. conc. Trid., lib. xri, c. 10, tom. ii, p. 800. Anvers, 1070,

HISTOIEE DU CONCILE.

de pays l’opinion publique est devenue formellement hostile à la religion catholique, et l’esprit des catholiques a été fortement affecté par l’atmosphère dans laquelle ils vivent. Il y avait donc à craindre que les évêques du monde entier, si différents de race, d’institutions politiques et d’habitudes intellectuelles, n’apportassent dans le Concile des éléments de divergence, si ce n’est d’irréconciliables divisions. Un certain nombre d’entre eux s’étaient déjà réunis auparavant, à l’occasion des canonisations de 1862 et de 1867 ; mais lapins grande partie des évêques venus au Concile se réunissaient pour la première fois. Il y avait là les pasteurs de trente nations différentes, apportant avec eux la plus grande variété d’expérience et de culture intellectuelle et sociale. Et pourtant, au milieu de cette variété régnait une parfaite identité de foi. Sur ce point, trois cents ans de séparations et de différences dans toutes les choses de l’ordre naturel n’avaient produit aucun effet. L’Église de Dieu seule avait pu se perpétuer immuable à travers trois cents ans de changements perpétuels et sous les plus puissantes influences du monde. Pouvait-il y, avoir une plus lumineuse démonstration des dons surnaturels de l’Église que celle que fouruissait le Concile du Vatican ? Pendant trois siècles, elle a traversé les révolutions qui ont détruit les empires, les lois, les opinions. Et l’Épiscopat de l’Église catholique s’est réuni, au mois de décembre 1869, te^ qu’il s’est réuni à Trente, à Lyon, à Nicée. Aussitôt il se met à l’œuvre, et comme par instinct, ou avec cette

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aisance que donne une expérience impérissable, il se met à définir les doctrines de la foi et à décréter des lois de discipline. Une pareille unité de sentiment et de volonté est au-dessus des conditions de rhumaine faiblesse ; elle ne peut être attribuée qu’à une seule puissance^ à un seul guide, à l’assistance surnaturelle de l’Esprit de vérité qui maintient perpétuellement l’Eglise de Dieu dans la lumière et dans l’unité de la foi.

Voilà ce qui devint de jour en jour plus évident et pour ainsi dire palpable pour ceux qui se trouvaient au Concile. Cette évidence ne diminuait point, parce qu’il y en avait un certain nombre qui regardaient comme inopportune la définition de l’infaillibilité du Pontife romain. Il y avait là une question de prudence, de conduite et d’utilité, non une question de doctrine ou de vérité. C’était ainsi que vingt ans auparavant l’Eglise s’était montrée unie dans la croyance à l’Inmiaculée Conception, tandis qu’il restait quelques évêques pour lesquels il était douteux qu’il fût prudent de la définir. Cette question d’opportunité mise de côté, il n’y avait dans le Concile du Vatican aucune divergence de quelque gravité, et certainement il n’y avait aucune différence sur la matière de foi. Pour moi, je n’ai pas entendu citer cinq évêques qui rejetassent la doctrine de l’Infaillibilité pontificale. Presque tous les Conciles précédents avaient été troublés par des divisions, si ce n’est par l’hérésie. Dans celui-ci, nulle hérésie. La question d’opportunité était une question secondaire et libre. On peut affirmer en toute vérité que jamais il n’y eut une

plus grande nnniiimité que dans le Concile du Vatican. Le monde en vit une première preuve dans le vote unanime qui affirma, le 24 avril, la première Constitution sur la Foi.

J’aurais à peine parlé de la conduite extérieure du Concile, si je n’avais pas vu, avec autant de surprise que d’indignation, des rapports où l’on prétendait donner la description de scènes de violence et de désordre dans le cours des discussions conciliaires. Moi qui ai, dès les temps les plus reculés où se reportent mes souvenirs, assisté à des assemblées publiques de toute sorte, et spécialement à celles qui se tieunent chez nous, où elles passent pour l’emporter sur toutes les autres en gravité et en dignité, je suis en état et dans l’obligation de dire que je n’ai jamais vu tant de calme, tant de respect de soi-mômc, tant de tolérance mutuelle, tant de courtoisie, tant de retenue que dans les quatre-vingt neuf sessions du Concile du Vatican. Pendant une période de neuf mois, le cardinal président n’a pas été peut-être obligé de rappeler plus de douze à quatorze fois à l’ordre. Dans une autre assemblée, les orateurs auraient été rappelés à la question sept fois plus souvent et pins tôt. Rien ne saurait surpasser les égards et le respect avec lesquels ce devoir était rempli. Dans quelqués occasions on a pu entendre quelques murmures de désapprobation; quelquefois une remarque a été faite à haute voix. On pourrait citer un très-petit nombre de cas, heureusement d’un caractère exceptionnel, où s’échappèrent à la fiu quelques expressions

tE MONDE ET LE CONCILE.

d’iine désapprobation vigoureuse et d’une patience poussée à bout. Mais, quant aux récits de violences, de bruits tumultueux, de menaces, de dénonciations et même de collisions personnelles, avec lesquels certains journaux ont égaré l’opinion, je puis affirmer que ce sont de calomnieuses faussetés, fabriquées dans le but d’exciter la haine et le mépris contre le Concile. Que telle ait été l’intention de certains journaux et de leurs . correspondants, c’est ce qu’il est impossible de nier. Ils s’étaient d’abord efforcés de garder le silence sur le Concile, mais un Concile œcuménique ne peut passer inaperçu. Ils essayèrent ensuite de le tourner en plaisanterie; mais un Concile œcuménique ne peut pas être rendu ridicule, le bon sens du monde s’y oppose. Mais on peut le rendre odieux et le faire haïr, et c’est le moyen non-senlemeiit de détourner de lui les esprits, mais encore de tourner les esprits contre lui. C’est à cela que le monde anti-catholique a travaillé de toute façon. Aucun plan n’y pouvait mieux réussir que de représenter les sessions du Concile comme des scènes de clameurs indécentes et de violences personnelles, indignes même chez des laïques, criminelles chez des évêques de l’Eglise. J’ai lu les descriptions de scènes dont j’avais été moi-même témoin ; ces descriptions étalent si absolument contraires aux faits et à la vérité, qu’il ^ m’est impossible d’accepter pour l’écrivain anonyme l’excuse de l’erreur. L’intention était manifeste, et l’effet en a été et en sera d’empoisonner une multitude d’esprits auxquels la vérité n’arrivera jamais,

HISTOIRE DO CONCILE

On a crié sur tous les tons qu’une majorité tyrannique privait la minorité de la liberté de discussion.

Bien des raisons rendent difficile de croire à cette allégation.

D’abord, il n’y avait qu’une seule et même règle pour la majorité et la minorité. Si l’une des deux était privée de liberté, l’autre l’était également; si toutes les deux l’étaient, cela pouvait être malavisé, ce ne pouvait être injuste; mais si elles ne l’étaient pas toutes deux, ni l’une ni l’autre ne l’était. La majorité s’imposait à elle-même, spontanément et librement, les mêmes conditions qu’elle acceptait pour tous.

En second lieu, le mode suivi dans la marche des discussions donnait aux débats la liberté la plus large.

Ainsi le sujet à traiter était imprimé et remis à chaque évêque, et une période de huit ou dix jours était accordée pour les observations qu’on pouvait désirer de faire par écrit.

Ces observations étaient soigneusement examinées par la députation des vingt-quatre ; si on les trouvait pertinentes, elles étaient admises, soit pour modifier, soit pour réformer le Schéma primitif.

Le texte ainsi amendé était alors soumis à la discussion générale, dans laquelle chaque évêque du Concile avait le droit de parler librement, et les discussions duraient aussi longtemps qu’il plaisait à un évêque de s’inscrire pour parler.

La seule limite à cette liberté de discussion consistait dans le pouvoir qu’avaient les présidents, sur la de-

mande de dix évêques, de demander au Concile s’il désirait que la discussion fût prolongée. Les présidents n’avaient pas le droit d’en prononcer la clôture; le Concile seul pouvait la déclarer terminée. Ce droit est essentiel à toute assemblée délibérante, qui a la double liberté d’écouter aussi longtemps que cela lui parait convenable, et de refuser d’écouter lorsqu’elle juge qu’une question a été suffisamment discutée. Refuser cette liberté au Concile serait demander pour les individus la liberté de forcer le Concile à les écouter aussi longtemps qu’il leur plairait de lui faire perdre son temps ou d’arrêter ses décisions. Dans les assemblées politiques, la Chambre met fin aux débats par ce cri péremptoire et inexorable : la question, ou l'ordre du jour, aux voix ! Les assemblées de l’Eglise sont d’un autre caractère, mais elles ne sont pas privées des mêmes droits essentiels; elles peuvent, par un vote libre, décider si elles veulent entendre ou non, selon que le jugement du Concile le trouve convenable. Lui refuser ce droit, ce serait refuser la liberté au Concile, et, sous prétexte de liberté, demander pour le petit nombre le droit de tyranniser la volonté du plus grand nombre *.

Cette liberté et ce droit pour le Concile de clore ses

* Je ne puis m’empêcher de noter ici un rapprochement histdrique. Ceux qui ont fait appel à l’opinion anti-catholique et même aux gouvernements civils de tous les pays pour contenir le Saint-Siège et le Concile, se plaignaient de l’oppression et de la violation de leur liberté. Lorsque Napoléon tenait Pie VU prisonnier à Fontainebleau, et le privait de sa liberté, en employant tous les moyens pour agir sur lui, même la menace, l’avertissement suivant fut donné

HISTOIRE OU CONCILE

discussions lorsqu’il le trouve convenable était donc évident ; en fuit, ou ne peut rappeler qu’un seul cas où il en ait usé. C’est avec une patience vraiment exemplaire qu’il a écouté ce qu’on aurait regardé à la Chambre des Communes comme d’interminables discussions et d’interminables discours. Dans la discussion générale du Schéma De Romano Pontifice, on entendit quatre-vingts évêques. Parmi Ceux-ci, près de la moitié appartenait à ce que les journaux appelaient l’Opposition, tandis que la proportion des membres de l’opposition dans le Concile n’était pas plus d’un sixième. On n’en entendit pas moins trois sur six. Après cela, il restait encore à délibérer sur le Proœinium et sur les quatre chapitres, c’est-à-dire qu’il restait encore cinq discussions distinctes, dans lesquelles chacun des six ou sept cents évêques du Concile avait le droit de prendre cinq fois la parole. Le Concile agissait donc avec beaucoup de raison en pi’ononçant la clôture de la discussion générale, puisqu’il laissait dans sou entier le droit de parler encore cinq fois à ceux qui le jugeraient à propos. 11 n’y a vraiment que ceux qui avaient envie de ne pas voir la fin de la discussion, c’est-à-dire de rendre la définition impossible en parlant à contre-temps, qui pouvaient se plaindre de cet

par le colonel Lagorse aa cardinal Pacca, qui était alors près du Saiut-Père : « 1,’empereur est mécontent des cardinaux, parce qu’ils ont, depuis leur arrivée à Fontainebleau, continuellement empêché le Pape d’avoir une libre action; s’ils désirent rester à Fontainebleau, ils devront s’abstenir de toute intervention dans les aflaircs.... Manquer à ces conditions serait s’exposer à être euxmêmes privés de leur liberté. » Mémoires du eai-dinai Pacca, tom. ii, p.l92.

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exercice si juste de sa liberté de la part du Concile. Pour moi, je puis déclarer en conscience que tous les arguraeî=its généraux avaient été épuisés longtemps . avant la clôture de la discussion générale. On avait, en outre, tellement anticipé sur la discussion spéciale des détails, que pendant plusieurs jours on n’entendit rien de nouveau. La répétition devenait fastidieuse. Alors, et pas avant, sur la demande, non de dix, mais de cent cinquante évêques au moins, le président demanda au Concile s'il désirait continuer ou fermer la discussion générale. Une immense majorité se déclara pour la clôture. Mais cette clôture prononcée, cinq discussions distinctes, comme je viens de le dire, s’ouvrirent l’une après l’autre, et se prolongèrent tant qu’il plut h quelqu’un des Pères de parler. Enfin, pour la cinquième et dernière discussion, cent vingt orateurs inscrivirent leur nom. On en entendit au moins cinquante. Il n’y eût pas moyen de supporter plus longtemps la fatigue de tant de discours, et, d’un consentement mutuel, cette discussion sans utilité et sans fin se termina par épuisement.

Protestation des cardinaux présidents.

C’en est assez sur la liberté matérielle du Concile.

En ce qui concerne sa liberté morale, il suffira de dire que les sténographes ont placé dans les Archives un recueil de discours qui montrera que la liberté de penser et de parler était parfaitement sauvegardée. Si l'on publiait ces discours, on verrait que l’accusation

HISTOIRE DU COMCILE.

est digne de chùtiiiieiit. Ce qui étoniieruit, ce ne ser..ifc pus que l’opposition n’ait pu atteindre son but, mais que le Concile ait été si longtemps tranquille. Plusieurs évêques des [lays les plus libres ont dit avec vérité : a La liberté de notre Congrès n’est pas plus grande que la liberté du Concile. » Lorsqu’on songe que, sur plus de six cents évêques une centaine au plus étaient en opposition avec leurs frères, il est difficile de paraître sincère en disant que le Concile manquait de liberté. Il n’y avait qu’une seule liberté dont fût privé le sixième des Pères du Concile, la dernière sans doute qu’ils pussent désirer, c’est-à-dire celle de détruire la liberté des cinq autres sixièmes.

Le Concile, toléra longtemps ces mensongères accusations des politiques, des journaux et des écrivains anonymes; il ne voulut jamais prendre connaissance de ces faussetés jusqu’au dernier jour, où l’œuvre entreprise se trouvait complète et qu’il ne restait plus qu’à voter en session publique. Le 16 juillet, après que les derniers votes eurent été donnés et que la première Constitution De Ecclesia Chrisli eut été définitivement approuvée, alors, pour la première fois, il porta son attention sur ces tentatives faites contre son autorité. Deux libelles calomnieux sur le Concile avaient paru, l’uii intitulé : Ce qui se passe au Concile, l’autre, La dernière heure du Concile ; dans les deux, l’on niait la liberté du Concile du Vatican, dans l’intention d’en nier l’autorité. La Congrégation générale, à une immense majorité, adopta la protestation suivante, et

''OAndamiia ces deux scandaleux patnidilets, en ajoutant à la condamnation une affirmation spontanée de l’absolue liberté du Concile :

« Kévérendissimes Pères,

« Dès le moment où, avec l’aide de Dieu, le saint Concile du Vatican s’est assemblé, une guerre très-vive s’est allumée contre lui, et dans le but de diminuer sa vénérable autorité auprès du peuple fidèle, de la détruire même tout à fait, s’il était possible, plusieurs écrivains se sont mis à parler de lui injurieusement et à l’attaquer à l’envi par les plus indignes calomnies. Ces écrivains ne se trouvent pas seulement parmi les hétérodoxes et les ennemis déclarés de la Croix de Jésus- Christ; il y eu a parmi ceux qui se disent les enfants de l’Eglise catholique, et^ ce qui est souverainement déplorable, parmi les ministres mêmes de la religion.

« On sait trop, pour qu’il nous soit nécessaire de les rap[torter en particulier, les mensonges honteux qui sont amassés dans des journaux de toute langue et dans des libelles sans nom d’auteur, imprimés en différents lieux et distribués clandestinement. Mais, parmi les libelles anonymes de cette espèce, il en est deux surtout, écrits en français et intitulés ; Ce qui se passe au Concile, — La dernière heure du Concile, qui semblent avoir obtenu la palme sur tous les autres par l’art avec lequel ils distillent la calomnie et par la licence avec laquelle ils répandent le mensonge. Dans ces libelles, en effet, ce n’est pas seulement la dignité de ce Concile

HISTOIRE OU CONCILE

et sa pleine liberté qui sont attaquées par les plus honteux mensonges, en même temps que sont renversés les droit du Siège apostolique; c’est l’auguste personne elle-même de notre Très-Saint Père le Pape qui est poursuivie des plus graves injures.

« C’est pourquoi, nous souvenant des devoirs de notre charge, afin d’empêcher notre silence, s’il se prolongeait plus longtemps, d’être mal interprété par la malveillance, nous nous voyons forcés d’élever la voix contre de pareilles calomnies, et de protester, de déclarer devant vous tous, Révérendissimes Pères : Qu’il n’y a que mensonge et calomnie dans tout ce que disent et racontent ces journaux et ces libelles, soit pour jeter le mépris et l’injure sur le Saint-Père et sur le Siège apostolique, soit pour déshonorer ce saint Concile, soit pour établir qu’il manque de la liberté légitime qui lui convient.

« Dans la salle du Concile du Vatican, le 16 juillet 1870.

« Philippe, cardinal De Akgelis, président.

« Antonin, cardinal De Luca, président.

(t André, cardinal Bizzarri, président.

« Louis, cardinal Bilio, président.

« Annibal, cardinal Capalti, président'.

Définition par acclamation.

Nous avons maintenant conduit notre récit jusqu’à la veille de la définition ; il ne me reste plus qu’à faire

• Voyez l’Appendice, document iv.

LE MONDE ET LE CONCiLE. 43

une ou deux remarques générales pour terminer cette partie de mon sujet.

On a élevé une étrange accusation contre le Concile du Vatican, ou, pour parler plus exactement, contre le Chef de l’Eglise, qui l’a convoqué, savoir : que son objet était la définition de rinfaillibilité du Pape. Fort de ce que je sais, ainsi qu’une grande partie de l’épiscopat, je puis donner un démenti formel à cette assertion. Mais, qu’on le remarque, ce démenti n’a point pour but de repousser une accusation qui blesserait la sagesse, la dignité ou le devoir du Concile ; je le donne simplement parce que le fait est faux. 11 serait vrai, que je n’hésiterais pas un moment à dire que le Concile, même s’il eût été principalement assemblé pour définir l’infaillibilité du Pontife romain, ne l’avait été qu’eu parfaite conformité avec la pratique de l’Eglise dans les dix-huit Conciles généraux déjà tenus.

Chaque Concile a été assemblé dans le but d’éteindre quelque hérésie capitale ou de corriger quelque mal capital de son temps. Et je ne crains pas d’affirmer que la négation de l’Infaillibilité du Pontife romain était, de notre temps, la principale erreur intellectuelle ou doctrinale touchant la foi, pour ne pas dire une erreur plus que proche de l’hérésie.

11 en était ainsi, parce qu’elle portait atteinte à la certitude des actes pontificaux des trois derniers siècles, et qu’elle affaiblissait l’effet des actes pontificaux de nos jours sur l’intelligence et sur la conscience des fidèles. Elle entretenait dans toute sa vivacité une dangereuse

controverse sur le sujet de rinfaillibilité en général, et elle exposait l’Infaillibilité de l’Eglise elle-même à des difficultés qu’il n’était pas facile de résoudre. Comme il s’agissait d’une question ouverte en apparence et discutable, mais qui cependant touchait à la racine de la foi, cela pouvait exposer la foi elle-même à être l’objet de doutes.

Ensuite, cela devenait extraordinairement dangereux dans la pratique. Les divisions et les disputes du Gallicanisme et de V Ultramontanisme ont été pour nous un scandale et une honte. Les protestants et les incrédules se trouvaient éloignés de la vérité par ces controverses intérieures, spécialement sur un point d’une si haute importance et si intimement lié à toute l’autorité doctrinale de l’Eglise.

Enfin, les divisions et les disputes sur cette question supposée ouverte ou libre, ont moralement produit plus de froideur, d’aigreur et d’animosité entre pasteurs et peuples, et, ce qui est encore pire, entre pasteurs et pasteurs, que tout autre point controverse de nos jours. Nos contestations intérieures, publiées par des journaux protestants, et malheureusement aussi par des journaux catholiques, ont été pour nous un sujet de reproche devant le monde entier.

Il était grandement temps de mettre uu terme h ce mal, et le Concile n’eût-il été réuni que pour cela, que le motif en aurait été abondamment suffisant. L’Infaillibilité, qui a été définie dans sa première période, ne l’a pas été une heure trop tôt, et, si elle l’avait été

tE MONDE ET LE CONCILE.

plus tôt, elle aurait sans cloute prévenu bien des scandales que nous déplorons maintenant. Mais je ne fuis cette dernière remarque qu’avec réserve, car les temps et les opportunités d’un Concile sont placés sous un pouvoir au-dessus de notre portéci Au milieu de ces graves événements et de ces sollicitudes, il y avait de temps en temps des choses réjouissantes et qui prêtaient à rire innocemment. Parmi celles-ci, je place ce qu’on peut appeler la terreur panique manifestée dans le camp de ceux qui craignaient ^ de voir la détinition de l’Infaillibilité du Pape subitement enlevée par acclamation, et la joie vraiment amusante de ceux qui s’imaginaient avoir conjuré le danger par leur adresse et leur habileté. Cette iicclamatiou, semblable à l’explosion d’un complot, avait dû d’abord éclater tel jour, puis, manquée ce jour-là, éclater tel autre jour. On avait désigné la fête de l’Epiphanie ; ou désigna ensuite la fête de saint Joseph, puis celle de l’Anuonciation. Mais, grâce à la savante tactique de certains chefs de l’opposition, cette conspiration ne put définitivement aboutir. Ce fut Janus qui annonça le ‘ premier la découverte du complot. Depuis lors, les esprits ne cessèrent plus d’en être hantés. On vivait dans de perpétuelles alarmes. Il y avait toujours à craindre, nous disait-on, une surprise qui créerait ua article de foi avant qu’on ne pût protester. Je m’abstiens par respect de nommer les prélats distingués que citent si librement nos docteurs anonymes, quand ils affirment que l’infaillibilité pontificale devait être em-

portée par acclamation, mais que ce projet fut déjoué par le tact et la fermeté de « tel prélat, » et « qu’une tentative semblable avait été projeté pour un jour ultérieur (le 19 mars), mais que l’action soudaine de quatre prélats américains la fit encore échouer*. »

Or la vérité est que personne, à ma connaissance, au moins, et je crois pouvoir parler avec certitude, personne n’a songé même un moment à cette définition par acclamation. Tous ceux à qui j’ai parlé de ce bruit en ont ri sincèrement. Ce sont précisément les membres du Con. cile à qui l’on attribuait le désir d’une acclamation, ou que l’on regardait comme devant y consentir, qui étaient les plus éloignés de cette pensée, et cela, pour une raison aussi claire que le jour. Ils n’avaient nul désir d’une acclamation, parce que les acclamations ne définissent rien. Il leur suffisait d’avoir les acclamations du Concile de Cbalcédoine, où l’on avait unanimement crié : « Pierre a parlé par la bouche de Léon ï, et celles du Concile de Constantinople : « Pierre a parlé par la bouche d’Agathon » ; et les paroles de l’adresse des cinq cents évêques réunis pour le centenaire de saint Pierre, en 1867, et déclarant unanimement que oc Pierre a parlé par la bouche de Pie IX » ; car ils savaient bien que plusieurs, même de ceux qui s’étaient joints le pins bruyamment à cette acclamation, niaient que ces paroles attribuassent l’infaillibilité au .successeur de Pierre. L’expérience prouvait donc, même quand la théologie ne l’eût pas fait depuis longtemps, qu’une acclamation

* Salurday Review, 2 août 1870.

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n’est pas une définition, et qu’une acclamation laisse au même point la question agitée, c’est-à-dire aussi sujette à controverse après qu’auparavant. Il n’y avait rien qu’une définition qui pût satisfaire la raison et la conscience, et jamais on u’a songé un moment à se passer de définition.

Voilà une légère esquisse de l’histoire intérieure de cette longue contestation. Elle a passé par neuf phases distinctes, et l’on doit avouer que ceux qui désiraient empêcher la définition ont défendu leurs positions successives avec une ténacité peu commune. .

La première attaque est venue du dehors, soutenue par une poignée de professeurs et d’écrivains qui niaient la vérité de la doctrine. Dans la seconde position, la vérité était admise, mais ou niait qu’elle pût être définie. Dans la troisième, on admettait la définibilité, mais on en contestait l’opportunité. En quatrième lieu, on s’efforça d’empêcher rintroduction de la question dans les délibérations du Concile. La question introduite, on tâcha de la rendre impossible au moyeu de délais successifs. Cette cinquième position perdue, on essaya de prolonger la discussion jusqu’à l’époque où les chaleurs forceraient le Concile de se séparer. Dans la septième position, la discussion étant close, on travailla à faire remettre à plus tard la définition. En huitième lieu, la définition faite, on lutta pour en faire différer la promulgation. Neuvièmement, — et je ne puis pas dire que c’est la dernière position qui sera défendue, car qui pourrait prévoir l’aveuir? — on a affirmé que la défiai-

tion, bien qu’elle ait été solennellement faite, confirmée et publiée par le Chef de l’Eglise dans le Concile œcuménique, et promulguée urbi et orbi conformément à l’usage traditionnel de l’Église, on a afiirmé, dis-je, que la définition ne liera pas la conscience des fidèles tant que le Concile ne sera pas terminé et souscrit par les évêques.

Les définitions obligent tous les fidèles.

Cette dernière position est la seule que gardent encore les adversaires de la définition. 11 est difficile de croire que, après lu lettre écrite par le cardinal Autouelli au Nonce à Bruxelles, personne puisse persister dans cette erreur. Néanmoins, il sera bon d’ajouter un ou deux mots qui touchent la question, et dont vous saurez bien vous servir à l’occasion.

1. Une définition de foi déclare qu’une doctrine a été révélée de Dieu.

'> Les fidèles peuvent-üs donc être dispensés de croire à la révélation divine tant que le Concile n’est pas terminé et que les évêques ne l’ont pas souscrit?

J’espère, pour l’honneur de la religion catholique en face du peuple anglais, que nous n’entendrons plus parler d’une assertion si peu catholique et si dangereuse.

2. Mais peut-être veut-on dire que le Concile n’est pas encore confirmé parce qu’il n’est pas encore terminé.

Le Concile, en effet, peut bien ne pas être encore

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confirmé parce qu’il n’est pas encore terminé, mais la Définition est à la fois terminée et confirmée.

Le Concile est aussi complètement confirmé dans ses actes accomplis jusqu’ici, qu’il ne le sera et ne le pourra jamais être. La confirmation future n’ajoutera rieu à ce qui est déjà confirmé. On confirmera ses actes futurs, non ceux qui sont déjà parfaits à présent.

3. Peut-être, enfin, quelqu’un aura-t-il l’idée que la question n’est pas encore terminée, et que le Concile pourra plus tard défaire ce qui a été fait. On nous a dit que « les décrets peuvent être corrigés, » et que deux ans se sont écoulés, par exemple, avant que les prétentions du brigandage d'Épliese à l’œcuménicité aient été formellement repoussées. Quelques-uns n’ont-ils pas appelé le Concile du Vatican, Ludibrium Vaticamm (la Comédie du Vatican)?

Que ceux qui parlent ou qui pensent ainsi, car beaucoup disent ces choses sans les penser, que ceux-là considèrent leur foi. Les actes passés du Concile sont infaillibles. Aucun acte futur ne pourra les modifier. Tel est le sens du mot irréformable. L’Infaillibilité ne peut revenir sur ses pas. Et ceux qui diffèrent leur assentiment à ces actes, sous le prétexte que le Concile n’est pas terminé, sont eu danger de perdre la foi. Ceux qui rejettent les définitions du Concile du Vatican sont déjà tombés dans l’hérésie.

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