LA QUESTION D’HONORIUS
C’est à dessein que j’ai évité de traiter les preuves historiques relatives à la question d’Honorius dans le texte du quatrième chapitre : Voici mes raisons :
1 . 11 suffit pour l’objet de ce chapitre d’affirmer que la question d’Honorius est douteuse. C’est en vain que les adversaires de rini^illibilité du Pape citent ce cas comme s’il était certain. Des siècles de controverse, ont établi sans contradiction possible que l’accusation contre Honorius ne peut pas être portée par ses plus ardents adversaires, à un degré plus élevé que celui d’une probabilité. Et celle probabilité, élevée à son plus haut degré, est moindre que celle de la défense. J’affirme en conséquence que la question est douteuse, ce qui suffit abondamment contre le jugement privé de ses accusateurs. La masse de preuves de l’Infaillibilité des Pontifes romains l’emporte évidemment sur de pareils doutes.
2. La thèse du quatrième chapitre exclut nécessairement route discussion sur des faits de détails. Sils avaient été introduits^, dans le texte, nos adversaires auraient glissé sur le point capital et auraient embrouillé la question en entrant dans la discussion des détails. Je n’cri affirmerai pas moins ici que les points sui- ;
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vantsdela question d’Honorius peuvent être abondamment démontrés d’après les documents :
1° Honorius n'a défini de doctrine d'aucune sorte.
2® Il a défendu de faire une définition nouvelle.
3® Sa faute a précisément consisté dans cette omission d’exercer son autorité apostolique, faute pour laquelle il a été justement censuré.
4° Les deux lettres sont entièrement orthodoxes, quoique, d’après le langage usuel, il ait écrit comme il était habituel de le faire avant la condamnation du monotélisme, et non comme il devint nécessaire de le faire après cette condamnation. C’est commettre un anachronisme et une injustice de censurer son langage, qui était le langage usité avant cette condamnation, comme il eût étéjustedele censurer après que la condamnation eût été portée.
J’ajoute à cela les excellents passages qui suivent de la récente Lettre pastorale de l’Archevêque de Baltimore :
« La question d’Honorius ne forme pas une exception ; car : 1® Honorius dit expressément dans sa lettreàSergius, qu’il n’a l’intention de rien définir, et il a été condamné précisément parce qu’il a temporisé et n’a pas voulu définir; 2® il enseigne clairement dans sa lettre, la saine doctrine catholique, se contentant d’enjoindre le silence sur certaines expressions, alors nouvelles dans l’Eglise; et, 3® ses lettres n’ont pasété adressées à un concile général de toute l’Église ; elles étaient plutôt privées que publiques et officielles ; au moins ne furent-elles publiées, même en Orient, que plusieurs années plus tard. La première lettre fut écrite à Sergius en 633, et huit ans après, en 641 , l’empereur Héraclius, en se disculpant auprès du Pape Jean H, successeur d’Honorius d’avoir publié son édit, VEcthèse qui enjoignait aux parties contendantes un silence semblable à celui qu’Honorius avait imposé, fait retomber toute la responsabilité de sa conduite sur Sergius, qu’il déclare être le rédacteur de l’édit. Evidemment Sergius n’avait pas communiqué
LA QUESTION d’hONOHIUS.
la lettre d’Honorius à l’empereur, probablement parce que le texte de cette lettre, s’il avait été publié, n’aurait pas été favorable à son coupable dessein d’introduire secrètement, sous une autre forme, l’hérésie d'Ëntichës. Ainsi tombe à terre le seul cas sur lequel les adversaires de l’Infaillibilité ont coutume d’insister. Le sujet tout entier a été épuisé par un grand nombre de récents et de savants écrivains. »
Sur la question de Vigile, voyez le cardinal Orsi, Dt irreformabili Rom. PohC. in definimdit fidei controversiis Judicio, t. i, p. 1, capp. XIX, XX ; — Jeremias a Benetti, Privil. S. Pétri vindic., p. ii, t. v, art. 12, p. 397, éd. rom. 1759 ; — Ballerini, De VI et ratime primatus, cap. xv; — L. Tbomassin, disp, xix, in Concilio ; — Pierre de Marca, Dise, de Vigilio; — Vincenzi, inS. GrtgoriiNyn.et Origenie scriptacumApp. deactüSynodi V, t. IV et V.
Sur la question d’Honorius, parmi les anciens auteurs : Jos. Biner, 5. J. in Apparatu eruditionie, p. lii, iv et xi ; — Orsi, op. cit. cap. XXI, xxviii ; — Bellarmin, De Rom. Pontif., lib. iv ; — Tbomassin, op. cit, diss. 20; — Noël Alexandre, ffitl, ecelee. smeul. vu, diss. 2 ; — Zaccaria, Antifebron, p. ii, lib. iv. Parmi les auteurs plus récents, V. CivUtà catloHca, ann. 1864, sér. V, vol. 11 et 12 ; — Scbneemau, Sludia in qusest. de Hononb ; — Jos. Pennachi, de Honorix 1, Romani Pontifias causa m Concilio VI.
' V. eooore U Cause d'Honorias, documents originaux, avec traduction, notes et conclusion. Paris, 1870, cher V. Palmé. (N. du Trad.)