LETTRE PASTORALE DES ÉVÊQUES ALLEMANDS
Chaque fois que, dans le cours des âges, la mésintelligence ou l’hostilité vinrent attaquer des points de doctrine, ce magistère infaillible sut, de diverses manières, tantôt par des Conciles généraux, tantôt sans recourir à ces assemblées, découvrir et signaler l’erreur, délinir et conOrmer la vérité. Les Conciles généraux étaient la manirestalion la plus solennelle de cette autorité. C’étaient d’augustes réunions dans lesquelles le Chef et les membres de l’Église coopéraient à dissiper les doutes et les différends en matière de foi, qui leur étaient soumis.
Ces décisions, d’après Tunanime et indubitable tradition de l’Église, ont toujours été considérées comme rendues de telle sorte qu’une assistance surnaturelle les préservait de toute erreur. Aussi les fidèles se sont-ils de tout temps soumis à ces jugements comme aux oracles de l’Esprit-Saint et en ont-ils, avec une foi entière, admis la vérité. Ils ne l’ont pas fait seulement parce que les évêques étaient à leurs yeux des pontifes de grande et profonde expérience, parce que plusieurs d’entre eux étaient des hommes d’un vaste savoir, parce que, venus des diverses parties du monde, ils représentaient ainsi d’une certaine manière l’humanité tout entière, parce qu’ils avaient consacré une longue existence à l’étude et à la prédication de la parole sacrée, et étaient par conséquent autorisés à l’interpréter. Sans doute, tous ces titres donnaient â leurs décisions un trèsgrand et même le plus grand caractère de crédibilité humaine, mais ils ne suffisaient pas pour asseoir la foi sur une base surnaturelle. Cette foi ne repose pas, en dernière analyse, sur le témoignage des témoins les plus croyables, et lors. même qu’elle émanerait des meilleurs et des plus nobles représentants de l’humanité, elle s’appuie toujours et tout entière sur Dieu qui est la vérité môme.
Alors donc que les enfants de l’Église acceptent avec foi les décisions des conciles généraux, ils le font dans la conviction que Dieu, la vérité éternelle et essentiellement infaillible, intervient dans ces jugements et les abrite contre toute erreur.
ASSEMBLÉS A FULOA.
Tel est le concile général actuel, convoqué à Rome, vous le savez, par Notre Saint-Père Pie IX, et dans lequel les successeurs des apôtres, plus nomlireux que jamais, sont accourus de toutes les régions de l'univers, pour statuer avec le successeur de Pierre et sous son autorité, sur les grands iutérèts de l’Église.
Après de longues et laborieuses délibérations, le Saint-Père, en vertu de son magistère apostolique et avec l'assentiment du Concile, a promulgué solennellement, le 24 avril et le 18 juin de cette année, diverses décisions concernant l’enseignement de la foi, l’Église et son Chef. Ainsi le magistère infaillible de l’Église a décidé ; le Saint-Esprit a parlé parla voix du Vicaire de Jésus-Gbrist et de l’épiscopat uni au Pape, et dès lors les évêques, les prêtres, les fidèles doivent accepter ses décisions comme révélées de Dieu même, y croire d’une foi ferme, les admettre et les professer de grand cœur s’ils veulent pratiquement être et demeurer membres de l’Église catholique et apostolique.
Lorsque, malgré ces décisions, vous entendez, nos bien-aimés, s’élever des objections ; si vous entendez dire que le Concile du Vatican n’était pas vraiment œcuménique et que partant ses décrets ne sont pas légitimes, ne vous laissez pas troubler dans votre soumission à l’Église et dans votre adhésion à ses jugements. De telles allégations sont dénuées de tout fondement.
Attachés au Pape dans l’unité de la foi et de la charité, les évêques assemblés — soit qu’ils appartinssent à des diocèses de pays chrétiens, soit qu’ils fussent appelés à propager le royaume de Dieu dans la pauvreté apostolique et parmi les inûdèles, — ont délibéré comme successeurs des apôtres, au même titre, avec mûre délibération.
Aussi longtemps que la discussion a été ouverte, les évêques ont pu, suivant leur conviction et en acquit de leur charge, défendre leur opinion avec une pleine franchise et avec toute la liberté nécessaire, et, comme il fallait le prévoir dans une
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assemUée dt près de buU cents personnes, bien des avis dülê* rents se sont &it jour. Ces divergences ne sauraient toutefois comproraeltre en rien la légitiniilé des décisions conciliaires) alors même qu’on ferait abstraction de ce fait qu’en séance publique, la presque unanimité des évêques qui ne partageaient pas l’avis du plus grand nombre, s’est abstenue de prendre part au vote.
Aussi prétendre que telle ou telle décision prise par le concile n’est contenue ni dans l’Ecritare-Sainte, ni dans la tradition, oes deux soureee do la foi catholique, oo même kur serait contraire, ce serait s’écarter dos principes du catholicisme et s’engager dans k voie du schisme et de la rupture de l’Eglise. • Pour ces motifs, nous déclarons par les présentes que le Concile actuel du Vatican est un concile régulier ; que ce concile pas plus que les assemblées antérieures de l’Eglise n’a débni ni créé rien de dérogatoire à l’ancienBe doctrine, mais qu’il a simplement élucidé et proposé à notre croyance, k vérité antique essentiellement contenue dans le dépôt de la foi, en la défendant contre les erreurs contemporaines ; nous déclarons eu (in que les décrets du Concile ont acquis-une force obligatoire pour tons les Gdèles parla promulgation solennelle qui en a été faite, en séance publique du Concile, par le Chef de l’Eglise.
En même temps que nous acceptons entièrement et absolument tes décrets dn Concile, nons vous avertissons, nons, vos pasteurs et vos docteurs, et nous vous eonjurems par amour de vos âmes, de n’accorder autnine créance à toutes les doctrines contnüres à tons oes ensmgnemente, quels qu’en puissent être les promoteurs. Attachez-vous plutôt avec vos évêques à la doctrine et à la foi de l’Eglise catholique ne vous laissez arracher par rien du roc sur lequel Jésus-Chriet le Eds de Dieu, a étiJdi son Église, en lui promettant qne les portes de l’Enfer ne prévaudraient pas contre Elle.
Une grande agitation, issue, de manœuvres et de desseins étrangers 4 l’Eglise, a surgi contre tes décrets du Concile ; elle