ASSEMBLÉS A FULDA
a troublé bien des âmes assaillies par le doute et les a exposées à de pénibles épreuves et à de grands périls. D’autre part, une guerre épouvantable a été déclarée à notre patrie allemande et a plongé déjà bien des familles dans l’épreuve et dans le deuil. En face de cette situation si solennelle et si grave, nous ne pouvons nous empêcher d’exhorter les fidèles à redoubler de prières et pour l’Eglise et pour l’Etat. Elevez vos cœurs avec confiance vers votre Père qui est aux Cieux, dont la sage et tendre Providence gouverne l’ uni vers et dont le divin Fils nous a promis miséricorde si nous l’implorons dans son nom.
Priez avec foi, avec confiance afin que cette guerre sanglante puisse bientôt se terminer par le triomphe de la justice et par une paix durable. Priez pour les nécessités de l’Eglise et en particulier pour ceux qui errent ou qui doutent, afin qu’ils obtiennent une foi ferme et vivante ; priez enfin pour le chef de l’Eglise, Notre Saint-Père qui gémit aujourd'hui plus que jamais sous l’oppression et dans la détresse. Priez avec confiance dans les mérites et dans l’inépuisable amour du divin Cœur de Jésus-Christ, et dans l’intercession toute-puissante de la Mère de Dieu, l’immaculée Vierge Marie.
Que la bénédiction de Dieu tout-Puissant descende sur vous, et y demeure au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Fulda le 30 août 1870.
f Grégoire, archevêque de Munich-Freising ; f Paül, archevêque de Cologne ; t PiERHE-JosEPn, évêque de Limhourg ; f Christophe-Floremt, évêque Fulda; f Guillaume-Emmanuel, évêque de Mayence ; f Edouard-Jacques, évêque de Hildesheim ;
-j- Conrad, évêque de Paderborn ; f Jean, évêque de Culm ;
-}• Ignace, évêque de Katisbonne ; f Pancrace, évêque d’Augsbourg ; t Léopold, évêque d’Eichstadt ;
BREF DU SAINT-PÈRE
t Mathias, évêque de Trêves ; t Philippe, évêque d’Ermeland ; t Lothaire, évêque de Leuca. i. p. i., vicaire général de Fribourg ;
t Adolphe, évêque d’Agatbopolis t. p. i., grand aumônier de l'armée ;
t Bernard de Brinkmann , vicaire capitulaire et évêque préconisé de Munster ; t Conrad Reituer, évêque préconisé de Spire.
BREF DU SAINT-PÈRE
AUX ÉVÊQUES d’aLLEMAGNE QUI ONT SIGNÉ LA LETTRE PASTORALE DE FULDA.
A Notre Vénérable Frère N.
PIE IX, PAPE
Vénérable Frère, Salut et bénédiction apostolique.
Au milieu de très-graves afOictions par lesquelles des hommes méchants ont rempli jusqu’aux bords le calice de Nos amertumes, en foulant aux pieds, après avoir commis tant de crimes détestables, non-seulement les droits de la religion, mais encore ceux de Injustice et de l’honnêteté naturelle, ça été pour nous une grande et une très-désirée consolation que Nous ont apportée le zèle pour la maison de Dieu et la sollicitude pour l’intégrité de la foi catholique, que vous, Vénérable Frère, ainsi que la plus grande partie des évêques allemands, vous avez montrés dans ces temps malheureux, comme Nous l’avons très-clairement vu par les Lettres pastorales que vous avez adressées à vos troupeaux, Lettres qui Nous ont été remises
BREF DU SAINT-PÈRE. 309
par Noire vénérable Frère Pierre-François, archevêque de Damas, Noire nonce auprès du roi de Bavière.
Assemblés pour délibérer en commun dans la ville de Fulda, vous avez, pour l’accomplissement de voire devoir pastoral, enseigné aux lidèles confiés à vos soins, quelle est l’obligation et la nécessité, pour tous ceux qui veulent être et rester membres de l’Eglise une, saintb, catholique et apostolique, decroiie d’une foi ferme et de professer, comme révélées de Dieu, les vérités déOnies par Nous, avec l'approbation du saint et œcuménique Concile du Vatican, dans les deux sessions du 24 avril et du 18 juillet : et combien répugne aux principes mêmes de la religion catholique, l’assertion de ceux qui ne craignent pas de dire que la doctrine définie dans ce saint Concile du Vatican n’est pas contenue dans les divines Ecritures et dans la Tradition, et même qu’elle y est contraire.
Plus est amère la douleur que ces sentiments schismatiques et hérétiques ont causée à Notre cœur déjà accablé de tant d’angoisses, plus Nous louons et recommandons votre vigilance pastorale, vénérable Frère, et celle des autres évêques d’Allemagne, si nécessaire pour obvier à ces périls imminents. Notre consolation eût cependant été plus entière^ si Nous avions vu ce qui l’aurait rendue plus efficace, votre instruction pasloralg et vos lettres souscrites par Nos vénérables Frères les évêques d’Allemagne. Nous ne doutons pas d’ailleurs que ces évêques dont nous regrettons de ne pas voir les noms, ne comprennent pas tous également combien est évident le devoir qui incombe à tous les Pasteurs d’instruire leurs troupeaux des vérités de foi définies dans le saint Concile œcuménique, afin qu’ils éloignent des pâturages empoisonnés les brebis qui leur sont confiées, et qu’ils nourrissent de la salutaire nourriture de la doctrine catholique, surtout dans ces pays où quelques fils d’orgueil, qui se disent catholiques, combattent le dogme même de la foi catholique, non-seulement par des artifices cachés, mais même à front découvert. Ils en sont, en effet, venus à ce point qu’ils
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osent, dans des opuscules livrés au public et dans les journaux, se révolter contre l’autorité et les décrets du Concile œcuménique lui-mème, et principalement contre la doctrine de foi définie dans ce même Concile et irrévocablement sanctionnée sur l’infaillibilité du pontife romain parlant ex cathedra, et qu’ils s’efforcent d’entraîner les autres dans la même rébellion et perdition.
Ces hommes, selon la coutume de tous ceux qui, dans tons les temps ont semé les schismes et les hérésies, se vantent faussement de garder l’ancienne foi catholique, au moment même où ils renversent le principe fondamental de la foi et de la doctrine catholique. Car, bien qu’ils professent que l’Ecriture et la Tradition sont les sources de la révélation divine, ils refusent toutefois d’écouter le magistère toujours vivant de l’Eglise, manifesté par l’Ecriture et par la tradition et divinement institué tant pour garder perpétuellement que pour expliquer et déclarer infailliblement les dogmes qui nous ont été transmis par l’Ecritureet par la Tradition ; et ainsi chacun d’eux se constitue lui-même juge des dogmes qui sont contenus dans les sources de la révélation, en s’appuyantseulement sur sa science faillible et trompeuse, indépendamment de l’autorité, bien plus /ontre l’autorité de ce magistère divinement institué. Que fontils, en effet, autre chose lorsqu’ils osent dire qu’un dogme de foi défini par Nous avec l’approbation du saint Concile, n’est pas une vérité révélée de Dieu et qu’on doive croire de foi catholique, par la raison que, d’après leur propre intelligence, ils affirment qu’ils ne la trouvent pas dans l’Ecriture et dans la Tradition ? Comme si ce n’était pas l’ordre de la foi instituée par Notre Rédempteur dans son Eglise et qui y a toujours été tenu, que la définition même du dogme ne doit être regardée comme une démonstration suffisante par elle-même, très-certaine et accommodée à tous les fidèles, que lorsque la doctrine définie est contenue dans le dépôt de la révélation écrite ou transmise par la Tradition. Ces sortes de définitions dogma-
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