‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 2)Chapitre 68 sur 73 · AU NOM DE LA TRÈS-SAINTE ET INDIVISIBLE TRINITÉ · texte numérisé non relu

AU NOM DE LA TRÈS-SAINTE ET INDIVISIBLE TRINITÉ

LL. MM. Tempereur d'Autriche, le roi de Prusse et l'empereur de toutes les Russies, par suite des grands événemens qui ont signalé en Europe le cours des trois dernières années , et principalement des bienfaits qu'il a plu à la divine Providence de répandre sur les états dont . les gouvernemens ont placé leur confiance et leur espoir en elle seule, ayant acquis la conviction intime, qu'il est nécessaire d'asseoir la marche à adopter par les puissances dans leurs rapports mutuels sur les vérités sublimes que nous enseigne l'éternelle religion du Dieu sauveur.

Déclarons solennellement que le présent acte n'a pour objet que de manifester à la face de l'univers leur détermination inébranlable, dé ne prendre pour règle de leur conduite, soit dans l'administration de leurs étals respectifs , soit dans leurs relations politiques avec tout autre gouvernement , que les pré-

ceptes de cette religion sainte, préceptes de justice,

de charité et de paix qui, loin d'être uniquement

applicables à la vie privée , doivent au contraire

influer directement sur les résolutions des princes ,

et guider toutes leurs démarches, comme étant le

seul moyen de consolider les institutions humaines

et de remédier à leurs imperfections.

En conséquence, LL. MM. sont convenues des

articles suivans :

Article I.

Conformément aux paroles des saintes Écritures , qui ordonnent à tous les hommes de se regarder comme frères, les trois monarques contractans demeureront unis par les liens d'une fraternité véritable et indissoluble, et se considérant comme compatriotes, ils se prêteront en toute occasion et en^ tout lieu assistance, aide et secours; se regardant envers leurs sujets et armées comme pères de famille, ils les dirigeront dans le même esprit de fraternité, dont ils sont animés pour protéger la religion, la. paix et la justice.

Article II.

En conséquence, le seul principe en vigueur, soit. entre lesdits . gouvememens , soit entre leurs sujets, sera celui de se rendre réciproquement service, de se témoigner par une bienveillance inaltérable l'affection mutuelle dont ils doivent être ani-.

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mes, de ne se considérer tous que comme membres d'une même nation chrétienne, les trois princes alliés ne s'envisageant eux-mêmes que comme délégués par la Providence pour gouverner trois branches d'une même famille; savoir: l'Autriche, la Prusse et la Russie, confessant ainsi que la nation chrétienne, dont eux et leurs peuples font partie, n'a réellement d'autre souverain que celui à qui seul appartient en propriété la puissance, parce qu'en lui seul se trouvent tous les trésors dfe l'amour, de la science et de la sagesse infinie, c'est-à-dire Dieu, notre divin sauveur Jésus - Christ , le verbe du Très-Haut, la parole de vie. LL. MM. recom* mandent en conséquence avec la plus tendre sollicitude à leurs peuples, comme unique moyen de jouir de cette paix qui nait de la bonne conscience et qui seule est durable, de se fortifier chaque jour davantage dans les principes et l'exercice des devoirs que le divin Sauveur a enseignés aux hommes.

Article III.

Toutes les puissances qui voudront solennellement avouer les principes sacrés qui ont dicté le présent acte , et reconnaîtront combien il est important au bonheur des nations trop long-tems agitées, que ces vérités exercent désormais sur les destinées humaines toute l'influence qui leur appartient, seront

reçues avec autant d'empressement que d'affection dans cette sainte alliance.

Fait triple et signé à Paris, l'an de grâce 181 5, le ^ septembre.

François. — Frédéric-Guillaume. — Alexaiïdre.

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