‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 119 sur 180 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

douces et daus des intentions bien différentes. Mais, quels sont donc les déchiremens et les actes violens que s'est permis le Congrès ? Est-ce ]a réunion d'un tiers de la Saxe à la Prusse? Du moment pourtant que la reconatructioade cet état sur l'échelle de sa puissance en 1 8o5 , fut regardée comme indispensable; la question ne fut plus que de savoir si Ton pouvait relever la Prusse sans lui donner la ligne de l'Elbe; ou si Ton pouvait > suppléer à cette cession par d'autres t^ritoires : or ceci fut regardé comme impraticable. Le Congrès est donc absous d'un acte de rigoureuse nécessité ; nécessité excusée encore par la conduite du souverain de la Saxe auquel , par égard pour lui comme pour la nation saxonne, on conserva pourtant la majeure partie de ses anciens sujets.

L'incorporation de l'état de Gènes au Piémont, . n'est pas plus . susceptible de censure , si l'on songe que les Génois ont , sans cesse varié dans leurs affections; que par cette réunion commandée par la nécessité de fortifier le rot de Sardaigne , la nation génoise est plus heureuse qu'elle ne l'était sous l'orageux régime républicain ; et d'ailleurs, l'état de Gènes ayant perdu sa liberté, en se donnant à la France, on n'était point tenu de la lui rendre. L'opération du Congrès' envers ce pays comme envers la Saxe , a été censurée ,

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parce qu'on en a fait des questions particulier res, au lieu d'y voir des mesures européennes et d'intérêt général.

On a dit, au sujet de l'Italie, que le dernier royaume de ce nom avait, sous Napoléon , une représentation et l'indépendance. C'est, en effet, à la faveur de ces deux illusions qu'il -disposa du sang , de la liberté et des revenus des Italiens. Mais Milan et Venise sont plus libres Cent fois, et plus consultés ckùs leurs besoins, sous le sceptre paternel de François I , que sous le sceptre de fer de Napoléon ; et elles ne paraîtront moins libres et moins heureuses, qu'aux yeux de ceux sur qui les mots ont plus d'empire que la réalité.

La seconde classe de critiques est composée de ceux qui rapportant tout à l'intérêt spéculatif 4e l'Europe, auraient voulu qu'on lui sacrifiât, sans hésiter , tout intérêt partiel ou secondaire. Ils oublient ceux-là que les choses de ce mcMide sont le plus souvent dirigées par l'intérêt de quelque souverain puissant, et que difficilement Fon peut amener les rois et leurs ministres , quelque généreux qu'ils soient, à se dépouiller de tout sentiment personnel ou de tout intérêt national, en faveur du bien général. I^ mot pa^ trie n'exprime qu'une préférence qui ne disparaîtra devant l'intérêt universel, que lorsque ce

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