‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 120 sur 180 · LIVRE QUINZIÈME. 33l · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME. 33l

dernier et Tînlérêt particulier de chaque état pourront se concilier : hors de là , les prétentions du trône » ou les vues du cabinet remporteront. Avancer que les grandes puissances qui se trouvaient au Congrès, auraient dû être d'une abnégation parfaite , et ne rien demander pour le prix de leurs imitienses efforts , c'est trop exiger ; jamais les monarques, et encore moins leurs peuples n'arriveront à ce désintéressement. Les traités particuliers faits entre les grandes puis^sances, avaient devancé la plupart des décisions du Congrès qui avait moins à prononcer sur les grandes opérations qu'à les sanctionner. Dé là, les difficultés insurmontables qu'il rencontra, et dont les critiques n'ont pas voulu lui tenir compte, parce qu'accoutumés à voir des décrets despotiques jaillir sans cesse comme des éclairs, du cabinet fulminant de Napoléon, ils croyaient que le Congrès , plus^ puissant que lui, allait en peu de jours, tout abattre et tout recréer. Qu'est-ce donc au fond que cet intérêt européen qu'on allègue , et qui sans doute mérite d'être soigneusement recherché , sinon l'intérêt de la majorité des états de l'Europe rapporté aux systèmes d'équilibre et de conservation? Or, autant que le Congrès l'a pu , il s'en est rapproché , mais en observant des -ménagemèns politiques indispensables. S'il ne faut pas sacrifier

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le présent à l'avenir, et l'avenir au présent, il ne faut pas non plus se mettre au-dessus de toutes les considérations dictées par le soin de la bonne intelligence. Ne voir que des abstractions et des généralités, c'est s'exposer à manquer tout le positif de la politique.

Le Congrès n était maitre du terrain^ tout au plus qu'à l'égard des puissances du troisième ordre. Ainsi, s'il prononça, sans éprouver de résistance^ sur le sort de Gènes ^ de Lucques, des princes d'Isenbourg et de la Leyen; ne vit-on pas aussi le député du canton d'Argovie déclarer aux plénipotentiaires du comité suisse, que ses commettans ne céderaient qu'à la force, si le Congrès les remettait sous les lois de Berne? L'Espagne n'a-t-elle pas éludé l'invitation formelle de rendre Olivença au Portugal ? Si lé Congrès échoua vis-à-vis d'états secondaires, quelle résistance n'eût -il pas rencontrée dans ses décisions à l'égard des quatre puissances alliées dont le Congrès tirait à proprement parler, toute sa force? Car, au fond, qu'était-ce que le Congrès , sinon l'Autriche , l'Angleterre , la Russie et la Prusse ayant consenti par faveur, à admettre la France dans le comité de Pologne et de Saxe? La prétention de faire la loi, tantôt à la cour de Pétersbourg , tantôt à çellp de Berlin , et même à l'Au-

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