‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 124 sur 180 · LIVRE QUINZIÈME. 34 ï · texte numérisé non relu

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guère qu'une opération locale , ou un acte ger*^ manfque. Elle ne statua rien sur le nord ni sur le midi de l'Europe, et ne s'occupa pas de l'Aur gleterre, alors théâtre d'une guerre civile dont le résultat devait être un crime atroce. On pourrait observer encore, que le Congrès de Munster ne pourvut pas assez à l'exécution de ses décir sions qui allumèrent dans la suite deux guerres^

Pour assurer le maintien de l'équilibre général , le Congrès d'Utrecht défendit à jamais M réunion des couronnes de France et d'Espagne sur la même tète. Occupé d'élever des barrières autour de la France, il donna à l'Autriche les Pays-Bas et le Milanais, et fortifia le duc de Savoie qu'il éleva à la royauté. Mais cette assemblée travaillant moins pour l'Europe que contre la France^ laissa des germes de dissension qui amenèrent depuis une rupture entre l'empereur et l'Espagne, et entre la France et l'Angleterre.

Le Congrès de Vienne , livré à des opérations beaucoup, plus compliquées que les Congrès de Munster et d'Utrecht, a réintégré dans leurs possessions, les monarques de Prusse, d'Autriche^ de, Sardaigne et de Naples, ainsi que le pape, le grand-duc de Toscane et le duc de Modène. Il a rendu à l'indépendance l'Hanovre, la Hes'se- Eléctorale, Hesse-Hombourg, l'Oldenbourg, les

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villes anséatiques , la Hollande , la Belgique. Il a sauvé d'une ruine totale, le royaume de Saxe tombé sous la loi de la conquête, posé les bases d un pacte fédératif pour TÂllemagne , consacré la nouvelle fédération des cantons, et terminé leurs différens. Il a créé le royaume des Pays-Bas, décrété un acte de navigation fluviale qui sera un nouveau lien entre les nations et une source de prospérité , provoqué des constitutions représentatives en Êiveur de plusieurs peuples, et fait luire sur le continent africain désolé par un honteux commerce, les premiers rayons de sa délivrance : telles sont les œuvres du Congrès de Vienne qui a prouvé que les monarques étaient capables de se concerter de bonne foi dans un conseil commun , et a ainsi peut-être préparé la réalisation d'une diète européenne regardée jusqu'alors comme chimérique. Il a offert le spectacle d'une restauration du continent plus prompte encore que n'avait été sa décadence , et amené le dénoùment du drame sanglant de la révolution. Ici du moins le dénoùment a été le triomphe de la liberté et de la vertu.

Il faut reconnaître que l'Europe est mieux constituée qu'elle ne le fut à aucune époque antérieure. Nul doute que le centre dii cooti-

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neiit ne sjjit affermi par une plus parfaite balance (le forcés, et que les contre-poids ne soient n)iéiii distribirés, si surtout là confédération germanique, comme 6ti doit s y attendre, se constitue puissance active dans le cas où l'Europe serait menacée par quelque conquérant du Nord . Au sud-ouest, Téquilibre a été fortifié par le ' développement de la monarchie piémontaise, et plus encore par celui de la monarchie autrichienne devenue le boulevard des princes d'Italie. Au nord-ouest, les royaumes des Pays-Bas et d'Hanovre, par leurs connexions ayec laPrusse, offrent à l'édifice européen , deux appuis dont il était privé. Toutes ces .créations sont d'autant plus solides, qu'elles ont pour base la légitimité ou la dévolution perpétuelle du trône aux mêmes familles , la garantie des possessions nouvelles , ainsi qu'un système de conservation générale sous l'influence <les mo« narchies prépondérantes. Tout donc proclame le retour à un ordre durable parce quil est réfléchi , et le fruit de l'expérience. Nulle puissance ne peut plus attenter à l'Europe par ses prétentions et ses envahissemens : or, ces divers bienfaits étant le développement des plans . préparés dans le Congrès de Vienne, il faut en conclure que son travail fut raisonnable et bon,

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OU du moins qu'il est aussi parfait que les circonstances le permetlaient ; et que les souverains qui l'ont dirigé , non moins que les ministres qui y ont coopéré, ont bien mérité de l'univers.

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