LIVRE QUINZIÈME. cJSg
L'\CTE GÉNÉRAL du 9 juIn i8i5 peut être considéré comme lerésultat des plus profondes combinaisons , l'œuvre de la sagacité, el le triomphe de la raison universelle. Cet acte, malgré les difficultés nées de Tinvasion inopinée de l'usurpateur, a rendu la paix au monde, et est devenu la grande charte politique de l'Europe, /
Si l'on s'étonnait pourquoi le Congrès de Vienne n'a pas éiicore recueilli le tribut unanime de reconnaissance despeupl^çs, à laquelle il avait tant de droit par. ses travaux , l'explication est facile, et doit satisfaire tout esprit raisonnable. D'abord le Congrès ne dut, ainsi qy'il arrive dans toutes les répartitions générales^ contenter personne, pas même ceux qui étaient le mieux traités, parce qu'il avait été impossible d'accueillir toutes les prétentions : la Russie et la Prusse en offrent l'exeoiple. Les petits états aspiraient à devenir grands, et l'on vit jusqu'à Genève à laquelle certes rien n'était dû , solliciter une augmentation de territoire. Pour satisfaire à tous les vœux ef aux réclamations, il eût fallu des espaces doubles de l'Europe.
En Angleterre, l'opposition, qui avait une si belle occasion de parler , vint traverser plusieurs des plans de son cabinet et du Congrès. En France, ce fut bien pis. Silencieux sous le despotisme, ceux qui en avaient joui, réveil-
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fèrent les regrets occasionnés par les démembremens récens ; et l'orgueil , l'ignorance , une maligne jalousie et le dépit critiquèrent tout ce qu'avait fait le Congrès de Vienne. Aussi ses décisions n'arrivèrent - elles dans la plupart des salons , que travesties et décriées d'avance , parce qu'en définitive elles avaient pour but principal de^onsolider l'œuvre de la restauration europénne. Tout ce qui était bien sous ce point de vue, paraissait mal aux yeux des partisans de la république et de l'empire, formant une coalition d'opinions d'origine bien différente, et proclamant que la France était désormais privée d'honneur et de gloire, puisqu'elle n'inspirait plus la terreur.
En comparant maintenant le Congrès de Vienne avec ceux qui ont eu le plus de célébrité dans l'histoire , on se convaincra de sa prééminence. Les Congrès de Munster et d'Osnabruck fixèrent les droits de l'empereur et de l'empire, ceux des catholiques et des protestans, et réglèrent les satisfactions dues à la France , à la Suède et à leurs alliés; toutes choses graves sans doute et qui exigèrent de grands efforts de talent; mais les plénipotentiaires de la paix de Westphalie ne surent pas suspendre le fléau de la guerre qui se prolongea encore sept années au- milieu des négociations. De plus , cette paix ne fut