LIVRE SEIZIÈME
« gle : l'oppression el rhumiliation du peuple « français sont hors de leur pouvoir. Sils entrent « en France y ils y trouuetont leur tombeau. Sol- « dats , avec de la constance , la victoire est à « nous, »
Bonaparte passe la Sarabre avec 1 26,000 hommes et 35o bouches à feu ; et se porte inopinément sur le maréchal Blucher qui a bientôt tiré ses troupes dé leurs cantonnemens. Une bataille (les plus animées s'engage, le 16 juin, entre Sainte Amand et Ligny. Les Prussiens ont le dessous , mais se retirent en bon ordre à une lieue de Ligny. Le duc de 3Vellington n'a pas plus tôt appris la reprise des armes, iju'il fait occuper par une forte division, le poste des Quatre-Bras^ entre Bruxelles et Charleroi. Le maréchal Ney s'efforce vainement d'enlever cette position où il perd 4iOoo hommes. Wellington vient camper le 17 à Waterloo, avec 5o,ooo hommes, dont 35,000 seulement étaient anglais ; le reste était belge et allemand. Bonaparte est devant lui avec 75,000 hommes; et se vante « que sur quatre- « vingts-dix chances^ il en a quatre-vingts pour Uii, Un de ses plus ardens souhaits était de se mesurer avec un guerrier qui lui avait porté en Portugal et en Espagne , des coups si funestes , et qui par sa gloire militaire, avait éclipsé celle de ses plus habiles généraux vaincus tour à tour. Pour
35o CONGRÈS ©E VIENNE.
Wellington, il avait à soutenir une immense renommée, et à remplir la mission héroïque que lui avait Confiée l'Europe, La situation de Bonaparte était plus avantageuse que la sienne, tant à caus6 du nombre des troupes, que parce qu'il avait eu le choix des positions : il était maître d'accepter ou de refiiser le combat , tandis que Wellington était obligé d'obéir à ses combinai-* sons , et de subir toute la violence de l'attaque. Depuis long-tems, d^aussi grands destins n'avaient été eu présence. Il s'agissait du sort de la France et de l'Europe.
Bonaparte n'hésite pas à engager Faction , dans la confiance qu'il exterminera Farmée anglaise. Ije I & juin, à dix heures du niatin, il ordonne les premières charges, qu'il fait répéter avec un acharnement sans pareil, pendant huit heures consécutives. Toutes les armes, infanterie, cavalerie, cuirassiers et la gai?de impérii^le, déploient une valeur qui se réduit à enlever quelques postes que l'ennemi reprend. L'issue de cette scènie de carnage était encore indécise, lorsque, surins six heures et demie du soir,troi&fortes divisions prussiennes précédées par des tourbillons de feu et de poussière apparaissent. Al leur vue, Bonaparte pâlit, et s'écrie : « Tout est perdu ! y> ha. ligne française est enfoncée; Bonaparte ordonne la retraite, et veut la faire couvrir par quatre bataillons de la vieille