‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 144 sur 180 · LIVRE SEIZIÈMK · texte numérisé non relu

LIVRE SEIZIÈMK

l'empêcher d'y rester caché au milieu d'un peuple qui Faimait. »

<c Souvenez-Yous , continuait Bonaparte, de ce « que j'ai été; et quelle était ma place parmi les « souverains de l'Europe. Celui-ci me donnait sa (c fille ; tous rechei^chaient mon amitié. J'étais <c reconnu Empereur par toutes les puissances de « l'Europe , la Grande-Bretagne exceptée ; et elle a m'avait reconnu comme premier consul. Fotre te gouvernement n avait aucun droit de me noma mer gjsneral Bonaparte ; je suis prince ou contf sul; je dois être traité comme tel, et pas au- « trement. Quand j'étais à l'île d'Elbe, j'étais « pour le moins reconnu aussi bien souverain de a cette île, qUe Louis XFlll Vêtait de la France. « Nous avions tous deux notre pavillon respectif, « notre flotte, notre armée..-. A la fin, je lui fis «la guerre, ye le battis ^-le détrônai; mais il n'y « avait rien en cela qui pût me faire perdre mon « rang comme un des souverains de l'Europe... «Non, je n'irai pas à Sainte-Hélène; je ne suis « pas un Hercule ; mais vous ne m'y conduirez « pas. Je préfère la mort dans ce lieu même, « Vous m'avez trouvé libre ; renvoyez-moi , re- « placez-moi dans la condition où j'étais; ou lais- «sez-moi aller en Angleterre... Y a-t-il quelque « tribunal auquel je puisse en appeler ? »

Lord Keith répondit qu'il n'était pas juris-

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consulte , mais qu il oe croyaii: pas qu'il y eut un tribunal qui pût recevoir sa réclamation. En même tems, il lui observa que l'ile Sainte- Hélène était sûrement préférable à une réclusion dans un lieu très-reculé en Angleterre , ou à être envoyé en France, peut-être même ea Russie. — « En Russie, s'écria Bonaparte effaré , a Dieu m'en garde ! » Ainsi l'usurpateur toujours vain et fanfaron, rappelait son triomphe passager sur le monarque légitime qu'il se vantait d'avoir battu et détrôné avec ses six cents soldats, oubliant que son triomphe était dû à la trahison et non aux armes. Après avoir invoqué la magnani* mité du prince-régent, il veut en appeler aux tribunaux, cherchant ainsi à mettre en opposition le prince , les lois et le peuple. Tout ce que Bonaparte dit au sujet de sa convention avec le capitaine Maitland, est aussi dépourvu de sens que de vérité, quand on songe que cet officier avait ordre de l'enlever. Il est presque comique d'eqtendre un coupable si soigneusement recherché, et auquel il ne reste aucun moyen d'échapper , réclamer sa liberté avec hauteur ; et à la suite d'un flux de folies et de jactances , déclarer qu'il veut bien accorder à l'Angleterre, la préférence sur les états d'un beau-père qui le renie, et sur la France dont il est expulsé.

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