LIVRE OIX-SEPTIÈMB. 4<)S
de la révolution française^ principalenieat dans h cours des campagnes de Bonaparte ^ ce fut un honneur, et bientôt une spéculation , de spolier les sanctuaires 9 ainsi que les musées, les. biblio-ihèques et les médaillers. On enlevait même chez tes particuliers , tout ce qui s'y trouvait de précieun: et de rare, tant s'était développée la passion des généraux et des commissaires du gan* vernement^ pour les chefs-d'œuvre. On transféra à Paris, les archives de Turin , de La Haye, et de la chambre de Wetelar. On y transporta d« Home, les procès -verbaux des conciles et de* la canonisation des saints, la collection des bref» et des bulles ^ les mémoires de la propa^ gande, les arrêts du saintroffice, etc. Pour justifier ces enlévemens , on citait l'exemple des Romains. On aurait pu citer aussi celui des Huns et des Vandales qui, à leur tour, avaient dépouillé l'avide spoliatrice des nations. Mais les principes de justice et de bienséance publique, ne sq jugent pas par la conduite deceux qui les ont violés. S'il en était ainsi ^ tous les excès seraient justifiés; car il n'en est pas un qu'on ne puisse rencontrer dans l'histoire des barbares et même de quelques qations policéea.
Au moinent où les armées alliées entrèrenC dans Paris, il avait été coaclu, ainsi qu'on l'a vu, une convention entre les maréchaux Blucher et
Wellington et les trois comftiissaires du gouvernement, au sujet des propriétés publiques comme des effets civils et militaires. Les commissaires ayant tenté d'introduire dans cette convention , un article concernant le mus^e dont ils voulaient garantir Fintégrité contre les atteintes de l'ennemi; le maréchal Blucher avait refusé d*y consentir, se fondant sur ce qu'il y avait dans le musée, des tableaux enlevés à la Prusse, et' dont Louis XVIII avait promis la restitution ; ce qui n'avait pas encore été effectué. Les commissaires avaient proposé une exception pour les tableaux prussiens; mais le duc de Wellington avait déclaré « qu'étant dans le moment , comme le représentant des autres nations de l'Europe, il devait réclamer pour elles tout ce qu'on accordait aux Prussiens ; que quoiqu'il n'eût point d'instruction relative au Musée, ni une connaissance formelle de l'opinion des souverains sur ce point ; il devait néanmoins présumer qu'ils insisteraient fortement sur l'accomplissement des engagemens du roi de France , d'après l'obligation où ils étaient de faire restituer à leurs états , les tableaux et statues qui en avaient été enlevés contre l'usage des guerres régulières, pendant l'effrayant période de la révolution française et de la tyrannie de Bonaparte. » Wellington ajoutait que les souverains ne pou-